‹ La chronique de MantesChapitre 10 sur 143 · RUES, MAISONS, ÉDIFICES · texte numérisé non relu

RUES, MAISONS, ÉDIFICES

par (Ictlans ladito ville où elle lait tourner plusieurs moulins ; [et l'autre a environ mille pas dudit pont]. M.

Mantes est oncore aujourd'hui à pou près dans l'état où Ta vue l'auteur dos Antiqtutcs. Les bras de la Seine, copoiidant, se sont coinbl(''s, ot dos îles qu'ils forinaiont autrefois, il n'en reste plus que deux dovant la ville : \'/le-aiLV-]'aclics- et \ llc-de-LÀ~ may. La promenade de Vllc-aïuo-Bames, nommée aussi Ile- Champion ou Ite-de-l'Aumône, s*esi sondée â Vlle-PiHré, qui est réunie elle-mAme à la plus grande, ou Ile-d^IAmay.

Qoant au vieux pont qui traversait les anciens bras, depuis leqoai de Mantes jusqu'à la chaussée de Limay, et qui se composait de trois tronçons, nous aurons plus d'une fois l'occasion d'en parlor. Lors des troubles de la Lij^ue, une de ses parties dut Mre démolie et lut reconstruite à la paix, par les ordres de Sully. On dit que c'est celle qui existe encore sur le bras de I.iniay. Nous essaierons alors de démontrer qu'il n'en est rien : que cette partie est au contraire la plus ancienne et appartient sans aucun doute au pont primitif, bâti, suivant notre Chronique mdme, vers 1172 (1).

§ 2. Nombre des rues, maisons et églises de ladite viUe* — Ladite ville contient en son enclos, soixantedouze rues, presque toutes fort grandes et belles, dans lesquelles se trouvent plus de onze cents maisons, partie belles, grandes et bien bâties, sans les jardins et plusieurs églises et paroisses; dont la plus grande est la Collégiale d^uliée à Dieu, sous le nom (-le sa très sainte et sacrée Mero ; fondée de huit chanoines, huit vicaires, diacres, sous-diacres et maître des enfants de chœur, avec plusieurs chapelains. En laquelle éghse, il y a plusieurs beaux et saints rehquaires, et entre autres ceux de saint Marcoul et ses compagnons, saint Domard et saint Cariulplie, à Tinterccssion desquels plusieurs personnes viennent do fort loin en pèlerinage. l)ans laquelle (''glise. il y a la paroisse do Sainte-Croix, fondée pour- les ofliciers et magistrats de ladite ville, qui auparavant était au château de ladite ville, sous le nom de Saintr

(1) àxk moins pour lot fondations, comme nous U verront.

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Lubin, et qui y a été transférée, environ l'an 1450. Lesquels officiers et magistrats ii*ont plus ce privilège, ainsi qu*il se verra d^près (1). H y a de plus l'église paroissiale de Saint- Madou, qui est fort ancienne (2), fondée d'un curé, vicaire» sous-vicaire, huit chapelains et un sacristain.

n y a encore en ladite ville, quatre couvents de filles, qui sont : THôtel-Dieu qui est fort ancien, fondé sous le nom de VAtmoneiationde la Samte-Vierge, et où Ton retire plusieurs maladeSi^tant honunes que femmes ; les Ursulines qui est fort grand (le couvent] et où il y a beaucoup de religieuses ; le couvent des religieuses Bénédictines et les sœurs de la Congrégation.

U y a hors rendus de ladite ville, deux prieurés de fondation royale; de plus, trois couvents d'hommes, qui sont les Célestins, de riche fondation royale, les Cordeliers et les Capucins. Il y a aussi un fort bel hôpital, où l'on reçoit tous les pauvres valides de ladite ville et les enfants trouvés, et où tous les ]»rincipauxde la ville, les uns après les autres, sont administrateurs.

Les prieurés de Saint-Oeorges, de la Madeleine et de Saint- Martin sont des plus anciens. Ils sont cités dans la liste des

prieurés du Pincerais, inscrits dans un pouillé de Chartres du xnr siècle (3). Saint-Georges et la Madeleine dans la villp, et Saint-Martin situé à la I>urte-aux-Saints, (' talent à la collation du roi. Le prieuré de (lassicourt, était à la nomination de ("liiny : sa fondation est de l'an 1049. Celui de Saint-Julien fondé après 1233, au décès de Philippe-Auguste, n'est pas cité dans le pouillé de Chartres (4).

Le prieuré de SamtrMartin valait, au zvm* siècle, 1200 livres par an ; celui de la Madeleine, fondé en 1133 et dépendant de

(1) La •épwation déflntUve des paroisses de Sainte-Croix et de Saint-Maclou n'eut U«u qu'en 171S; le Banutcrit d*Aubé, finissant en 1716, fournit la date

de sa composition intégrale. Marion, malgré quelques variantes, dit aussi la même chose. Le manuscrit que nous avons choisi comme type n'est donc pa^ plus ancien que cette époque.

(2) L'église de Saint-Maclou était au contraiiv pr ii nncicnne. Il y a là urnî aUuaion à l'édification de l'église sur un temple de C^'bële dont noua avons parlé.

(3) Cari, dr Snint-Pèn: T. I. p. Ooa.

(4) U est donc antérieur à 12^, contrairement à 1 opinion de M. Guérard.

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