‹ La chronique de MantesChapitre 107 sur 143 · CONTROVERSES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

CONTROVERSES RELIGIEUSES

Pendant que Sully se d«^cidait à rentrer dans le giron de Téglisc, une conférence publique arait Heu i Mantes entre le ministre de Limay et le père François Véron de la compagnie de Jésus. La discussion qui eut un certain éclat eut lieu chez le LIeutenant-Qénéral Le Couturier. Le ministre Isaac Chorin et non Chauvin, comme Tappelle Chévremont, argumonta p» iidant deux jours sur lYtornclle question <lo la Cf'W et sur les toxtt-s favorabh"^ aux opinioiis si diver<;ontos dos protestants euxmt'ines. Le père Véron, dit Cht'vremont, le convainquit « de n'avoir aucun texte en forme expresse dans la Bible pour la Cène, ni même aucun dont on put tirer aucune conséquence favorable pour leur profession de foi. et pour donner assurance de la vérité de leur réformation, de la part de Dieu et non des hommes qui sont fautifs. Chorin prit la fùite et laissa la victoire au père Véron (1). » On trouvera toute cette longue discussion dans le manuscrit do Chévremont.

Isaac Chorin était d»'puis longtemps ministre à Uînay, où du reste il ne parait pas avoir vécu on i)aix avpc h>s prêtres catholiques. II exist»- à la mairie une lunguo et curieuse iiifonnatinn tu îsa faveur et dirigée contre le Frère Fierre Lalenne, qui pendant une prédication de Tannée 1605, lui avait adressé en pleine chaire, & lui et à sa femme, les outrages les plus sanglants. 11 Tavait traité de moine apostat et de paillard; quant à sa femme, c'était également une paillarde et pis encore. On trouve dans l'informât ion l'analyse de plusieurs sermons de Frèr*' Lalenne; la violenc*' de quelques-unes de s<s expressions prouve que c'était un digne éinuh» des pré<h'cat( urs de la Ligue; aucun mot grossier ne le gênait. Nous ne C">nnaiNsons pas le jugement qui s'ensuivit, mais il ne doit pas lui avoir été favorable.

Une autre conférence remarquable avait encore été ouverte à Limay, au mois de Juillet 1610. Les deux adversaires en présence étaient François de Harlay de Campvalon, abbé de Saint- Victor et depuis archevêque de Rouen, et Hoaulieu, ministre au Plessis-Marly, 1 1 père du célèbre Louis Le Bhmc de fieaulieu. Le suj< t de la conférenco fut encore l'établissement du sacrement d'Lucharisti-'. lU aulieu arriva a Limay le 8 juillet et disputa deux jours après avec l'abbé de Saiut-Victur.

tV p. Véron était Curé d»^ Charflnton et sV^fait acquis nnr^ sorto de réputation par sea coQtroveraes avec les proteatania. Il avait l'habitude d'asaif- Ur m préclM poar mieux combattra les ministrat. Il a publié celte dispute.

Voici maintenant une discussion d*une autre nature entre le curé de Sainte-Croix et les clianoines de Notre-Dame ; elle indique la position singulière que faisait auclorgé de Mantes, rabsence de séparation des deux paroisses de la Tille. Elle est longue, mais elle renferme plus d'un détail intéressant sur d'anciens usages.

§ 235. Différend entre le curé de Sainte-Croiz et le Chapitre. — Le 11 mars 1621, M" Charlos Pnriret, curé de Sainte-Croix et chanoine de Notre-Dame, obtint un arrêt du Grand Conseil, àson profit, contre le doyen et les chanoines, pour la désunion de la prébende annexée à la cure par Monsieur fVère du roi (Gaston d'Orléans) et sur plusieurs autres chefs concernant les fonctions curiales. Le curé, par ledit arrêt, fut maintenu en ses fonctions; défense aux doyen et clianoines de l'empêcher; l'annexe de la prébende déclarée être duement laite; et qu'à l'avenir ledit Purget ferait l'eau bénite et la messe paroissiale basse, entro huit et neuf heures ; que ledit Purget, comme curé, donnerait la bénédiction aux prédicateurs, le doyen étant absent. Sur ce que les doyen, clianoines et vicaires voulaient empêcher de prendre les vicaires de Téglise aux convois, et de mettre des bancs dans la nef, pour seoir lesdits viccUres, il fut dit, par le même arrêt, que les bancs seraient apposés dans la nef, au-dessous de la chaire, que les vicaires pourront aller à tous convois où io curé les mandera, 8*ils sont de ce requis par les parents des défunts, même tous autres prêtres mandés par ledit curé; que les doyen, chanoines et chapitre ne pourront exercer aucune Juridiction sur ledit Purget, en ce qui concerne les questions curiales; demeurant au surplus, au chapitre, autorité et supériorité en ladite église Notre-Dame de Mante.

Le 1*' novembre 1619, les chanoines et vicaires commencèrent à porter journellement leurs manteaux longs. qu*ils ne portaient que les dimanches et fêtes. Les jours ordinaires, ils portaient un petit chaperon sur leurs épaules. En 1617, Michel Douillet, vicaire non ordonné, avait élevé la prétention d^syouter un lacet de soie violet à sa chape

LÉONOR D'ÉTAMPBS

noire, n y eut procès (1). Les chanoines portaient raamusse grise et avaient des parements à leurs chapes, les vicaires n*en avaient pas.

