‹ La chronique d'Enguerran de MonstreletChapitre 50 sur 135 · Le \k août i(J · texte numérisé non relu

Le \k août i(J

[4405] D'ENGUERRAN DE MONSTRELET. i 00

Vienne 1 . Lesquelles lectres par lui visitées, un peu se dormy, et puis au son de la trompeté , avecques ses gens , de ladicte ville se party très matin , et hastivement s'en ala audit lieu de Paris afin de trouver ledit duc d'Aquitaine. Mais quant il fut là venu , il lui fut dit d'aucuns qu'il s'estoit déjà parti pour aler audit lieu de Meleun , avecques la Royne sa mère *, ce qui estoit vérité. Et pour ce, icellui duc de Bourgongne, sans descendre ne atarger, chevaucha très fort , à tout ses gens, parmy ladicte ville de Paris, tant que son cheval povoit troter, et suivy ledit daulphin, lequel il raconsuivy près de Corbueil 3 . En laquelle ville de Corbueil l'actendoient ladicte Royne et le duc d'Orléans, au disner*, et avecques ladicte Royne, le mar-

1 . Le dauphin Louis. C'était le huitième enfant et le troisième des fils de Charles VI et d' Isabeau de Bavière. Monstrelet l'appelle ici duc de Guienne , mais plus habituellement, comme plus bas, duc d'Aquitaine.

2. Le Religieux de Saint- Denis rapporte qu'à la nouvelle de l'arrivée du duc de Bourgogne, la reine et le duc d'Orléans avaient quitté Paris en toute hâte, pour se réfugier à Melun. Il ajoute , qu'en partant , la Reine avait ordonné à son frère , Louis de Bavière , au grand maître de l'hôtel Gérard de Montaigu , et au mareschal de Bouciquaut , de lui ramener le Dauphin avec ses autres enfants , et même , dit le Chroniqueur, les enfants du duc de Bourgogne. « Ipsa eciam regina fratri suo , magistro dorous « régie , ac eciam marescallo Boussicaudo , jussit ut die sequenti , « dominum duce m Guienne Dalfinum et fratres ejus, cum liberis * eciam ipsius ducis Burgundie ad eam in manu potenti adduct- « rent sic secrète ut ab aliis consanguineis et civibus Parisiensibus « eomm ignoraretur recessus. » (Chr. de Ch. Vl y t. III, p. 292.)

Page 1