‹ La chronique de MantesChapitre 100 sur 143 · LES ARQUEBUSIERS · texte numérisé non relu

LES ARQUEBUSIERS

§ 223. Prix général d'Arquebusiers. — L'an 1012, plusieurs compagnies d'Arquebusiers Jos vilhîs de Franco se rendirent à Mante, pour le prix général, dans Tile Champion, et furent dressées deux buttes de terre, distantes Tune de lautre de 115 pas. Cette même année, les habitants de Meolan firent une compagnie qui fut associée au prix de Mante : elle obtint un airlt du Conseil pour tirer le prix général, portant défense aux autres villes d'en tirer cette même année. L*arrét est du 0 mai 1612.

[Le marquis de Rosny, Philippe de Béthune, tira le premier coup du roi. Le prix était de 5000 livres.] Chr.

Les compagnons de l'Arquebuse avaient pour uniforme un habit gris de fer clair, avec parements, revers et collet jaune et blanc. La veste ou gilet ainsi que la culotte, étaient de drap Jaune; les boutons de métal blanc.

Les arquebusiers se réunissaient tous les dimanches, dans VArquebîuse, sur le quai. Ils tiraient leur prix annuel le lundi de la Pentecôte. Celui qui était ro^ quatre fois de suite, devenait empereur et portait une ceinture blanche. Nous avons déjà dit que le si^^nc de ralliement dc^s arquebusiers mautais était les chiens, d'uii les C/ticns de Mantes '\).

A ce dicton sp(''cial aux arquebusiers de Mantes, on en peut ajouter un autre qui tire sans doute son orij,Mne du comnieico particulier fait avec la basse Seine et la mer. uu dirait aussi autrefois : Les Poiêsonniers de Mantes {2).

§ 2S4. Le Toonom tombe dans Saint-Madoii. — Le

jeudi 17 août, audit an, sur les huit heures du soir, il y eut un furieux éclat de tonnerre, qui en tombant démembra et rompit un aro-boutant et pUier au haut de la tour

de Saint-Maclou, vers Téglise Saint-Georges, et de là au Beffroi de la tour, où il rompit la charpenterie et descendit le long d'une corde des cloclies, oi^ il tua un jeune garçon serrurier, Antoine Trudet. De là, il sortit par la galerie de ladite église, vers le Grand-Marché, où il rompit beaucoup de tuiles.

(1) Y. CassaD. p. ISô.

m V. Lebar, T. VU! p. MO.

Le mardi 16 octobre, les cloches de Saint-Maclou furent

fondues en rôt^lise Saint-Georges.

Le 2<S janvier IGl.'î, il s'éleva des vents si impétueux que presque tontes les vitres de Notre-Dame furent i)risées et entre autres, une vitre de la chapelle Saint-Laurent fat ruinée et emportée. 11 y eut perte de six cents livres aux dites vitres.

§ 225. Ouverture des Châsses des SS. Marcoul, Domardet Cariulphe. — Le mercredi 29 mai 1(513, le révérendissime père en Dieu M" Philippe Hurault (1) évèqiie de Chartres, visita l'église Notre-Dame de Mante, assisté du Révérend père Léonard d'Ëtampes de Valençay, abbé de Bourgueil. Et fut supplié par les doyen, chanoines et chapitre, de faire ouverture des châsses des SS. Marcoul, Domard et Cariulphe, qui n'avaient été visitées depuis l'an 1451 . Ce qu'il ât en la présence dudit sieur de Valençay, de M'* Jean Girardot, chanoine et archidiacre de Dreux, son grandvicairBi de discrète personnes, Jacques de Havard, clianoine et sous-chantre de Chartres, d'Augustin Dupuis, chanoine de Chartres, de Claude Lebel, théologal et pénitencier dudit sieur évêque, de religieuse personne, frère En sel, docteur en théologie, prieur de Royauraont, de M" Hubert des liarres, doyen de Mante, de Guy Chambord, Jean Fleurette, Robert Lhuissicr, Michel Leduc et autres chanoines et vicaires de ladite église; de nobles hommes, Jean Lecouturler, Conseiller du roi, Lieutenant-Général au balliage et siège présidial de Mante, Antoine Bonnineau» peu auparavant Lieutenant-Général au même siège, Simon Hamelin, Conseiller, Fiacre Lecouturier, pierre de Lavoissière, avocat et procureur du roi. M'* Jean Barquillet, maire de la ville et élu en l'élection de Mante, noble homme, Simon Letellier, médecin ordinaire du roi, M* Nicolas "Viel, avocat, Antoine Rasdy, marchand, Guillaume Daret, procureur, tous éche-

(1) Fila dê Philippe Huraut, comte de Cheverny, chancelier de France, n avait été baron d'Uriel et anccéd* à Nicolaa de Thoa dana révéehé de Ouuptres.