En 1621, le blé M cher et le commerce anéanti ; à la foire de Toussaint, on fit défense à toute personne d*enlever du vin du marché, parce que Ton craignait que Ton en enlevât pour munir les villes rebelles (2). Ceux de la religion n'en pouvaient acheter plus d*un muid, ce qui coupa pied au commerce (3).

Maître Charles Purgot, dont il est ici question, bacholior en droit-canon, était d'abord prieur de Saint-Julieii-lès-ManIcs, et chapelain de la Madeleine-lès-Comtosse-lès-.Meulan. Noininô en 1617, curé de Sainte-Croix et chanoine de Notre-Dame, en vertu des lettres du roi et de la collation de Févéque de Chartres, il se vit disputer ces deux titres par la munici^ialité, excitée par le chapitre. Il s'était alii^né l'esprit des chanoines, en prenant' fait et cause à son arrivée, pour le vicaire Cardin Leroux, dans le procès dontil est parlé à Tannée 1Ô17. Ce difTt^rend se dénoua, comme on voit, par Tarrét prononcé en 1021 {A),

§ 236. Entrée de l'Evôque de Chartres. — Le jeudi 18 juin 1621, Léonard d'Etanipes (5), évêqucle Chartres, fit son entrée à Mante. Il descendit de caresse devant Téglise du Cimetière, y entra et fit sa prière, entouré de M" Grenel, archidiacre de Chartres et d'un grand nombre de curés de Tarchidiaconné, revêtus de surplis et de chapes. Etant sur le pas de la grande porte, prêt à sortir du Cimetière, Maître Nicolas Le Masson, avocat, maire de la ville, suivi des autres officiers, se présenta devant l'évêque et lui fit une ha-

(1) V. Archives de N.-D. Liasse 1.

(S) L'année fut signalée par la révolte des villes protestantes. Le duc de Rohan était le chef des réformée et plusieurs villes, comme La Rochelle, Monlauban, Clurac, furent a8siég«>.es.

(3) « l,e 28 août, par asseiubleo j,'(Mi('Taln, i! fut permis aux lUl. 1*1'. Capacins de prendre un ûiot d'eau de la Funtuinu. » Chu. C e^t le i^lut d'eau qu'où Yoit encore couler tm le chemUi qui eonduU aux HouMets.

(4) V. Chev.

(5) Léonor d'Etampes et de Valencay, cTabord abbé de Bourgueil, de 1 ordre de Saint-Benoit et de Saint-Martin do PontoUe, mort archevêque de Reimi en 1651. 11 en sera longuement parlé un peu plus loin.

ran^iif. Et apn^s qu'il y entétii répondu par ledit siciip évéquo, celui-ci s'achemina en ladite ville, où il entiaparla porte aux Saints. M" Jean Le Couturier, Lieutenant-Général, assisté de tous les officiers du Présidial, lui fit aussi une harangue et après réponse faite sont venus à Notre-Dame. Les rues étaient, depuis la porte aux Saints, jusqu'à Notre- Datne, tendues en l)lanc. Messieurs du Chapitre assistés de tout le clergé, vinrent au-devant de niondit seigneur évèque jusque procluî riIôtel-Dicii, entre les deiLic lio/is:, on étant, maître Simon Faroul, doyen, pr^'-sonta l'eau hénite et fît une harangue en latin. Laquelle étant Unie, ils s'en allèrent en l'église, où fut chanté le Te Deuni en musique, les cloches sonnantes. Le jeudi 25, jour du Saint-Sacrement, ledit seigneur de Chartres lit Tofâce.

La place de l'Etape était alors coup<^e parallèlement à la façade de l'église, par une sorte de terrasse, correspondant peut-être à quoique mur de l'ancienne enceinte de Notre-Dame. On descendait de cette terrasse sur la place par un escalier de quelques marches, de chaque côté duquel se trouvaient deux lions de pierre. Cet escalier était en effet assez près de la porte de l'Hôtel-Dieu, comme l'indique cette relation de l'entrée de Lëonor d'Ëtampes.

§ 237. Chapelle du Nom de Jésus et de Sainte-Barbe.

— Les cinquante arquebusiers-arbalétriers ont fondé une chapelle en Téglise Notre-Dame, sous le titre du saint Nom de Jésus et de Sainte-Barbe, en 1622.

Les orgues des Gordeliers furent faites en 1624.

Kn Tannée 1626, les quatre grosses cloches qui sont dans la tour de Notre-Dame du côté de THétel-Dieu, ont été faites et nommées, savoir : Une Marie, une autre Anne, une autre Rénée, et Tautre Agnès.

La grande rose de l;i façade de Notre-Dame était en mauvais état, et il devint en 1625, tout-à-f.iit luv^'ut do la rùparer. Il fut ordonné d"y pourvoir le 8 juillet. La première pierre d<; la reconstruction, fut posée par le Lieiitenant-dénéral Le Couturier, le 0 août. On y replaça les vieux vitraux du xiir siècle,

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