‹ La chronique de MantesChapitre 21 sur 143 · SIMON DE CRÉPY · texte numérisé non relu

SIMON DE CRÉPY

Simon arait disposé de ses biens en faveur de Cluny, mais Fliilippe I*' s'empara de liantes et du Vexin ; le comte de Vermindois eut le Valois, et le sire de Coucy, Amiens. Philippe en

profitant de la débonnaireté du pieux Simon, s'était peut-ôtre considrré comme l'héritier du mari de sa mère. Cependant, en 1076, par un acte signô à Mantes, il rendait à l'abbaye de Cluny, une partie des biens qu'il lui avait pris.

Cot acte important, mérite que nous en donnions au moins la partie essentielle, d'après la lUhliotlieca Clanen.sii: (i) :

«Tout ce que j'ai pris à Simon qui l'avait donné à Cluny, je le rends. C'est à savoir : Mantcs-la-'Ville et toutes choses lui appartenaot, savoir, les prés, les cultures, les fermes et toute la terre cultivée et tout ce que le susdit Simon possédait de ce village. A ces choses, je concède et je rends, toute la pêcherie d*un certain village appelé EtltUon{2) et toute la terre avec les liAics ; et trente livres d'argent du tonlie'u de Mantes, le fief d'Arnoul qui fut ('cuyer du comte Gauthier (3) ; et le service d'un char à .1 quatre chevaux (?), trois fois par chacun an, à Boinville. De plus, je concèdo aussi, un certain pressoir, que paie mou prévôt Warin (4) . »

« Videlicet Meduntam Villam atque omnia ad eam pertinentia, scilicet, prata et culturas et villas, et totam cultam terram stqne iUud totum quod supradlctns vir de eadem villa possèdebat Ad h»c concède, atque reddo totam piscationem ci^usdam viUtt que Etluton vocatur, et totam terram cum hospitibus ; et triginta nummorum Ubras de teloneos Medantis Castri, et feoilum Arnulphi, qui fultarmiger "Valterii comitis, etquadrigas tribus vicibus in unoquoque anno de Bouenvilla. Adhuc etiam, conc<>do quoddam torcular, quod Wariuus tribuit, meus proe- / positus. » ^

Nous ne reviendrons pas sur tant de chosos discutées. Remarquons cependant, que h' Afedunta villa est bien le Mantes-la- Ville actuel ; car tout ce qui s'y rapporte, concerne seulement des biens ruraux. QaeUMedanUs Caslrit comprend toute la

WP.sw. •

(t) Une antre venion donne Olukm, Ce lenit àkn Olotton, commune de

Bennecourt.

(3) Gauthiâr III, comto de Vexia.

(4^ Parmi les signataires sont : Huguo II, comte de Meulan, et Hugue Stavel ué Mantes. Ce texte est nnaal celui donné par Lévrier. U en exiate un autre avec quelque Tariante.

Yille actuello, puisque le ionlieu, ou droit de place sur les marchés, n'existait que dans la villei et non dans l*enceinte propre de la forteresse. Nous «jouterons un seul mot : ce fut ainsi que la ville passa des mains des comtes du Vezin, dans celles des rois de France.

§ 29. Bélnge d'Eaux. — En Tannée 1086, fût une grande innondation d*eau et le cours en flit si fort, qu*il mina les rochers et abattit plusieurs villages. Les oiseaux domestiques devinrent sauvages et les poissons moururent dans Feau.

I.a prise (lo Mantes par rTuillaumo le Conquérant est un des épisodes l(\s plus tra.L'iques de l'histoire du moyen âge. Cet acte de vengeance parait aYoir fait une impression terrible sur les contemporains. Tous les chroniqueurs qui l'ont raconté Tont fait presque dans les mêmes termes. Orderic Vital, le plus précis d*entre eux, rapporte ainsi et les causes de cette attaque et les suites épouvantables qu*elle devait avoir pour la ville de Mantes (1) :