VISITE DBS CHASSES

▼ins de la ville; M* Jacques Faroul, Robert Apoil, Sébastien Marque, prévôts de la Châsse de Téglise ; de M"* Eustache ApoU, président en l'Blection de Mante, Laurent Martin, avocat an Parlement et promoteur dudit sieur évêque, et plusieurs notables bourgeois et habitants de la ville. On vit et regarda ce qu*il y avait dans lesdites châsses, d^auiarU que quelques personnes croyaieni qy^il n'y eutrien dedans . n Alt trouvé dans icelles, de petites boites en bois, en façon de layettes (tiroirs), où étaient encloses les lettres mises par M** Pierre Béchebien, évéque de Chartres, en Tannée 1451, le 19 décembre ; lesquelles fkisaient mention des reliques de saint Cariulqhe et saint Domard, et dans la Châsse couverte d aiigent, y (Ut trouvé une lettre qui rendait témoignage des reliques et du chef de saint Marconi, lesqueUes lettres sont scellées de cire rouge, en laquelle est burinée Fimage de la Vierge attachée sur lacs d*un ruban de soie verte. Ledit évéque déploya les linceuls dans lesquels les saintes reliques étaient enveloppées, et Ait trouvé le chef et les ossements de saint Cariulphe, et dans Tautre châsse, le chef et ossements de saint Domard, lesquels ftirent vus d*un chacun. Kt ce qui est à remarquer, que de ces saints ossements il s^erhala une odeur si suave et si odoriférante, que tout le monde en Ait embaumé. Ledit sieur évéque toucha le chef de saint Marconi et les ossements au travers du linceul, mais ne les voulut point faire voir, disant qu*il fallait mieux croire que voir. Lequel chef est enseveli dans un sac de toile blanche à part, et quant aux reliques de saint Domard et saint Cariulphe, elles turent changées de linceuls, bien qu*il n'en Ait pas besoin, étant aussi blancs que si on^ les venait de mettre, et furent remises dans leurs châsses, avec lettres testimoniales de Févéque. Le même jour révéque ordonna qu*à Tavenir, ceux de la paroisse Saint-Maclou fêteraient Tlnvention de Saint-Marcoul et cesseraient toute œuvre servile.

On se rappelle qu'en 1451, il avait éi6. imposisiblo de reconnaître chacune des deux châsses. L'évéquc de Chartres avait mélangé les ossements et en avait ensuite fait deux parts.

CHRONIQUE DB MANTBS

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Philippe IluraiiU ne put donc montnT, d'une façon certaine, les reliques pariiculières de saiut DumarJ et de saiiit Cariuiphe.

§ 220. Maladie, le Pont refait, le Coche établi. — Au

mois d août 1(513, il y eut une ^jfrande murtalilé, causée par une maladie inconnue aux médecins. Ceux qui eu étaient atteints, ne duraient que quatre ou cin(| jours.

Dans ce même temps le i)ont de Mante qui était en bois depuis 1(3 l)ord de l'île jusqu'à la chaussée de Limay, lut refait en pierre.

Le 11) mai 1()13, le coche de Mante à Paris, fut établi chez le nommé Robert Lhuistre, hôtelier de VAgnm Dei (1).

Le jour de Saint-Luc de la même année, les Châsses furent mises derrière le chœur. Auparavant elles étaient dans la salle du revestier (2) du chapitre.

Le vieux pont de Limay, tel qu'il existe encore ai4ourâ*hui, est un des plus anciens de France, par quelques-unes de ses parties. Ij«>8 piles, jusqu'à une certaine hauteur, sont de construction ancienne et appartiennent certainement au moins au XII* siècle. Le tubher et les cintres qui ont dû être soutent détruits, en totalitéouen partie pour des nécessités de défenses militaires, ont été refaits à par une seule arche, au commencement du xvii*> siècle, ainsi que le prouve un examen même superliciel de ces vieux restes.

Ce pont dont il a été souvent parlé, nt)tan)ment § 1 et 42, n'est qu'une fraction du pont primitif qui reliait les deux rives de la Seine l'une à l'autre. Il avait autrefois, de la porte aux Images i la chaussée de Limay, trente trois arches suivant les uns et trente sept suivant les autres. En raison des iles sur lesquelles reposaient ses piles intermédiaires, Il était divisé «n trois parties : Tune, le pont de Mantes, allant Jusqu'à la porte de rîlc Champion avait onze arches ; la seconde au milieu, appelée pont Fayole au xvui* siècle, avait onze arches encore» comme la dernière partie ou vieux pont du Limay actuel. Aujourd'hui le vieux pont de Limay n'a |*lus que dix arches apparentes en aval ; mais en amont, on en voit deux autres prises

(1) Place de l'Etap«.

t?) La SAcrittie.

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