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LA FIN DU PAGANISME

barbare — dont on ne saurait dire en vérité laquelle fut le plus oppressive — l'idéal d’amour fraternel proposé aux hommes transforma la civilisalion d'alors (1); si même on peut ajouter que cet idéal, de quelque façon qu’on le justifie historiquement et philosophiquement, est aujourd’hui et plus que jamais l'idéal humaiu, on en doit conclure que le culte des saints martyrs qui participait à la fois aux cultes anciens par son caractère local, et, par son origine doctrinale, à la religion universelle, a été l’un des agents les plus efficaces de la civilisation humaine.

Et c’est ici le cas de redire combien complexe fut cette fin du Paganisme que M. Boissier a si curieusement analysée dans les milieux littéraires et que l’on voudrait qu'il étudiât encore dans les foules. Il faut compléter l’idée courante, l’idée très simple, — l'idée antique, puisqu'elle remonte sinon à Méliton (2), du moins à Origène (3) — que c'est la conquête romaine qui explique la conquête chrétienne. L’unificalion économique et morale du monde qu'avait établie celle-là n'était pas telle qu'elle préparât à celle-ci

(4) Albert RéviLce : Revue de l'histoire des religions, XVII (1888), p. 234.

(2) Dans Eusèer, H. E., IV, 26: « 7 yap x40° fu wthosoola rodrepov LÈv v Bap6äpors Truasev, éravhrcaca LE Toïs goïç ébvear xata thv Aÿyouatou toù ao TFp0YÉvOU peyékny CE AIT àyev40n péhtora TA 9ÿ Baor-

clg alouov ayxbôv. Extote yap els péya xui Aaurpdv ro Pwualwy ndE40n xp4roc.…, » [Dindorf, IV, 177, 19].

(3) « edtperitovzos rod @coù ti dLÔuoxs lg adroù tTà Eûvn, tva’ Ünd Eva yévnrar Ty ‘Pwualwy Bast\ëa, xai HA, 1x rù mpopäser süv rokÀüv fausi}stüv puurov

la domination des âmes dans les masses; sous un vernis de civilisation gréco-romaine, ces âmes conservaient, en Occident comme en Orient, leur physionomie particulière. Il fant réagir contre l’idée de l'uniforme «romanisation » du monde antique qui risque de fausser notre conception des origines chrétiennes: il faut rechercher, comme le demandait Hirchfeld (1), par quelle variété de formes a passé ce grand travail de civilisation ; il apparaîtra sans doute plus complexe — et plus imparfait — qu'on ne le croit, el celte vue nouvelle permettra d'apprécier à sa juste valeur le culte des martyrs et de mesurer son rôle dans l’histoire chrétienne. Elle fera comprendre qu'il convient de distinguer trois époques à l’origine de cette histoire : celle de l’élaboration de la doctrine dans la conscience des premiers fidèles, celle de la conquête du pouvoir par la conversion de l'élite, celle de la conquête des foules et de la christianisation des pays.

Durant la première, qui s'étend jusqu'au premier tiers du 11° siècle (2), la tradilion primitive, encore multiple, complexe, vivante enfin, développe en deux séries parallèles la double donnée 2. évangélique : de la doctrine d'amour du Fils de. Dieu, elle dégage les grandes lignes du système

dogmatique ; du collèg ze des Douze, présidé par

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dtOusahlay els nädav Tv okOUMEVTV T0 moÀAXC Eivat Bat hetxs... » [Contra Celsum, Il, 38 P. G., 11, 849). (1) Conférence sur Lyon à l'époque romaine, 8 mars 1877. [Revue Epigr., 1., 83].

(2) L'idée du proch: aio rétour du Cbrist est abandonnée : les églises se résolvent à vivre une vie terrestre. La À propriété ecclésiastique se constitue, l'histoire commence, le style des épitaphes funéraires se transforme,

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