TITRES DB LA VILLB
« Charles, par la grâce de Dieu roi de France, A notre huissier ou sergent sur ce requis, salut. Sur la requeste présentée à notre Conseil de la part de nos pauvres sujets, les manans et habitans de Limay, village séparé hors le pont, de notre ville de Mante, affin, attendu les arrêts cy attachez sous notre contrescel, donnés à leur profit, en notre Grand Conseil, notre plaisir soit les deacharger des garnisons qui sont de présent audit village. Lesquelles les maire et échevins de ladite Tille de Mante où nous les avions données dès le 22* février dernier, au lien de les recevoir, en ont envoyé auditLimayqu*ils appellent faubourg de ladite ville ; combien que par lesdits arrêts apparoisse du contraire et qu'il soit paroisse et village séparé. En haye de quoi lesdits supliants sont ordinairement molestez par lesdits habitants de Mante, qui renvoyent et se déschargent sur ledit village de toutes les garnisons qu'ils dcusscnt recevoir, les surchargeans de tous les fays de ladite ville et villages voisins. l*our cet effet, leur ordonne récompence tant sur ladite ville que villages eirconvoisins, eu égard qu*ils ont satisfait aux autres charges et contributions auxquels ils ont esté cotises, tant pour les munitions de nos camps et armées, que fortifications de îadide ville de Mante. Et pour l'avenir, fait déffences ausdits habitans de Mante, de se descharger sur lesdits suplians, ne pouvoir mettre garnisons comme cy-devant ils ont fait. De Tavis de notre Conseil, mandons et ordonnons faire commandement de par nou^s, au-^dits habitans de Mante, d'obéyr ausdits arrêts. Donnez entre eux et le:< suplians, vn notre dit Grand Conseil, leur faisant par toy, inhibitions et déffencsde cy après cotizer et imposer lesdits habitans de Limay, pour quelque occasion que ce soit, à peine de tous déppens, dommages et intorest ; de ce faire, sans demander assistance t'avons donné plein pouvoir et mandement spécial. Cartel est notre plaisir. Donné à Paris, le dnq* jour de mars. Tan de grâce 1568 et de notre règne le 8*. Signé, de par le roy en son Conseil : Camus, et scellé d'un grand sceau de cire jaune. »
Un tel arrêt explique les antipathies qui existaient sous l'ancien régime, entre beaucoup de localités voisinei. La plus forte, la plus privilégiée, en opprimant la plus faible, s'attirait sa haine •'t créait des inimitiés entre les habitants. Elles ont heureusement disparu depuis longtcmps^^ sous l'empire de mœurs nouvelles plus équitables.
Nous avons terminé avec le manuscrit d'Aubé. Pour payer à ce vieux Mantais, notre tribut de reconnaissance, nous inscrivons ici son acte de décès. Puisqu'il a contribué pour une bonne part À cette histoire de Mantes, il est bien Juste qu*eUe contieniie sur lui ce renseignement ultime :
« Le Tingt-cinq* jour de février mil sept cent vingt^qa esté inhumé dans le cimetière de cette paroisse (i), le sieur Jean lioiiis Aubé huissier et greffier de la maréchaussée de Blaate après la réception des sacrements. En présence de ses parons et amis qui ont avec noas signez le présent. Gouol, Brochard, Servant, Daret, Guy de la Buhoterie, De Bon Ribaut, Aubé. »
Enfin, ^ix semaines après la mort de son mari, sa femme faisait une déclaration à la mairie, pour (juitter la ville. « Daraoiselle Marie Françoise Dumuret, veuve de maistre Jean Louis Aubé, greffier de la maréchaussée de Mante, fait scavoir aux sieurs maire et échevhis et habitans de Mante qu*attendtt le déceds arrivé i mdt. Aubé son mari, le vingt-cinq fébvrier der^ nier, elle n'entend plus continuer sa demeure en cette ville de Mante. » SUe s*en alla à SainM^ermain-en-Layo.
(1) atgittra do Sidot-Maclpa.
