‹ La chronique de MantesChapitre 103 sur 143 · I6U] L'OFFICE CHANGÉ · texte numérisé non relu

I6U] L'OFFICE CHANGÉ

leurs privilèges et IhuicU^es. Ce qa*il fit peu de temps après (i). 3»

§ 227. L'Ottoa ohaaté suivant 1a Bréviaire romain.

— L*an 1614, sur la requête présentée à Monseigneur révéque de Chartres» par messieurs du chapitre de Notre-Dame» tendant à ce que faute par lui de leur avoir fourni des livres selon le bréviaire dudit évêque, il leur fht permis d*en acheter selon le bréviaire romain (2). Ladite requête t\ii entérinée, à la charge do f«Her les fêtes locales dudit évéché. Les doyen et chanoines firent ôter un pupitro do chaque côté et firent descendre l'entrée des chaises du chœur. Sur quoi, M* Robert Lhuissier, chanoine et officiai de Pincerais, s'opposa le 21 janvier. A quoi furent interpellés M'" Etienne Loison, Marin Enguerrand, Denis Rouvel, Jean Meusnier, G i lie Dantan, Hector Bordereau, Pierre Poullet et Jean de Chévremont, vicaires perpétuels. Lesquels déclarèrent <iu'ils ne voulaient point plaider et re montrèrent qu'ils ne pouvaient chanter, n'y ayant qu'un lutrin de chaquocôté.Sur quoi M" Jean Lecoutnrier, Lientenant-Gènéral, s'étant transj)orté au chœur de l'église avec son grcflior, ordonna (jue ce que M" Hubert des Barres, doyen et les chanoines avaient ordonné serait ex/MMit.'. Kt le premier février, à vêpres, l'office du iSr?//</ Conrile de Tr(')ih\ fni ouvert par M" Robert Liiuissier, chanoine. Il fiitacheté par le chapitre, pourront cinquante écus de livres. On cessa les belles cérémonies (pli se faisaient, lors du bréviaire de Chartres. Car à toutes les fêtes de neuf leçons, A vt''pres et à matines, les versets se chantaient par deux chanoines et doux vicaires alternativement, revêtus de chapes; ils conmioncaiont ensemble l'hymne et le premier psaume. A la procession qui se faisait avauL la graml "messe, les deux chanoine et vicaire chapés, chantaient ensemble un répons devant le crucifix, puis commençaient V Introït. [Maintenant ce bel ordre a été perverti par l'ambition et gloire des chanoines, se réputant

(1) CSKf.

(S) • D'aOïeler tes livre* du Caneile d$ TimUg, » dit Chemmo&t

CHRONIQUE DE MANTBS

offenser Dieu de se promener dans le chœur et chanter avec les vicaires, croyant et estimant que cela ravalait leur di^niitô. Car de dire (jue ce fut le Saint Concile qui leur recommandât de quitter ces bonnes et anciennes cérémonies, il n'en est rien, d'autant (^u'il admet les cérémonies des lieux et évècliés, ne voulant ni n euteadaût qu'on y déroge en façon quelconque. Chev.]

La môme année, le banc des maire et écherins fut tait aux dépens de la ville et placé dans Notre-Dame.

§ 228. L'on fait garde à Mante. — Le 26 février 1614, on lit garde à Mante, par le commandement du roi, parce que Messieurs les princes s'étaient retirés de la cour et avaient pris même quelques mécontents (avec eux) sous couUmu' du bien public et do l'état. Durant tous ces différends, la garde se faisait exactement, redoutant quelque surprise de la citadelle d'icello ville, (jui était une assez bonne place et importante, à cause de la Seine. Ce qui donna occasion de soupçon aux habitants, le 6 mars, sur les six heures du soir, voyant les Taupinainbourgs (1) accompagnés d'environ soixante personnes passer dans un bateau, sous le pont d'icelle ville, on crut que c'étaient quelques gens de guerre arrivés pour prendre la citadelle. Cela donna l'alarme aux hai)itants qui se rendirent tous en un instant, aux portes et investirent les murailles de la ville. Le 15 mars, on reçut lettre de Sa Majesté, par larpielle le roi recommandait encore de faire bonne et sure garde, tant le jour que la nuit, et surtout qu'on se gardât de surprise. Aussitôt l'assemblée fut faite des habitants, où fut ordonné que chacun se rendrait avec son capitaine, devant le parvis de h'otre-Dame et que le mot serait donné aux capitaines et montre faite des soldats. Le lendemain, pour exécuter ce qui avait été ordonné en la maison de ville, chacun se rendit sur la place du Parvis en assez bon nombre et ordre. Un des

(1) Lm Toj^nambos ou Topinam^Wt <)ont il est ici question, étaient six Rativafx«'!< ram»'in'-i d<* rile de Miiragnan, par le P. capucin Claude d'Abbi-villf». Us dcbarquèrent au Havre le 16 mars 1613 et nuu 1014, ut ne passèrent à Mantes que quelques jouri après. Le P. Claude d'Abbeville les conduisait à Paria pour les fairo baptiser en grande cérémonie. V. Dioi, crU, de Jal.

Page 1