ÉOUSE DR SAINT-MACLOU
Pour détruire cette bérésie
C'est pour cela que je vous prie
Fidèles du pays Mantois,
De rcccToir, d'un air courtois,
Les prêcheurs que je vous envoie (1). w
§ 269. Chapitre provincial das Ck>rdalie3r8. — En ]a même année, le chapitre des révérendlssimes pères corde- Ùers, se tînt en leur couvent de Mante. Il commença le dimanche 21 juin, par un sermon fait en Féglise Notre- Dame, par le père Poisson cordelier. Le saint Sacrement fut exposé pendant huit jours aux Cordelîers. Il y fut soutenu sept thèses. La première fût dédiée à monseigneur révéque de Chartres, la seconde à messieurs du chapitre do Notre-Dame, la troisième au Présidial, la quatrième à la Tille, la cinquième à l'Ëlectiou, la sixième aux Célestins et la dernière à monsieur de Lamoignon, président à mortier, qui leur avait donné 600 livres. Le samedi on célébra une messe du SaintrEsprit aux Cordeliers, après laquelle on tint chapitre pour élire le provincial. Ce fVit le révérend père Terrier qui fut élu. Le lendemain 28 juin, les pères Cordeliers partirent du couvent avec le Saint-Sacrement, firent la procession par la ville, où il y avait des reposoirs ; les rues étaient tendues. Ils allèrent dire une messe à Notre-Dame, où il y eut sermon par le père Poisson. Les cordeliers •étrangers couchaient chez les bourgeois et allaient manger au couvent.
§ 270. Le retour du Chœur de Saint-Maclou achevé ; les Cordeliers rétablis. — Kn l annoc 1713, le retour du chœur de Saint-Maclou fut aciievé. Le bois et les sculptures qui sont autour du sanctuaire furent faits, ainsi que le tableau qui est dans la rose, en haut.
En la même année, les orgues des Cordeliers, qui étaiont :\ côté de la chaire, furent mises au-dessus de la porte. En 1716, lYfrlise (des Cordeliers) a été pavée en carreau, et le chœur boisé. Et en 1719, la nef a été boisée.
(1) A. Benoit, loc. ciL
CHRONIQUE DB If ANTBS
[ms]
§ 271 . Différend entre le Doyen et les Marguilliers de Notre-Dame. — En ladite année 1713, il arriva un différend à Notre-Dame, entre M. le doyen d'une part, M. le curé chanoine de la chasse, et les marguilliers de Notre- Dame, sur ce que le sieur doyen prétendait avoir la première place dans le banc des marguilliers, préférablement au curé de Notre-Dame, chapelain de la châsse (1), pendant le sermon ; les marguilliers lui refusaient cette place. Il fut ordonné, par arrêt du Grand Conseil, que le sieur doyen aurait la première place dans ce banc, pendant le sermon, préférablement à tout autre.
§272. Paix publiée. — Le 4 juin 1713, la paix de Hollande lut publiée. Il y eut Te Beum à Notre-Dame. Le premier mai 1711, elle fat publiée entre la France et l'Empire, et le 3 décembre, elle l'ut publiée générale.
Le traité d*Utrecht fut en effet signé en plusieurs fois avec les différentes puissances intéressées : le 11 avril 1713, entre la France, l'Angleterre, la Hollande, la Prusse, le Portugal et la Savoie; le 7 mars 1714, entre la France etrAutriche, et le traité définitif le 7 septembre, à Baden, en Argovie (2). L'Europe retrouvait enfin un peu de calme après tant d'années de troubles et de misères.
§ 273. Les Merciers et les Drapiers réunis. — En la
nipiae année 1713, les merciers et drapiers qui étaient de dili'ércnts corps de métiers, furent, par arrêt du Parlement, réunis eu un seul corps.
§ 274. Entrée de M. de Sully à Mante. — La même année,
le mardi 2(3 décembre, monsieur le duc de Sully fit son entrée à Mante comme gouverneur. A son arrivée, il monta à rHôiel-dc-Ville où il lui (ut fait une belle harangue par M' Jean-Baptiste Servant, avocat. Ensuite il fut à l'église Kûtro-Dame, entendre le Te Deum. M" Charles Martineau
(1) Cest I« emé d« Sainte-Croix.
(?) Henri Martin. T. ZIV.
INCIDENTS
doyen, Ait le recevoir à la porte de Téglise et lui fit un petit discours. Après le Te Demn, M. de Sully retourna à THÔtelde-Ville où il collationna. Les habitants étaient sous les armes et le même jour, il s*en retourna à son château de Rosny. Bt le vendredi en suivant, fl revint à Bilante, monta à rAudience pour se faire reconnaître Grand-Bailli de Mante et Meulan. Ensuite il alla duier chez H* Bustache Bouret, lieutenant-Général, et s'en retourna à Paris.
