‹ La chronique de Godefroid de Bouillon et du royaume de Jérusalem première et deuxième croisades 10801187Chapitre 54 sur 77 · JUSTIFICATION · texte numérisé non relu

JUSTIFICATION

» d’opprobres , et que mon visage est couvert de » honte et de confusion (psaume G8). Qu’il lui est » enfin Irès-glorieux d’être en cela semblable au fils » de Dieu, qui dit à son père , par la voix, du même » prophète : Les injures et les opprobres que vous » font ceux qui vous insultent par cet emportement » sont retombés sur moi.

» Moïse, ajoute-t-il, pour persuader au peuple d’Is- » rael de sortir de l’Égypte, lui promit solennellement » que Dieu le conduirait lui-même dans un pays très- » abondant où il serait heureux. Et cependant ces » gens-là périrent dans les déserts et ne virent point » cette heureuse terre qui ne fut que pour leurs en- » fants. Un événement si contraire à une si belle pro- » messe ne se peut pas attribuer à la témérité ou à la » malice de celui qui la fit, puisqu’il n’agit et ne dit » rien que par les ordres de Dieu même , qui voulut » confirmer par des miracles ce que Moïse disait au » peuple de sa part. D’où vient donc que le succès de » ce voyage fut si malheureux pour ceux qu’il avait » tirés de l’Égypte? C’est, comme tout le monde en » convient , que ce peuple , durant ce voyage , fit » mille choses contre Dieu ; et l’on ne peut pas dire » que la punition qu’il exerça fût contre ses promesses, » parce que ses promesses, qui viennent uniquement » de sa bonté, ne peuvent jamais préjudicier aux y> droits de sa justice. »

11 n’y eut plus qu’à faire l’application de cet exemple à saint Bernard. Il prêcha la Croisade par l’ordre de Dieu, puisque ce fut par l’ordre exprès du Saint- Siège. Il promit qu’elle serait heureuse, et il le pro-

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