HUITIÈME BT DBRIOËRE PARTIE
LES FETUS ÉVÉNEMENTS DU XYllT SIÈCLE
§ 279. Betable de la Chapelle Saint-Roch. — L*an 1719, le samedi 8 avril, le retable de la Chapelle Saint-Roch a été fait des aumônes de la confrérie et des habitants de la ville. 11 a été fait par M* Claude Chambord, menuisier à Mantes (1), comme il est marqué au derrière de la traverse du bois.
§ 280. Eaux basses. — L'an 1719, au mois de septembre, la rivière de Seine devint si basse qu'il y avait un endroit rocheux au-dessous du pont du côté de l'île Champion, où il n*y avait point d'eau. Plusieurs particuliers y sont allés, y ont bu, mangé et joué au petit palet, ce qu'on n'avait jamais vu. La sécheresse fut très grande pendant toute Tannée ; il ne tomba point de pluie pendant l'été.
§ 281 . Cloche refondue. — Le jeudi 28 septembre 1719. Tune des deux jj:r()sses cloclies qui sont dans la tour, du côté du Fort, a été refaite et reCondiie. ('ette cloclie avant d'être cassée, sonnait pendant les messes et vigiles des obits, et quoi<iu'on l'appelât souvent Denise, elle se nommait simplement MariCf ainsi qu'où le voyait écrit dans l'inscription.
[\) Noiifl reprenons mainteaaat l'orthographâ moderuo de Maotoa, ftvw^ «a 8,
§ 282. Bâtiment de la congrégatioii. — Le samedi 2 mars 1720» la première pierre du nouveau bâtiment de la Congrégation ou Union Chrétienne, a été posée par M* Charles Martineau, doyen de Notre-Dame et curé de Saint- Madou, assisté de M* Sébastien Fougère, curé de Notre- Dame.
Les Filles de la Congrt''gation suivaient la règle de Saint- Augustin, et reconnaissaient pour instituteur le P. Pierre Fourrier, curé (le Mattairxourt (Vosges), dont il existe un portrait ancien dans l'église de Houdan. Lear maison se trouvait dans la rue Maurepas.
§ 283. Cloche Baptisée. — L'an 1720, M. de Sully, gouverneur de Mantes, et Madame de la Rochefoucauld furent priés d'assister à la bénédiction de la cloche de Notre-Dame; ce qu'ils ont accepté. Mais ne pouvant venir à Mantes, ils ont commis à leur place, pour M. de Sully, M. Bouret, Lieutenani-Général au Bailliage et siège présidial de Mantes, et pour Madame de Larochefoucauld, Madame de Flicourt, épouse de M. Lemaire de Flicourt, bailli de la Roche-Guyon. La bénédiction se fit le lundi 13 mars 1720, par M* Charles Martineau doyen, assisté de tout le clergé de Mantes.
Voici ce qu'on lit sur la cloche :
L*an1720, J*ai jfrré nommAb Hbnribttb-Charlottb» par TRÈS Haut et très Puissant sbionbur M** BiAxiioLiBN Henri dbB6thunb duc de Sully, pair de France, Seigneur SOUVERAIN PRINCE d'HeNRICHBU ONT, GOUVERNEUR DES VILLES ET CHATEAUX DE MaNTES ET MeULAN. ET PAR TRÂS
Haute et très Illustre dame Madame Madeleine Charlotte Leteluer, duchesse de Larochefoucauld. m* Bustache Lemaire Conseillerdu Roi et son avocat, maire de
LADITE VILLE DE MANTES, M. SALOMON FaROUL PROCUREUR
AU Bailliage, Jean Lecomtb, Bustachb Charles Bonnen-
FANT ET HiLAIRE GOSSBLIN ÈCHBVINS DE LADITE VILLE. H*
Pierre Lhuissibr conseiller du Roi, Grenetier au Grenier A sel de Mantes, M. Laurent Cathelin Conseiller
DÉMOUTION DU CHATEAU
DU Roy et kciievin Perpétuel, marouillier en charge, M. Pierre Debracq Conseiller du Roi, échëvin alternatif BT AUSSI MAROUILLIBR ES CHAROB.
On voit aussi sur cette cloche, une Aai^omplion de la Sainle-Viergc et les armes delà ville en trois endroits. Klle at ié sonnée pour la première fois, le 18 mai 1720, veille de la Pentecôte.
