‹ La Chouannerie: Blancs Contre Bleus 1790-1800Chapitre 9 sur 36 · EL -TERREUR : ROUGE · texte numérisé non relu

EL -TERREUR : ROUGE

Sip précaire, si exposée soit cette vie, il se trouve

‘pourtant: des nouveaux venus qu’elle tente, des émigrés pour la plupart, Tinténiac, Bouteville,

- Saint-Gilles, Baillorche, vingt, cent autres : las de leur faction stérile sur les falaises britanniques,

ils préférent risquer l’aventure marine dans la — fréle barque de Prigent, le fils d’un fruitier — malouin qui s’est frotté dans les salles d’armes a la noblesse, et, la céte atteinte, se glisser sous le

- couvert jusqu’a Boisguy ou Puisaye, « le comte |

Joseph », comme il se fait appeler, toujours tapi - aux environs de Rennes ot: il attend son heure.

Joignons-leur une douzaine d’anciens chefs —

de la grande armée vendéenne étrangers a la

Vendée, tristes épaves du désastre rejetées vers

‘leurs lieux respectifs d’origine, tels que d’Autichamp qui s’est enrélé dans un régiment de hus-

sards pour échapper au carnage, tandis que sa femme entrait comme fille de basse-cour au service dun administrateur de district; le vicomte de

Scépeaux, petit, maigre, tout en nerfs, capable de sauter des douves de vingt pieds, atteint d’un biscaien en couvrant la retraite sur Laval et qui,

avec ses deux lieutenants, le chevalier de Turpin

et Louis de Dieusie, assumera sous peu le commandement de tout le territoire insurgé entre le Maine | et la Vilaine; Bruneau de La Mérousiére, le mysté-

rieux « M. Jacques » de Barbey d’Aurevilly, dont =

‘Vauteur du Chevalier des Touches a quelque peu —

‘tomaacé la vie, mais dont il n’a point exagéré la

bravoure sans fracas, l’élégance et le tour mélan-

colique; l’orgueilleux prince de Talmont enfin, ~ le commandant en chef de la cavalerie vendéenne,

a LA CHOUANNERIE

2 Je grand responsable de la marche sur Granville 4

dont ne voulaient ni Bonchamps, ni Lescure, ni ~ La Rochejacquelein, et qui, surpris par Stofflet

au moment ot il cherchait a s’évader vers Jersey —

et condamné par lui 4 quinze jours de mise a pied, pendant lesquels il dut faire la retraite démonté, sans armes, comme un simple croquant, ne reviendra dans Laval que pour y étre fusillé devant son chateau, le 27 janvier 1794, décapité et sa téte « attachée au bout d’une pique sur la principale porte du ci-devant chateau ».

Il se trouvera méme un certain nombre de capi- |

taines vendéens qui, de gré ou de force, renonceront a rejoindre Charette ou Stofflet et courront

la chance d’une nouvelle carriére dans les rangs de © la Chouannerie naissante. Ainsi, dans les bandes ©

-de Puisaye, qu’ils dégrossiront au cours de sa

- randonnée hardie sur le Morbihan, le comte de — Belléme, Auguste de Béjarry, Duperrat, du Ches- nier, le chevalier de Caqueray, le chevalier de —

Chantreau, Jarry surtout et Forestier, qui commandait en second la cavalerie vendéenne; ainsi

encore, un peu plus tard, sur les bords de la Rance, — Solilhac, un Gascon, auquel il confiera l’un de ses © six grands commandements. Mais le plus célébre — d’entre eux, l’alter ego, le frére d’armes de Cadoudal, | le Patrocle de cet Achille armoricain, Pierre Mer-~ cier, dit La Vendée, opérera presque toujours en Morbihan comme son chef, et le Morbihan, ot Silz et sa « misérable troupe » se sont fait « horriblement » maltraiter en prairial par le général Avril, ne rentrera vraiment en combustion qu oe

‘Tharnidor.

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de l’année, se défend mieux géographiquement;

il ett été difficile, pour ne pas dire impossible __ aun Beaufort, appelé 4 Fougéres le 19 décembre » par Jeanbon-Saint-André, avec 9000 hommes de troupes solides, du canon et de la cavalerie, et > chargé de nettoyer sur vingt lieues de front la

région entre Chateauneuf et Laval, d’y exécuter les «battues » qui pendant deux mois foulérent en tous

"sens ces couverts. Les foréts du Pertre, de Fougéres —

et de Haute-Séve, les bois de Beaufeu, de Fatines, d'iilivet, etc., furent fouillés. buisson par buisson; dans la forét du Pertre on ouvrit, aprés avoir

- dégagé leurs abords, douze chemins de 200 pieds ~

de large : c’est au cours d’une de ces battues que -‘Talmont se fit prendre sur la commune de la - Bazouges et que Francois Cottereau, le 1°? février, ‘fut tué sur les lisiéres du Maine (s'il n’y mourut

pas d’épuisement). Ses deux sceurs, appréhendées

comme otages, l’ainée dix-sept ans, la cadette

quinze, seront guillotinées a Laval le 25 avril g

et Pierre aura le méme sort le 11 juin.

— ily amalheur sur les Cottereau, entendra-t-on dire a Jean Chouan. Pas un ne s’en sauvera et mon tour n’est pas loin.

Ii vint le 9 Thermidor suivant : ce ‘cube

: (27 juin 1794), qui fut celui ott Robespierre fut —décrété d’accusation et qui marqua la fin de la

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