Le nouveau gouverneur de Mantes était Maximilicn Henri de Béthiine; ce fut le dernicrdu nom de Sully. Il siicct'dait h Maximilicn Pierre François Nicolas de BtHhune, duc de Sully, mort le 2'» décembre 1712. Celui-ci avait laissé tomber ce um and nom de Sully, si l'on en croit Spanheim : « Lieutenant-géie ral du Vexin- François, gouverneur de Mantes, à qui Ton ne fit point d'attention (1). »
§ 275. La Saint-Féliz commencée à lêter aux Gapu» oiBS. — Le 18 mal 1713, Ton a commencé à fêter dans Féglise des Capucins de Limay, la fête de SaintrFéliz de Gantalice (2), capucin mort à Rome le 18 mai 1587, qui a été canonisé par le pape Clément XI, en 1713. Cette fête dura neuf joursy avec exposition du Saint-Sacrement et plusieurs sermons. Les Capucins partirent de leur couvent en procession et vinrent à Notre-Dame y prendre les processions de la ville <iui y étaient. On retourna aux Capucins où Ton chanta une messe de Saint-Esprit qui fut dite par le doyen de Notre- Bame. Les capucins firent encore plusieurs autres processions en différentes églises.
§ 276. La fontaine du Marché au Pain faite. — L'an
1715, au mois de niai. l,i fontaine du marche au Pain fut faite ; on démolit l'ancienne sur laquelle avait pou:>s>ô un gros lilas.
§ 277. Séparation des Paroisses de la ville. — Le 31
P) Atldftei» dê la etmr dê Frmce. Bd. da la Société de rHist. do France. (I) Oipuein né à CantaUcU» on Ombrie, on 151S.
mai 1715, il y eut un arrêt rendu au Grand Conseil, ordonnant que les deux paroisses de Sainte-Croix et de Saiat- Maciou seraient séparées par quartiers de la ville et non comme elles étaient auparavant, qui était que tous les juges et officiers de la ville étaient de Sainte-Croix et tout le reste des habitants qui n'avaient pointde proWatons du roi, étaient de Saint-Maclou. Par cet arrêt, monseigneur révêque de Chartres fut nommé pour procéder à cet effet. C'est pourquoi il arriva à Mantes le mercredi 24 juillet, et le lendemain se promena par la ville pour examiner les mes les plus peuplées. Le samedi il t\i la séparation ainsi qu'il suit : que tous les habitants qui sont du côté de Notre-Dame, à commencer au ruisseau de la Porte-aux-Saints, et en descendant la rue du Marché au Pain, la Grande Rue, la rue de la Mercerie, le marclié au Hareng, la rue de la Boucherie (1), la rue de la Gabelle (2), jusqu'à l'eau, seront de la paroisse de Sainte- Croix, et tout l'autre côté dudit ruisseau, en descendant par les mêmes rues, seront de la paroisse de Saint-Maclou, sans aucun privilège. Les principaux officiers de la ville se sont opposés à ce partage, prétendant continuer à Jouir de leurs privilèges.
On appela ces opposants, les Incorrigibles de Saint-Maclou, Ainsi disparut, cette cause perpétuelle de dissensions et de procès entre les curés de Sainte-Croix et de Saint-Maclou. Querelles d*autant plus vives et regrettables que les deux prêtres avalent chacun dans la ville, une importance considérable ; Tun jouissant de prérogatives supérieures, au point de vue temporoi, comme curé des officiers municipaux ; l'autre étant le chef spirituel do tous les prêtres de Notre-Dame, comme doyen, l'inliii les conflits étaient d'autant plus fréquents, que tous deux exerçaient leurs fonctions dans lu même église.
§ 278 Différend entre les Chanoines et Vicaires (3). — Ëc Tannée 1716, il survint un différend entre les chanoines
(I) Commencement dû la rue delà Oàbelto.
(9) Ou rue Marchande.
(3) Nous dépassons un peu le régne de Louis XIV, pour torinint>r la MpUème iMurlle avoe le masuaciit d'Aubé.
TITRES DE LA ViLLli
6t Ticaires, sur ce que M. Etienne Dudos vicaire perpétuel, avait fait mettre du velours à sa chape, comme les chanoines. Les autres, vicaires étant inten'enus contre les chanoines, il survint un arrêt contradictoire au Grand Conseil, au mois de juin de cette année 1716, faisant défense aux vicaires de porter et mettre à leurs chapes ou manteaux, callemandes (1), velours, bords et galons, et leur ordonnant de se restreindre à leurs manteaux unis qu'ils portent dans Tliiver, tandis que les chanoines y mettent du velours (2).