§ 284. Casernes. — En 1720, on a commencé à travailler aux Casernes où 80 hommes des habitants de la ville de Mantes ont été commandés chaque jour à la corvée, et ensuite les habitants des paroisses de l'élection, chacune à son tour (1). On a démoH pour cela le château de Mantes qui était alors en très mauvais état, et les matériaux ont servi à bâtir des écuries pour mettre les chevaux des Gardes du Corps qui venaient en quartier d'hiver à Mantes. Au lieu des casernes, on construisit seulement des écuries. Pendant Taoût et les vendanges on abandonna les travaux qui ne furent pas repris.
Voici ce que dit Chrestien à propos des Casernes et des démolitions du Château. « Ce (ùt en YtlU que se fit cette démolition de notre ancien Château, lequel s'était conservé logeable Jusqu'à nos Jours. Il avait encore été habité, il n'y avait pas 30 ans. lorsqu'on en destina les écuries que le roi Henri IV avait fait bâtir de neuf, pour y mettre les chevaux des Gardes du Roi, de quartier on cf^tte ville. »
De ces déinoUtions on devait construire des casernes pour y loger les .soldats cantonnés àMantes, logés chez les habitants^/ nourris à leurs /raiSt ce qui était une lourde charge et une cause de vexations continuelles. Cependant ce projet de casernes ne fut point exécuté, ce qui mécontenta fort les habitants de Bfantes. Chrestien a dressé un long mémoire sur ce si^et. Il voulait cette construction et pour faire face aux dépenses qu'elle devait occasionner, il proposa la création d'un impôt sur
(1) Le roi ordonna h cette époque de faira le dénombrement des chevaux et ▼ottures de 1 Election, pour le nervico des casernes et l'Ordinaire des guerres. L'état pour S8 pmtoImm «sUto aux archiTM de la mairie, Uâsee 13.
la vente des vins et des eaax-de-vie, pour remplacer la taille, toujours répartie d'une façon arbitraire et supportée seulement par les petits marchands et le menu peuple, qui n'avaient pas le moyen d'acheter des charges priYil«''giées. Au point de vue économique, aussi bien que sous le rapport des mœurs et des habitudcii sociales, toute cette dissertation des Mémoires de ChresUen est extrément intéressante à étudier.
Dans cette partie de son Tolmnineux travail, Vancien éehe> Tin de Mantes (Mirle beaucoup de la diminution de la population, sans qu'il dise une seule fois, quel pouvait être le nombre de la population ancienne. Tout ce qu'il rapporte, c'est qu'en 1730, lors de la réorganisation do la garde bourgeoise, à la suite d'une dispute et pour la réception du prince de Tingry, on ne trouva que 195 hommes en «'•tat de porter les armes ; tandis qu'en iOO?, dit-il, il y en avait 5 à 600. Cette question de la population ancienne des villes, est partout très mal connue. 11 faut supposer qu'en 1730, on ne trouva seulement que 195 hommes pour la garde bourgeoise, parce qu'un grand nombre d'autres surent invoquer des causes de dispenses. La ville n'avait certainement par perdu alors les deux tiers de ses babitants.
§285. BAgimont du Bol à Mantes. — Le mardi 14 septembre 1720, m bataillon da Régiment du roi est arrivé à Mantes, pour y rester en garnison. On a logé les soldats dans tontes les maisons vacantes ; pour cet effet les bourgeois ont fourni les lits. Il devait y en avoir deux compagnies à Limay. H devait y en avoir aussi deux à Meulan, mais comme elles sont venues à Limay, les habitants de Meulan, les ont fournies de lits comme ceux de Mantes.
§ 286. Abondance de vin. — L*an 1720, il y eut une grande abondance de vin. n était vert parce que Ton avait &it les vendanges trop tôt. Les vignerons firent enfoncer leurs cuves, ne pouvant trouver asses de lutailles.
S 287. Agiot. — Un nommé Nicolas Lasse (1) inventa en 1720, un nouveau commerce qui se nommait Fil^id^. Ce com-
(1) «• Il s'appelait Law ; m»ia quand il fat plus connu, on s'accoutuma ai bien à l'appeler l'As que le non lui en mta. » Mémoire de Saint-Simon.