En
2. Pour cette expédition des Français en Lorraine et pour celle qui va suivre, cf. le Religieux de Saint-Denis (Chron. de Ch. VI, t. 111, p. 309 et 397), qui ne parle pas de Clugnet de Brabant, et qui de plus diffère beaucoup du récit de Monstrelet.
3. En ces propres jours. Les fêtes de Compiègne pour le double
France et aucuns de ses enfans en la "ville de Conipiengne, c'est assavoir, Jehan duc de Touraine, et Ysabel , jadis royne d'Angleterre ; et aussi y vindrent les ducs d'Orléans et de Bourgongne, la duchesse de Holande, femme au duc Guillaume de Haynnau, et sa fille nommée Jaqueline de Bavière, le conte Charles d'Angoulesme, filz premier né du duc d'Orléans, et plusieurs autres grans seigneurs, lesquelz estoient en moult grant appareil et bien accompaignez. Et si y estoit ung légat du saint-siége de Romme, avecques lui plusieurs évesques , docteurs et gens d'église. Ouquel lieu furent faiz et traictiez les mariages : premiers, du duc de Touraine, second filz du roy de France et de ladicte Jaqueline de Bavière, fille du duc Guillaume, comte de Haynnau. Et aussi de ladicte Ysabel royne d'Angleterre et dudit Charles d'Orléans, laquelle Ysabel estoit cousine germaine d'icellui Charles, et si l'avoit levée et tenue sur fons, mais ce non obstant par dispensacion apostolique fut ledit mariage parachevé, et pareillement l'autre devant déclairé. Esquelz jours furent faiz oudit lieu de Compiengne grandes festes et esbatemens, tant en boires et mengers, comme en danses, joustes et autres joieusetez. Et tantost après lesdictes festes acomplies, la duchesse de Holande, avec son beau-frère Jehan de Bavière, print sa fille et Jehan duc de Touraine son mary , et par le consentement de la Rovne, des ducs dessusdiz et de tout le conseil royal, les mena ou pays de Haynnau au
mariage du duc de Touraine avec Jaqueline de Bavière, et de Charles d'Orléans avec la reine Isabelle, se célébrèrent à Couipiègne le 6 juin i 406.
Quesnoy-le-Conte , où elle ienoit lors son hostel avec le duc Guillaume son mary, qui les receut et festia moult joieusement. Et d'autre part, après que grandes confédéracions furent faictes entre les ducs d'Orléans et de Bourgongne et qu'ilz eurent promiz l'un à l'autre à entretenir bonne fraternité et amour toute leurs vies, se départit ledit duc d'Orléans et envoia la dessusdicte Ysabel, fille du Roy, avec son filz, à Chasteauthierry; lequel, le Roy, à sa requeste lui avoit donné *. Et la Roy ne avecques le conseil royal, à tout son estât, s'en retourna à Paris devers le Roy qui nouvellement esloit levé de sa maladie. Et ledit duc de Bourgongne s'en retourna en son pays d'Artois et de Flandres avec les siens. Si fist venir des pays de Bourgongne six cens corabatans pour aler ès frontières de Boulenois et mener guerre aux Anglois. Lesquelz dégastèrent tout le pays d'enlour Béthune pour ce que le conte de Namur n'avoit point voulu souffrir que ses subgetz paiassent audit duc de Bourgongne ce que le Roy lui avoit de nouvel accordé à lever sur le pays d'Artois pour paier les souldoiers desdictes frontières. Lesquelz subgetz dudit conte de Namur, voyans que par le non paier auroient plus grant dommage , l'accordèrent et paièrent sans délay. Et pour ce, se tirèrent iceulx gens d'armes hors du pays.
Et adonc vindrent à Paris devers le Roy et les seigneurs de son sang, le conte de Northombreland et le seigneur de Persiaque , anglois *, lesquelz prièrent et requirent piteusement au Roy qu'ilz peussent avoir
i. Par lettres du mois de mai 4400.