« L'ancienne haine entre les normands et les français s'étant

renouvelée, l'incendie des guerres se ralluma. Il en résulta malheureusement [inur les clercs et les laïques une très lourde ainiction de dommages. Car Hugues, surnommé Stavel (2), et Raoul Mauvoisin et d'autres de la garnison de Mantes, s'insurgèrent contre le roi (tuillaume et ayant réuni une bande coii.sidérable de brigands, ils firent plusieurs incursions en Normandie. Ils traversaient, la nuit, avec leurs satellites, la rivière d*Bttre qui sépare la France de la Nenstrie, éternellement décidés à nuire, ils se ruaient tout-à-coup sur le diocèse d*Evreux. Ils dévastaient complètement la terre de Guillaume de Bréteuil, auprès de Pacy, et de Roger dlvry [échanson du roi Guillaume] et se moquant des Normands, en emmenant des bandes de bétail et en prenant leurs hommes, ils les excitaient outre mesure. Aussi le fougueux roi (Juillaumc, grandement irrité, comuiença à réclamer sur la possession de la province du Vexin et exige.a du roi Philippe qu'il lui rendit Pontoise, Chauraont et Mantes,

(1) T. III p. 8» et suiv.

(2) Hagve Stavel, ou de Stenil, on de Septeuil, dont nous avons déjà psjié, était vicomte de Hantes.

PRISE DE MANTES

(algue MadanhtmJ et que 8*il ne loi était pas fait droit, il marcherait menaçant et terrible contre ses ennemis. Telle fat la

raison de sos rigueurs, n

Orderic Vital passe prudemment sur les détails d^^favorablcs au bionlaitcur de son abbaye. Il parle va{j:uemont des plaisanteries de Philippe, mais elles sont bien conniu's. Le roi de France sVntretenant avec les envoyés du roi d'An^'leterre, n'avait pu s'empCcher de le tourner en ridicule, et, faisant allusion à son embonpoint et à la maladie qui le retenait à Rouen, il aurait dit soiTant Guillaume de Malmesbury : « Par ma foi, ce gros homme « est long à accoucher; il y aura belle féte aux relevailles. » Ces paroles malencontreuses furent rapportées à Ouillaume, qui 8*écria : « Par la splendeur de Dieu, quand Je serai relevé de « mes couches, J*allumerai une brillante illumination dans le " royaume de France. » C'était Mantes qui devait porter le poids de cotte colère.

« Dans la 21* année de son rr';^qi(' surrAn^rleterre, dit Orderic Vital, il fit sa requête sur le comté du Vexin, au roi Philippe de France. Mais celui-ci usa des arguments frivoles des fourbes, et éluda les demandes du roi d'Angleterre en le trompant tout-àfait Aussi Guillaume, dans la dernière semaine du mois de Juillet (aprèM le 25), marcha à Timproyiste sur Mantes, avec son armée, qui y entra péle-méle avec la garnison. Les chevaliers (1) étaient sortis secrètement pour voir la destruction de leurs moissons et Tarrachement de leurs vignes, qu'Ascelin Gocl (2), la veille delà venue du roi, avait fait dévaster par les troupes normandes. Aussi l'armée du roi se précipitant avec h's soldats d<' la fj^arnison, pénétra i)ar Ifs portes, et dans !a fureur du combat, ayant allumé l'incendie, elle brûla la ville avec les églises et les édifices (3); et, comme on le rapporte, une multitude de personn2S périt par la violence du feu. Alors l'excès de la chaleur et des fatigues occasionna une maladie au roi Guillaume, dont l'embonpoint était considérable (4) et il languit pendant six semaines dans de grandes souffirances. »

(1) Un nannscrH ajoute : et le peuple, El vulgtis.

[2) Seigneur de Bréral.

(31 Les «'artulairos de Marmouticrs citent une chapelle de Saint-Guy f.Sanctus EgidiusJ comme leur appartenant à Mantes. Peut-être disparut-elle atec llneendie d« 1087. Oa n'en trouve plut de traoet pottéiteimmeot

(4) « La graine de aee inteettai B^étant Uquéllée • dit Ouillaaine de J[ttmièges.