Eu l'année 17*^5, il s'est fait beaucoup de vers satiriques contre plusieurs i)orsonnes des i)nncipaiix ilo la ville, ce qui a causé un très gros procès ; et ceux qui ont été les moins blessés dans ces vers ont soutenu le procès contre plusieurs (3).
Aubé a terminé son manuscrit au xvu* siècle, par une copie des titres des Privilèges concédés par les rois de France atw habitants de Mantes. Comme il en a été déjà longuement question dans le cours de cette Chronique, il suffira, pour ne rien
omettre, do U's «'-numérer cl tYm (lonn»*r une analyse succincte.
Le premier titroest la conlirination ik' la charte de commune dt! Louis le (iros, dunnée par Louis le Jeune imi 1150.
Le second est une charte de Louis le Jeune de l'an 1103, con cédant aux habitants le droit d'acquérir et de Jouir en paix des biens quHls ont régulièrement acquis ; il accorde en outre aux Mantais qui ont quitté la ville pendant quelques années, le droit de reprendre leurs biens au retour, et de Jouir des privilèges des communiers.
Le troisième est une charte de confirmation générale, du mois de janrier 1507. Charles IX y énumère tous les titres qui lui ont été présentés par les habitants : la charte de 1150 ; celle de 1103 ; une de Philippe-Auguste de 1201, accordant droitdeJTan^^; celle de 1204, confirmant l'accord de la ville avec Guy de Uauveisin, pour les droits d'acquit et de coutume par terre et par eau, à Mantes et à Rosn^r ; les lettres de 1211, ordonnant » que nulle personne ne pourreit vendre vin en ladite ville qu'il ne
(1) Ou calmandc, onpôce de utin d« laiiM trè« éfitli.
CHEtONlQUB DE MANTES
(ITlgJ
fût delà commiinaut/^ d'icolle, ou noble, prêtre ou d'église, ayant maison sienne on ladite ville » ; les lettres de Saint-Louis, de 1266 et de Philip;)e III de 1281, consentant le délaissement à la ville, du droit dr- chas<*(î «ntre Mantes et Rosny, lequel droit appartenait au sei{,'neur de Mauvoisin, avec la basse-justice et la justice ; celles de Charles V de 1376 permettant aux maire et échevins de pourvoir aux offices de la ville ; celles de Charles VIII de 1496, établissant le marché franc du mercredi ; et d'au- • très confirmations, notamment celles de Charles VI, de 1381 (1) et de Henri II, dont on ne dit pas la date. Charles IX termine en confirmant, ratifiant et approuvant, tons les privilèges, tnnchises, libertés, droit?, concessions et autres, pour en jouir paisiblement, co qui ne fut pas et ne pourait être.
Le quatrième est une répétition des précédents. Il est du mois de janvier 1595, et Henri IV ne fait que reprendre le texte de 1567, et viser en plus la coniirmatiun de sou prédécesseur médiat.
Le cinquième est de l'an 1615, et de même teneur; Louis XIU répète ce qu'a dit Henri IV.
Enfin, Louis XIV confirma toutes ces confirmations en 1665 ; ce qui ne Tempêcha pas de confisquer tous ces droits et privilèges confirmés. Le grand roi avait décidé ne plus soulIHr de villes fortifiées autour de Paris; il en avait vu les inconvénients pendant les troubles de sa minorité, liantes était de celles dont les murailles étaient inutiles et comme ses privilèges financiers ne lui avaient été accordés qu'à la condition d'entretenir son enceinte, Louis XIV, par un arrêt de sa Chambre de reforme des abm financiers, se saisit des revfnus de riIôtel-de-Ville, qui montaient à la somme de 1 i,000 livres. On ne lui en laissa guère que la moitié. La ville entama un long procès (1661V
Enfin, on trouve à la fin, comme dernière mention : « Les privilèges cj-dessus ont été confirmez par le roy Louis 14, par ses lettres données à Saint-Oermain-en-Laye, au mois d'aoust 1665, dont la teneur suit » liCais Aubé ne les a pas copiées.
Tous ces titres se terminent par un arrêt en faveur des habitants de Limay, que nous allons transcrire. Il montre la dépendance très grande où se trouvait l'ancien bourg par rapport à Mantes, et qui ne s'exerçait pas toi^jours suivant les lois d'une équité bien rigoureuse.
(1) Elle est à la mairie.