TÆ LES FOULES EN ORIENT
; | Et ces deux faits, empruntés à l’histoire de 3 l'Occident et à celle de l'Orient, ont une valeur x significative : de même que beaucoup d'autres, ils indiquent clairement que le paganisme, malgré sa défaite officielle, combat encore. En Orient, la Palestine elle-même, malgré ses grands souvenirs, lui conserve de nombreux adhérents ; beaucoup de villes et de bourgs restent fidèles aux dieux et n’attendent qu’une occasion favorable pour manifester la haine que le christianisme leur inspire (1). Tabatha, Raphia, Anthédon, Ascalon, Gaza sont les plus ardents foyers de l’ancien culte; jusqu’à la fin du 1v° siècle, Gaza montre avec orgueil sur une de ses places publiques une statue de Vénus devant laquelle brûle toujours l’encens et le temple magnifique du dieu Marnas dont l'oracle est consulté par d'innombrables pélerins (2). La Phénicie se montre plus rebelle encore à l'Evangile ; Constantin n’y a renversé que deux sancluaires où s'étalait trop ouvertement l'impureté ; la plupart des autres attirent toujours les foules sur les hauts sommets du Liban. A la fin du 1v° siècle, Damas est encore célébrée comme « la véritable cité de Jupiter, l'œil de tout l’Orient, la sainte, la vaste (cité), supérieure par la beauté des cérémonies et la grandeur des temples (3). » Beryte, Emèse,
est-ce à cette époque qu'il faut placer la fête offerte à Flora dont parle le poème anonyme du Parisinus 8084 [cf. infra.]
(1) Sozouëxe III, 14 et V, 51.
(21 Sozomèxe, V. 3 9. Vita Porphyrii [Acta Sanctorum, février 11, 655]. La ferveur paienne de Gaza était telle que Constantin dut ériger en cité autonome le port qui a faisait communiquer avec la mer, Majuma : ses habilants étaient chrétiens. Julien lui retira l'autonomie. La situation ecclésiastique du ve siècle reflète cet état de choses : les deux églises de Gaza et Majuma ne se fondirent jamais ensemble. [Sozomène V. 3]
(3) Juuien, Ep. 24.
Aréthuse, Abran près d'Edesse, Balbeck soutiennent avec fanatisme la religion traditionnelle ; à Antioche « où les Galiléens ont recu le nom de chrétiens », il y a un grand prêtre de Zeus jusqu'au v° siècle ; il arrive même que le premier magistrat de la ville professe le paganisme. Bien qu'Arcadius lui porte des coups nombreux, renouvelant les lois rendues par son père au sujet des sacrifices et des idoles [395] et ordonnant d’abaltre les temples « partout où cela pourra se faire sans tumulte » (4), on constate encore, en 423, que « des païens existent encore » (2); en Cappadoce, le pays de saint Basile pourtant, de saint Grégoire de Nysse et de saint Grégoire de Nazianze, les païens sont assez nombreux pour que leur présence « en corps »
soit signalée aux funérailles de Basile (3). En 435, une loi ordonne de détruire les sanctuaires de l'idolätrie (4) : et pourtant, plus d’un siècle après, en juin 559, des païens sont découverts parmi le peuple de Constantinople, promenés à travers
(1) Code Théodosien XVI, X, 16. « Si qua in agris templa sunt, sine turba ac tumultu diruautur. His eaim de rectis atque sublatis, omnis superstitionis materia consumetur. » [Haenel, 1621].
(2) Id., XVI, 10, 23. « Paganos qui supersunt, si aliquando in exsecrandis daemonum sacrificiis fueriot comprehensi, quamvis capitali pœæna subdi debnerint, bonorum proscriptione et exilio coerceri.» [H.1625|. Cf. même titre, 20, 21, 22, 25,
(3) GREG. Naz., Oratio, 43, in laudem Basilii magni, 80. « dy ÔÈ vois hustépors moùc robe Éxroc, NEA Aya ’lovduious … » [Miene, P. G., 36, 601]. Sur la destruction du temple d'Apamée, cf. Tnéoponer, V, 21 ; SOZOMÈNE, VII, 15.
(4) Code Théodosien, XVI, X. 25. « Omnibus sceleratæ mentis paganæ exsecrandis hostiarum immolationibus damnandisque sacrificiis ceterisque antiquiorum sanctionum auctoritate .prohibitis interdicimus, cunctaque eorum fana, templa, delubra... destrui.. præcipimus. #, [Hænel, 1626-1627]. À