L'autour do notre Chronique a bien connu toutes ces circonstances, et voici comment il raconte cette barbare tragédie :

§ 30. Mante prise par le duc de Normandie, la ville brûlée, Notre-Dame démolie, puis rebâtie comme elle est à présent. — Ce fut en Tannée 1087, que ledit duc Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre, prit la ville de Mante, laquelle il brûla et n'y laissa maison entière. Et sans vouloir pardonner aux choses sacrées, prit plaisir de réduire en cendre l'église Notre-Dame, avec deux religieux qui étaient résolus de ne point sortir du couvent. Mais cet excès de cruauté fut suivi d'un juste châtiment de Dieu. La satisfaction qu'il prenait à voir consommer ce grand édifice, l'ayant fait approcher des flammes un peu plus près (pi'il ne devait, il se sentit frappé d'une pressante maladie, et pour comble de sa disgrâce, son cheval voulant franchir un fossé, il lui brisa le dedans du c(»rps. [Il est dit ailleurs que ce Guillaume tomba avec son cheval dans une mollière, dont il fut blessé à la pénillière.] GnEV. (1). S'étant rendu à Kouen,i] fut contraint de se mettre au lit et connut bien que c'était là sa dernière maladie. Voulant donner ordre à ses afïc^ires, il lit appeler ses enfants et leur partagea ses états. Alors sentant que son heure approchait, il commanda que l'on eut à délivrer tous les seigneurs qu'il avait fait arrêter, envoya de grands dons au clergé de Mante, pour faire rebâtir les égUses qu'il avait brûlées et principalement Notre-Dame ; laquelle fut bâtie par des anglais mêmes comme elle est de présent et bien plus belle qu'elle n'était auparavant, sur la roche nommée Mont-Eclair. Les voûtes (2) d'icelle étaient faites en terrasse et plate-forme propres pour y loger quantité d'archers et arbalétriers pour la défense des guerres étrangères. La tour de laquelle servait d'échauguette, comme elle fait encore de présent, pour découvrir à la campagne et lieux circonvoisins ; n'y ayant pas longtemps que ladite ville

(1) ma. O. est très court ot dit seulement qu'il tomba malade ot mourut à Rouen.

(2) Marion dit, lea voûtes ; Aubé. Ica tours. A part cela Marion a très nal copie.

PRISE DE MANTES

a été déclose et rendue libre aux habitantSi ainsi qu*il se ▼erra ci-après (1). fit après qu*elle (Ut rebâtie, comme il n'y avait point de paroisse, les habitants 8*y retirèrent et les vicaires firent quelque temps Tofflce de curés. Après ils s*en déchargèrent et exigèrent un curé, se réservant le titre de curés primitifs et toutes les offrandes de la cure, à Texception de celles dos messes de paroisse.

[Parlasuito. la cure en fut unie, premièrement an Chàtean, ensuite au Trésorier, et enttn au Doyen du Chajjitre, à la charge d'entretenir le chœur de Notre-Dame de luminaire pendant toute l'année, et sous la condition que la qualité de curés primitifs sorait conservée à tout lo chapitre, qui ;\ ocHte condition vient piicon^ faire roflice, deux l'ois Tannée, dans la paroisse Saint-Maclouj (2).

tOn croit qu(> \<' roi Robert a hàti ré<j-lise Notre-Dame de Mant'' |M)nr servir de fort, et qiril y avait sur les voûtes des fours et des moulins et un puits dans i églisej (3).

Les chroniqueurs, nous l'avons dit, ont peu varié dans le récit de C' t I vénement dramatique : Guillaume de Malinesbury, au lieu des deux anachorètes brûlés vifs, dit seuleiiK-nt une rccluso : " Pi^streiiK» Mundantium civitatciii, injectis i;.Miibus concr«'niavit. Combusta illictccb'^ia H. Maria', reclusa iinaiistiilata. etc. •> Roger de Hoveden dit deux reclus. « U brûla toutes les égliseft situées dans la ville et deux reclus. » Et Henri de Huntingdon : « Il brûla aussi une noble ville appelée Maanie, avec toutes les églises qu'elle contenait, une foule d'habitants et deux saints anachorètes ( i), »

La destruction des é;,dises et la mort des deux anachorètes est ce qui a le plus excité l'indij^nation ib s cont<'in[H.rains. Orderic Vital a;:lissé sur ces particularités, de même qii-' sur l accid'^nt qui causa la mort d»' (luiliaurue. Les uns ratinbu^ nt à la maladie et à la fatigue, mais le plus grand nombre à une chute de cheval. Notre Chronique est assez explicite, et Chevremont parait avoir puisé son récit dans la Chronique de Normandie

(I) Ca pasug0 ferait croire qu'il a été rédigé Ters la fin du xv« aîécle.

