Savone , dans les États de Gènes
2. Jean de Cousoy ; et plus bas Jehan de Course. Dupuy l'appelle Jean de Coursay.
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strast pas grant semblant à iceulx ambaxadeurs. Ains leur fist assez courtoise récepcion et leur fist response absolue que dedens brief temps, par ses messagers , il envoieroit response au Roy sur le contenu des lectres qu'il avoit apportées. Après laquelle response prindrent congé et s'en retournèrent devers le Roy et son Conseil, et racomptèrent la response qu'ilz avoient eue du pape Bénédic. Et en assez brief temps vint en la ville de Paris ung messager du pape dessusdit , lequel à un certain jour vint en l'ostel de Saint- Pol où le Roy estoit 1 . Lequel estant en son oratoire, sur le commencement de la messe entra icellui messager dedens, et lui présenta unes lectres apostoliques et puis tantost se départit. Et après ladicte messe le Roy fist ouvrir lesdictes lectres et les lire tout au long. Après la lecture desquelles, qui contenoient excommunicacion contre le Roy et tous ses subgetz, on fist quérir par toute la cité de Paris cellui qui les avoit apportées, mais point ne trouvé , car il s'en estoit parti et alé le plus couvertement qu'il avoit peu. Et adonc le Roy et ceulx de son conseil voians la forme et manière de ladicte excommunicacion , tant par l'ennort et instigacion de l'Université de Paris , comme de la plus grande partie de ceulx de son conseil et avecques tout ce , les princes là estans furent moult esmeuz contre ledit pape. Et pour tant ledit Roy et ses princes se séparèrent et retrayrent de l'affection et obéissance dudit pape.
i. En mai 1408.
S'ensuit la teneur desdictes lectret apostoliques receues par le Ro\.
Bénédic, évesque, le serf des serfz de Dieu, à très cher filz eu Jhésucrist , Charles , roy de France , salut et bénédiction apostolique. Pleust à Dieu , très cher filz, que tu eusses pleine congnoissance de l'amour et affection que nous avons à ta noble et puissant personne et que tu entendisses la purté de nostre courage, en vérité tu congnoistroies que nous avons grant léesse de ta bonne prospérité et prouflfit , comme doit avoir le père à son enfant, et grant tristesse et douleur de ses tribulacions et dommages. Se de ce eusses congnoissance, tu ne vouldroies point oyr les malparlans nous détraians, et faulsement noz procez et afaires reprouchans, afin que par lesdifc mesdisans tu ne feusses point corrompu , mais nous aymeroie comme le filz doit aymer son père, et cesseroient en ton royaume les tourbillons de tes persécucions faictes contre nostre mère saincte Église. Tu scez bien , glorieux prince , et par publique renommée est venu à ta congnoissance , que en grande solitude et instance nous avons souffert moult grans labours afin que par nous la paix de l'Église peust estre trouvée et procurée , et en grande diligence avons fait vers ceulx qui ont nourry par plusieurs ans le scisme et division moult périlleuse en ocupant le siège apostolique folement par entreprinses de fait, et mesmement vers Langle Corrarion, qui s appelle Grégoire, lequel pour le présent , en ceste partie , est adversaire de l'Église, et que riens n'a voulu mener à son effect de ce qu'il avoit promis à laisser la papalitc et convenir et assem-
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bler en la ville de Saxongne 1 et autres lieux de son obéissance, mais a prolongué et démené la besongne de Dieu par dilacion de nulle valeur. Et jà soit ce chose qu'il soit tout notoire tant qu'il ne peut estre célé qu'il n'a point tenu , ne tient à nous que briesve union ne soit en saincte Église de Dieu et tout scisme débouté et mis à néant, toutesfoiz ilz ont aucuns comme nous avons oy dire qui pardevers soy en mauvais malice , sans cause , murmurent de nous , eulx efforçans par lédenges mauldites déchirer, diminuer ou amendrir la purté de nostre renommée. Aucuns sont mectans leur estude de troubler la dévocion de toy et des autres princes de ton sang, en blasmant noz faiz injustement, et affermant, ce qui n'est point vérité , c'estassavoir que nous ne mectons point diligence que vraie union soit en saincte Église. Vraiement à telles personnes doit pour nous vérité respondre et destruire les fictions des faulsetez d'iceulx. Et si croions qu'il a esté faict par l'exortacion d'icellui que nous n'avons point eu les drois de nostre chambre jà par l'espace de deux ans. Car tel édict a esté fait en ta court par lequel nostre droit nous est soustrait , et à nous n'est point obéy en ton royaume. Et toutesfoiz nous espérions à avoir consolacion et soulas de toy, duquel les prédécesseurs ont grandement labouré ou temps passé pour destruire scisme et horreur en saincte Eglise et avoir paix et union.
De rechef, ceulx de ton royaume font rébellion contre l'Église Rommaine en appellaut de nous contre les constitucions canoniques, et leur est souffert contre