LES INTERCESSEURS : SAINT PAUL
encore élus ? Et de cette vénération et de cette confiante amitié naît la coutume d’invoquer leur intercession dans les tribulations de la vie.
A la naissance de cette coutume, on doit assigner une seconde origine plus précise, et spécifiquement chrétienne. Les premiers Chrétiens croient, comme le professe saint Paul, à l’unité de tous les fidèles dans le Christ. Il écrit, dans la Première aux Corinthiens, XII, 27, 2-2: süux Xp1:3105 ; dans l'épître aux Ephésiens, V, 30, u£àn Ecuèv +05 swuazos adrod; et, dans l’épitre aux Romains, il déclare expressément, Xil, 5 = soux 2cuev 2v Xo:scd ; ailleurs, il compare le royaume de Dieu, soit à un corps dont le Christ est la tète et dont les chrétiens sont les membres [Rom. XII, 4-5. — I Cor. XII. 26-27], soit à un édifice dont le Christ est la pierre angulaire et dont les chrétiens sont les pierres [Eph. IL. 19-2:]. A l'œuvre divine de la charité, l'égoïsme humain est donc intéressé lui-même, tant est étroite, intime, essentie le la solidarité des âmes! — Les premiers Chrétiens croient encore à l'efficacité de la prière sur Dieu. « Priez pour ceux qui vous persécutent, ro0s25y200: drèo roy dtwxévzw,) enseigne Jésus dans le sermon sur la montagne |Mt. V. 44 et Luc. VI,
28]. Les Actes des Apôtres racontent, de même, XII, 5, que, lorsque saint Pierre étsiten prison, on priait pour lui, rsoscuyn Ôè y Exzev@< yrvouéyn drd ris éxxhnolaz mods Toy Üedy m:pt a0rob. Ces deux croyances combinées préparaient les cultes intercesseurs : si la prière est efficace sur le Christ et que ses fidèles soient frères en lui, comment s'étonner si l'idée leur vient de prier les uns pour les autres : n'est-ce pas le premier acte de cette charité que leur a enseignée leur Maitre, et ne trouvent-ils pas avantage à la pratiquer l’un envers l’autre ? De là, ce perpétuel conseil de prière mutuelle que présentent les épiîtres de saint Paul
et qu'attestent en outre la première lettre de 4
saint Clément, la Dilache et saint Ignace.
Mais de cette idée, de demander le secours
de ses prières à un chrétien vivant et pécheur, -
à cette autre idée de demander le même secours
à un chrétien mort, à un chrétien gloritié, il. n'y a qu'un pas. Ce pas fut sans doute bientôt
franchi, ici et là, sous l'influence de ces sentiments humains de vénération et d'amitié qu’inspiraient les martyrs, par des Chrétiens à l'âme aimante, souffrante, profonde. Leur coutume se propagea, comme beaucoup d’autres, selon le
tour propre des prétés individueiles ; elle suivitles …
destinées du culte des martyrs. L'anniversaire
de leur mort, — ou, comme disent les chrétiens, de leur naissance à la vie devant Dieu, dées natalis, — est célébré en Asie, dès le second siècle :
la fête de saint Polycarpe, mort en 155, fut insti- -
tuée à Smyrne aussitôt après sa mort (1). A Rome et à Carthage, cet usage apparait mettement au troisième siècle : le calendrier romain, tel que nous pouvons le reconstituer aujourd'hui, remonte vraisemblablement au temps de Calhste [217-222|, et saint Cyprien recommande aux clercs qui le remplacent à la tête de son église de noter soigneusement le jour où meurent les
confesseurs et les martyrs:il faut qu'on puisse -
célébrer leurs anniversaires (2). La coutume d'invoquer leur intercession s'était développée en même temps; elle était déja assez communément répandue dans le premier quart du troisième siècle pour attirer l'attention d’Origène (3) et
(1) Martyrium Polycarpi. 18.
2) Ep. 12 et 29 [Hartel 11, 503, 14 et 58310]. ;
(3) « Où pôvos Gù 6 apyrepsbs t0% yynsiwe EUYOUÉvots quvedyetat, GA xai 0! èv odoavi yalpovres ayye= hou... dù te TOY Tpo4E4O!UNMÉVUY Gyiwy Quai: Kai
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