LE VIEUX PONT
disparu. On verra, à Tannée 1652» que les troupes des princes se trouvèrent arrétéesau bout du pontparune frorr/ére qu'elles n'auraient pu franchir sans la connivence du gouverneur qui était (le leur parti.
Enfin, au bout du pont de Mantos, se trouvait un pont-levis qu'il fallait franchir avant d'entrer suU2i la porte aux Images, qui donnait accès dans la ville.
La partie du pont, vers Mantes a été démolie lors de la construction de Perronet, en 1765. La partie intermédiaire, le pont Fayole le fut à peu près en 1845 ; il fallut employer la mine pour le faire sauter, et il en coûta la vie à deux bourgeois de Mantes.
Le vieux pont de Lima.v a perdu son aspect pittoresque d'autrefois. De nombreux moulins et |)lusieurs )>(*'chcries occupaient un certain iiMtiibre d'arches et si ces consiniei iDiis ^n"'naieiit la circulation du pont et l'écoulement des eaux de la rivière, elles lui donnaient une animation qu'il a depuis longtemps perdue. Le dernier de ces moulins, contemporain de la recon;»truction de 1613, a disparu seulement en 1871. Il était depuis longues années abandonné, et n'étant plus entretenu, il a fini par s'écrouler.
Quand à la vielle maison qui est à l'entrée, à cheval sur une arche, et qui apj)aruent, par une fiction administrative à la couimuue de Mantes, il suffit de l'examiner pour voir que les uuitériaux dont elle e^t faite ap[)artiennent à l'ancien [)out.
Ce sont de vieilles pierres bien appareillées, et dont les parements comme la base des piles du pont, portent les marques des tacherons du xu* siècle.
Le vieux pont de Limay n'intéresse plus que les archéologues et les cultivateurs qui vont travailler dans l'île de Limay; il est dans un état de délabrement extrèiue. Il estprobabl 41 il résistera encore lon^^'temps aux elîorts du temps, niais ks hommes auront beaucoup fait pour sa d('>ti uction. On n'}' fait plus aucun travail d'entretien; l'admiju^tratiou des ponts-et-chaussées lui a enlevé une partie de ses parapets pour en lairc des bornes ; ses avant-becs se démolissent peu à peu ; le vieux dallage du radier se desagrège de plus en plus ; ses cintres se fendent dans le sens de la longueur ; l'eau de la chaussée filtre à travers, et cependant il reste fièrement debout. A défaut d'intérêt public, il excite encore la curiosité et fournit de temps en temps, un si\)et d'étude pour quelque paysage. Nous souhaitons qu'il résiste
encore longtemps pour attester par sa présence, l'ancienneté et riiiiportance de la ville à laquelle il donnait accès.
A la Toussaint 1613, Sully porta le dernier coup aux prérogatives municipales. Il nomma de son autorité privée deux échevins en remplacement de ceux dont le mandat était expiré : il désigna Eustache Leraaire, avocat et Jean Grimont, procureur. « De laquelle élection les habitants murmurèrent, disant que telle élection ne se devait faire par le gouverneur, mais par les habitants de la ville (1). »
De ce fait, Télection des ma^strats de la ville fiat enlevée aux bourgeois, Jusqu^à la création de notre droit public nouveau. Voici dès lors, comment on procéda : quelques Jours avant la Toussaint le maire et les échevins s'assemblaient. Le maire désignait deux personnes aptes à lui succéder, c'est-à-dire de bonne vie, nées à Mantes et ayant passé par l'échevinat ; les quatre échevins en désignaient deux autres. Le maire indiquait ensuite quatre personnes, et les éch>'vins, quatre autres, pour prendrr parmi elles, les deux échevins dont les fonctions prenaient fin. On portait le procès-verbal de; cette délibération au gouverneur qui choisissait, dans les deux listes, le maire et les deux échevins. Le maire, cependant, pouvaitdemander à rester en charge deux années, sur la prière unanime des quatre échevins (2). A partir du xvin* siècle, la charge de, maire fût un office perpétuel.
Bfais on ne se résignait pas facilement aux actes d'autorité de Sully. A la Toussaint de 1614, le gouverneur de Mantes avait encore nommé maire M" Eustache Apoil, président de l'Election de Mantes et Meulan : « En laquelle élection les laboureurs s'opposant, furent trouver à Paris M' le marquis de Rosny, gouverneur de Mantes qui l'avait nommé, lui remontrant que mal à propos l'élection dudit Apoil avait ('té fuite pour être maire de ladite ville, attendu (/(e'?7 £'/^/i!7 ;/a/7iSïi/i des Aydes et plaidant par devant lui, n'auraient (les laboureurs) aucun soulagement ; mais plutôt de l'incommodité. Joint même que la ville avait des privilèges pour le mercredi lequel (le marché) était franc et qu'iceluy étant maire, pourrait supprimer lesdits privilèges. Ledits' marquis de Rosny leur promit que ledit Apoil les rendrait contents et qu'il ferait co qu'il pourrait pour les conserver en
(1) Chr.
{2) Ibid.