HIVER DIS
§ 265. La Croix de dessus le pont plaeée. — L*an 1708, le dimanche 15 avril, les prêtres de Saint-Macloo firent une procession sur le pont de la ville et bénirent la croix nouvellement posée sur la maîtresse arche. Un capucin, fit à cette occasion, un sermon dans Tile Champion.
§ 266. Gelée. — L'an 1709, la nuit de la veille au jour des Rois, Thiver prit si fort que tous les blés, seif^les, vignes et arbres Airent gelés. Le blé valut à Mante jusqu'à 80 livres le septier. La cherté dura vingt mois et pendant quatre années il a toujours valu 30 à 40 livres. La rivière était prise partout. Le vin valait 200 livres le muids. H y eut heureusement beaucoup d'orge, et elle valut jusqu'à 40 livres le septier.
L'hiver de 1709 et la famine qui s'en suivit, sont des plus terribles qui aient jamais accabir la France. La guerre désastreuse que soutenait alors Louis XIV pour la succession d Espapne, ajoutait encore ses horreurs à toutes les misères qui frappaient noire malheureux pays. Le pain manqua aux plus riches, et on leva malfiré cela une taxe des pauvres ^ pour venir en aide aux plus misérables.
Les remarques sur l'hiver de 1709 ont dû être nombreuses. Le Jmumai de Manies (1) a publié une note d'un registre de la commune de Villers-en-Artbies (csnton de Magny), à peu près identique à celle de nos manuscrits :
« Cette présente année mil sept cent neuf, Thivcr a commencé le six de janvier et a duré trois mois. Le froid a été si grand que tous les bleds ont été gelés, et qu'il a fallu semer de l'orge laquelle a valu jusqu'à soixante et douze livres 1p septier. Cependant il en est venu une si grande abondance que les bonnes terres en ont rapporté jusqu'à seiz<' et dix-sept septiors l'arpont. Néanmoins elle s'est toujours vendue dix écus et vingt cinq livres le septier. ' •
« Cette année a été bien fâcheuse, tant pour le pain que pour le vin. Toutes les vignes et tous les arbres ont été gelés ; ce qui a fait la cherté si grande que le bled se vendait toute Tannée vingt écus le septier ; le vin vieil cinquante écus le muid ; le nouveau cent dix livres.
(1) N« du 22 juillet 1874.
488 CHRONIQUE Dfi MANTES {1111]
« Tout cela a duré jusqu'à cejourd'hui ; et je ne i>ais pas quand cela finira, avec une guerre cruelle qui dure depuis vingtdeux ans. On peut dire que la France n*a jamais été si affligée. »
Tout n*était pas rose non plus dam le don vieuv temps.
Au mois de mai de Tan 1710 ou 1711, la tour de Ganne du Château s'écroula. Elle se fendit depuis le haut jusqu'à la base, et écrasa dans sa chute, la maison du nommé Maxirailien Cathelin, ainsi que les tanneries et maisons voisines « lesquelles furont accravantèes par les ruinos. » Chr.
Voici la lettre qu'écrivit le maire de Mantes à M. Bignon (1), pour lui rendre compte de la chute de cette vieille tour :
« Monseigneur,
» J*eus l'hoùneur de vous informer avant hyer de lestât péril- • leux ou se trouvoit la tour de Qanne du chasteau de cette » ville, je prends la liberté de vous dire aujourd'huy quelle na » pa< esté si loin que je le croyais et qu'hyer sur les neuf heu- » res du soir, elle tomba par motié en ruine ayant écrasé la » maison du s' Catelin échevin, Ltïquel très hureusenient avoit » pris la précaution d'en sortir et que lautre motié restée qui M menace encore davantage une ruine prochaine, fait craindre » aux voisins une mesme perte. Nous allons M' le lieutenant et » moy, nonsytransporterdansTinstantet dresser procès-ver- N bal de Testât des lieux pour renvoyer à vostre grandeur » incessament, afin qu'elle soit instruite au plustost des circon- » tances de ce désordres qui fait un tort très considérable M à la ville et aux habitants, par le soulagement quon en tiroit » dans le passage des milices et autres occasions pareilles. Le M principal est (jue personne ne s'est point trouvé envelopé » sous ces ruines et qu'il nj a eu que quelques testes qui sont w légèrement blessées. »
« Cette tour qui était carrée, a quatre ou cinq étages, dit Oirestien, était le plus ancien monument dont nous ayons connaissance dans cette ville de Mante. Elle avait servi depuis plusieurs siècles, d*arsenal et de magasin pour notre château ;
(1) JtMonu^ Uignon III, intendant du la généralité, oh peut-étro son frère Armand- Roland BigDon, iataodMit dM flnancci. Cette tottreflitua brottdloD, ni (Uték ni signé.