(t) CUK.

(3) Cnnr. ad. Cette opinion est fausse, comme noua l'avona dit, à moins

qu'elle aa se rapporte h l'c;,'lise «lôtruitO CD iOSL

(4) V. Grands hist. de France,

où nous lisons ce qui suit : u Dont s'en retourna Guillaume par « Mante et ardi (brûla) foute la Tille (1), si qu'il n'y demeura « esglise ni maison ; et comme il chevancha parmi la ville, son « cheral bouta ses deux pieds de devant en une fosse et au rele- « ver, au résouldre (contre-coup), Tarchon de la selle du cheval « hurta Guillaume en la pénillière (bas ventre) et le bleça mal- « ]ement(2). »

Quant aux suites dp cette cruelle vengeance, nous avons pou de chose à ajouter. Transporté d'abord à Rouen, Guillaume (\o plus; en plus souffrant, incommodé i»ar les agitations d une cité populeuse, se lit transportur hors les murs, au prieuré de Saint- Gervais, où, après avoir langui six semaines, il mourut le jeudi 9 septembre 1087. Sentant sa fin approcher, il rentra en luimême et chercha à réparer quelques-uns des maux qu*il avait faits. Les flammes de Mantes venaient hanter ses derniers moments : «( Il envoya avec contrition, au clergé de Mantes, des dons considérables pour rétablir les églises qu'il avait brûlées (3). » Là se borne, croyons-nous, l'inten'cntion de Guillaume dans l'édification <le l'église actuelle de Mantes et nous rectifierons plus tard, au point de vue architectural, archéologique et. militaire, les erreurs de notre Chronique. L'église de Mantes n'est pas plus une œuvre anglaise qu'elle n'est due aux largesses de Blanche de Castille, comme le prétend Milliu. La veuve de Louis IX ne put y contribuer que pour l'achèvement de certaines parties. G*est ce que nous prouverons bientôt

§ ;î1. Rétablissement de la ville de Mante. — Apr<'*s cette ra^re passée, les habiLmts et bourgeois sauvés et restés de ce naufrage et autres, se rassemblèrent petit à petit et des r uines et démolitions de leur ancienne ville et murailles commencèreni d'en bâtir une nouvelle et transférèrent entièrement le cimetière où il est de présent. Et en mémoire de l'ancien, le clergé et habitants de Saint-Maclou vont tous les ans, le jour des Trépassés, en procession tout autour et proche les maisons dudit Marciié-au-Hareng, Maison-do-Ville, et autour de la Croix duMarché-à-Blé,jettantde l'eau bénite

(1) Wace dit : fit ua Arson (incendie).

Qrand» hitt. de Ftxmce.

(3) Ofd. Vit. T. III p. m

PRISE DE MANTES

et encensant. £t enfin, avec le temps, firent clore leur dite ville de murailles et tours, et ce qu'ils purent réparer et rétablir des églises et maisons hors ladite clôture. Dès lors, l'ancienne ville servit de fauzbourgs à la nouvelle, lesquels depuis et durant les dernières guerres Airent entièrement rainés.

Ainsi que nous l'avons établi dans nus recherches sur les origines de Mantes, nous n'admettons pas cette transformation fMlicale de la ville, après rincendie de 1067. Nous sommes persuadés et nous croyons Tavoir démontré que Blantes répara ses raines, sans changer notablement la configuration et l'assiette de son enceinte. Guillaume, cela parait indiscutable, pénétra dans la ville par son point faible, c'est-à-dire la Porte-de-Rosny, ou la Porte-Chant-à-l'Oie. La rue Gâte- Vigne, paralh'de à l'ancien mur, tire certainement son nom de la dévastation syst(''matiqiio op(!T('o par Âscelin Geel, dans les vignes delà plaine qui s'étend vors c.assicourt.

