‹ La chronique de MantesChapitre 9 sur 143 · LE NOM DE MANTES · texte numérisé non relu

LE NOM DE MANTES

Cette forme n'a pas pris nais:>ance exclusivement dans la ville. La plupart des textes anciens portent Mante 8ans«. Chrestienet Aubé récrivent ainsi; le maire Guillaume Lenoir, Técrit en 1715, arec un s. Félibien, au xvii' sit^cle, dans son Histoire de ^afnW)^j*, l'écrit ;n . r un .v. Il n'est donc pas vrai que cet a* repr«''sonte, comme on l a trop dit, la réunion de Mantc-lo-Cbâtr-au, Mante-la-Ville et Mante-l Kau. Cet s est venu peu à peu, comme dans beaucoup de noms de villes : Versailles, Andelys, Etam])es, etc. On sait que dans les noms de villes antiques, comme Chartres, Nantes, Vannes, etc., cet s représente le pluriel des peuples : CamuleSf la ville des Camutes, etc.

Mantes n'a pas de prétentions semblables à faire valoir; aussi dans le texte de notre Chronique, emprunté à Aubé, nous écrirons c onstamment Mantes sans s ; et pour obéir à l'usage généralement adopté, dans la partie qui est notre œuvre, nous écrirons : Mantes.

§ P'. Commsiiceiiiexit des antiquités de Hante. —

La ville de Mante [diocèse de Chartres] est une des plus belles et accomplies qui soit en la proTÎnce, plaisante et agréable pour sa sitoationt étant bdtie sur le penchant d^une petite colline. Egalement éloignée des montagnes, mouillant run de ses côtés dans le grand fleuve de la Seine qui, audessus de ladite ville, se sépare en trois bras qui so rejoignent au-dossous, faisant à la face de ladiie ville pliisiours belles et verdoyantes îles, bien couvertes de saules, où les habitants se peuvent promener et prendre récréation. £t sur lequel fleuve, il y a un très beau pont ancien, de pierre de taillo, contenant trcnto-sept archos. ayant six conts pas de lonju'". sur seize j)iods de lar^e, formé ot fortilié de trois ]>ortails et pont-levis, une herse à Irrliucliet et forte barrirre : au bout dntiuel est le très renomuié villa*:e de Limay, pour le drli( i( ux et excfdlent vin qui y croit, qui sert de faubourgà ladite ville de ce côté.

D'un autre cùté est la i>laine (>t irarenne de Kosny, la plus grande partie plantée en vigne (|iii rapporte de très bon vin ; et d'atitre cùté sont les praii ies et vergers les plus beaux et niicnix iilantésqui se puissent voir et qui rapportent de très bons et excellents Iruits.

Ce lieu ressemble à un second jardin d'Adam, étant arrosé de deux petites rivières (1) qui le rendent encore plus agréable. Lesquelles se déchargent toutes deux dans la Seine, Tune à cinquante pas au-dessus du pont, après qu'elle a passé

(1) Il H'y a qu'une seule rivière ; seulement la Vaucouleurs a un bras forcé, qui ùUt tourner les moulins de îfantet-la-VUle, et se Jette dans la Seine^ auKlessous de Mantet .

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