‹ La chronique de MantesChapitre 110 sur 143 · ASSEMBLÉE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DU CLERGÉ

chasser (le l^glise, ils emporteraient leurs tableau, entableblemeut, banc, cofiire et bureau.

§241. De la chapelle de Saint-Julien. — En Tannée 1644, la chapelle de Saint-Julien a été, par autorité de justice, transférée de Tendroit où est à présent la croix dite de Saint- Julien» où elle est présentement, à cause qu'elle était souvent inondée des grosses eaux.

Cette ch.ipolle à totalement disparu ; on l;i voit cepenthmt sur le vieux plan que nous avons fait graver pour notre C/ironif]w\

La croix a été enlevée à l'époque de la Révolution. Elle t'-LaiL dans le premier pré, près le pont BoufTard. On trouva la baj>e en 1839, quand ce pré Ait mis en labeur (1).

La Chronique «i exacte à noter toutes les affaires religieuses en général, contient cependant une lacune. Bile ne parle point de cette Assemblée de 164 f , si orageuse et si dramatique. Est-ce un oubli ou une omission justifiée par la violation de tous les privilèges du clergé ? Nous ne savons.

Le cardinal de Richelieu, niaîtr»^ absolu du pouvoir, avait tout fait pliiTsous une volonté aussi intelligente qu'elle était parfois tyrannique et cruelle. Après avoir attaqué les protesUints dans toutes leurs villes et soumis à la loi commune Montauban et la Rochelle, Il sVtait tourné vers la maison d'Autriche dont Tarnbition sans borne )>ortait toi^ours ombrage au. prestige et à la tranquillité de la France* Il lui avait déclaré la guerre et pour la soutenir avec éclat, il avait fallu faire de grands efforts et dépenser beaucoup d'argent.

Pour combler les vides dos caisses des trésoriers, on avait augmenté l. s iin[i(\ts, et, par des créations fiscales de toute nature, on était arrivé à leur faire rendre des sommes inconnues ju>qu'alors. A la mort de Henri IV, le budget annuel était de dl millions ; vers WSi il était de 90 à 40 millions ; en 11130 de 80 : et enfln pour Tannée 1641, le cardinal en demandait 118.

Tous les moyens avaient été employés par Richelieu, et il faut lui rendre cette justice que, pour obtenir de la France asses d'argent pour payer son indépendance, il n'épargna presque personne et ne s'arrêta devant aucun privilège. Il suspendit toutes les exemptions de tailles et rétablit la fameuse j^Ofi-

a) Mois dt M. QnéiiB père.

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carie ou impôt du vingtième sur toutes les marchandises vendues.

Tout cela, on le conçoit, ne se fit pas sans rencontrer de vives résUianees. Les plus sérieuses et les plas dilficilee à vaincre cependant, vinrent du clergé et de la cour de Rome. CellenUa de son côté, pour avoir de Targent, avait augmenté ses exigences sur les annates et l'expédition des bulles, au point que Richelieu monaça un moment de s'en passer. Il laissa même publier par Pierre Dupuy (1), un livre qui souleva bien des colères : Les Preuves de l'Eglise Gallicane, attaquaient surtout les immunités ('cci<''siastiques on matière d impôt et do juridiclion.

Les évêqiies sfi réunirent et se concertèrent; mais le cardinal n'en tint aucun compte. Un édit de 1(>30 somma tous bénéficiers, communautés et gens de main-aiorlo de payer au roi, l'amortissement de tous les biens acquis depuis Tan 1520 (2). Les agents du fisc assuraient que cette mesure rapporterait au moins 80 millions.

Tous les membres du haut clergé qui n*étaient pas les amis ou les créatures du cardinal se déchaînèrent contre Ini et rien ne donne mieux la mesure de leur irritation que les Mémoires (3) de M. de Montchal, archevêque de Toulouse, auxquels nous empruntons une partie de ce récit. M. de Montchal énuraèrc d'une part, les droits du clerj^é et les s»'rvices qu'il a toujours ivnilus à l'Ktat. De l'autre, il traite plus que sévèrement le cardinal, le « tyran et l'apostat » et quelques-uns de ses protégés. L'un des plus maltraités est justement Léonor d'Etampes, évéque de Chartres.

Le clergé ne refusait pas de payer. Ce qu'il déniait au roi, c'était le droit de prélever sur ses biens un impôt quelconque. « Il entendait ne rien payer que par son libre octroi et par exception, en sauvant ainsi le principe de sa franchi e (4). » Cependant l'opposition fut si vive de la part du clergé et de la cour do Rome, que Richelieu recula. Au lieu de 80 millions, il se couteuta de demander 6,600,000 francs, y compris les frais de

(1) GoBMillar du roi et gtrde de m bibliothèque ; homoie d*ane immense érudition.

(2) Ces acquisitions étaient bien grevées de droits considérables, mais le clergé panenaii toujours à se faire dispenser de les peyer, ou doq payait qu'une faible partie.

^3} » Ces Mémoires, quoique dictés par le plusTioleat Mprit de parti, sont d'une grande impurlauce. » U. Mai'Un.

(i) H. lUrtiD.

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