Ce qui le prouve, c est que cette plaine resta longtemps sans être replantée. Ce fut, du reste, l'objet d'une contestation entre les religieux de <}assicourt et les bourgeois de Mantes; elle fut jugée en 1211, parTabbé de Sainte-Geneviève : « Unes lettres de composition, données par Tabbé de Saincte Geneviefve de Paris, juge délégué de Tauctorité appostolicque, en la cause d'entre l'abbé de Cluny, por l'esglise de Gassicourt, d'une part; et les bourgeoys de Mante, d'autre : Affin qu'ilz feussent tenuz de mcctre en vigno, les terres qu'ilz labouroicnt, pour estre payez (le leurs droictz. Et sur ce, est dict que pour chacun arpent, ilz paieront huict deniers de cens, le jour Saincl Reniy. Ht par ce, ilz ne seront tenuz de rcéiwclre lesd. terres eu vigne. Lesd. lectres dactées de Tan mil deujc cens unze (i). » Les bénédictins de Gassicourt purent ainsi toucher d*une autre façon les droits qu'ils avaient avant 1087, sur le vin récolté par les bourgeois de Mantes.

Guillaume était entré par les côtés ouest et sud. Il détruisit les murs, entre laPorte-de-RosnyetlaPorte-aux-Saînts. U brûla une rue hors les murs, qui s'appela ensuite la rue Arsc, et qui a tout-à-fait disparu. Elle se trouvait entre la rue aux Bœufs et le mur d'enceinte. Après avoir pénétré dans l'intérieur, il dut

(1) Inû. de 4S48.

CHROiNlQLE DE MANTES

s'arrêter vers l'église Notre-Dame, derrière laquelle était la forteresse qu'il ne prit pas.

L'église fut détruite; il n'en reste actudloniont qu un seul vestige : c'est la croix en pierre, taillée sur un disque rond, qui terminait le pignon d'une dés façades. Cette croix trouvée en 1845, par M. Durand, est actuellement dans le triforium de l'église avec d'autres fragments très intéressants. Le type de cette croix appartient au style du x* siéde.

Notre Chronique tombe dans une autre rm-ur quand elle donne ix'ur preuve de la transformation delà ville, le transfert du cimetière et la procession qui se faisait sur remplacement de l'ancien. Nous avons vu, en effet, au § 25, que ce cimetière avait été supprimé en l'an 1027, et transporté où il est encore aii^ourd'hui. A la place, on avait établi un marché et des étaux pour les marchands. C'est ainsi que furent créées les places actuelles (le rHùtel-de-Vilie et du Marché.

Du reste, le récit de la destruction de Mantes atteste que l'enceinte existait avant la venue deOuillaumc, puisque les habitants en sortirent pour constater les dégâts commis par les troupes normandes. Celles-ci profitèrent de la confusion, pour pénétrer pèle-méle avec les troupes de la garnison et se livrer ensuite au pillage, au meurtre et à l'incendie.

La réfection de l'enceinte, qui ne fut qu'en partie détruite, eut lieu, cela est incontestable, en relevant les ankens murs, et non en créant, comme l'ont avancé toutes les traditions locales, une vUle nouvelle de moindre étendue. Il suffit, pour s'en convaincre, de s'en rapporter aux textes les plus authentiques, et à l'étude du sol qui nulle part n'a révélé l'existence d'une ville ancienne s'«' tendant soit vers Mantes-la-Ville, soit vers les Cordeiiers ou Yiliiers.

ïj :i2. Mortalité. — En Tannée 1091, il y eut une «L-rande mortalité en France. Les matins, on voyait plusieurs étoiles tomber du ciel et s'engloutir en terre. Et comme quelques personnes voulurent fouir en terre pensant y trouver de la fumée, elles virent sortir de l'eau bouillante delà terre, iiou sans grande frayeur et étonnement.

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PRISE DE MANTES

Ici se termine notre première partie. Mantes avait & réparer d'immenses mines. Elle le fit avec une énergie et une activité surprenantes. Nous allons la voir se relever plus forte que jamais, et. unie au roi de France, ' H' va devenir un des plus

sArs boulcvanls du royaumo naissant, et par cola m/^mo, la ville la [ hi^ ronvoitéo du puissant vassal qui commande sur la Normuiidie et l'Angleterre.

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