LOUIS LE GROS
et solidement défendue par les gens de Philippe (1). Mais pas plus maintenant qu'en 1087, le roi de France n'était disposé à aiBdblir sa frontière, en livrant à son compétiteur, des forterases renommées qui faisaient toute sa sûreté.
Philippe I*' était gros et paresseux, et de plus, indifférent aux grands événements qui se déroulaient autour de lui. Son fils Louis, quoique Jeune encore, puisqu'il avait à peine vingt ans, était décidé à défendre avec opiniâtreté son futur héritage. Orderic Vital, anglais de nation et comme moine, l'obligé du roi d'Angleterre, parle du jeune Louis comme d'un enfant incapable déporter les armes. Ce dédain n'était pas justiflô ot Louis, au contraire, le prouva on se mettant à la tôte des Français et en combattant lui-même la lance au poing, avec des chances bien souvent favorables.
La situation n'était pas sans péril. Si d'une part Philippe et son fils étaient assurés de Mantes, Pontuise et Chauniont, de l'autre, un grand nombre de barons combattaient contre eux. Robert, comte de Meulan, commandant une étendue de terres considérable, suivait la fortune du roi anglais, lui avait ouvert ses forteresses de Normandie, et par Meulan, lui oflirait une facile entrée sur le domaine de France. Quy de la Roche, qui donna son nom à la B4>che-Guyon, 8*était aussi laissé gagner par l'argent anglais ; il avait livré à Guillaume le Roux, son do^joD de la Roche, dont nous admirons encore les ruines imposantes et pittoresques, et son autre forteresse de Vétheuil : toutes (]ou\ coiniiiandaicnt le cours de la Seine. Enfin le roi anglais avait fait bâtir le château de Gisors, pour contrebalancer l'action du chàtt'au de Chaumont.
Èijalement armés, également animés l'un contre l'autre, les deux partisse livrèrent de nombreux combats autour de Mantes. Si nuus croyon.5 Orderic Vital, ce turent les Français qui eurent le plus à souffrir. Nous remarquons Robert de Maudetour (Maldestort) (2) parmi les chefs des troupes du Vexin, (Militiœ Vilcassinorum prœerant), taudis que Ni vard de Septeuil combattait dans les rangs anglais. Bientét Guillaume le Roux, obligé de retourner en Angleterre où l'appelaient d'autres démêlés, conclut une
(1) Ord. Vit. T. IV. p. 20.
(S) Ed 1193, un descendant de ce Robert était connétable da Vexin : Hbgo de Maldettort conatabularius walcaaainui.
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trêve avec Philippe I" et la paix assurée pour quelque temps permit à Mantes de se préparer à de nouvelles attaques.
Mantes ne pouvait rester longtemps en repos : aux guerres du dehors allait succéder une guerre intestine entre Philippe et ses fils; le château fort iCUait soutenir un nouveau siège.
Le roi de France avait d'abord épousé, vers 1071, Berthe de Flandre ou de Frise, dont il avait eu Loui?;, surnommée tour-àtour, Thibaud, l'Éveillé, le Batailleur, f t qui devait lui succéder sous le nom do Louis VI le Gros. Berth<' étant morte, Philippe s'éprit d'une folle passion pour Bertrade de Montfort, femme de Foulque d'Anjou, la fit divorcer et l'épousa, vers 1093. malgré les remontrances de l'évèque Ive de Chartres. Il encourut de ce fait plusieurs excommunications et le royaume fut mis en interdit.
On ne sait pas précisément qui célébra ce mariage contre lequel s*élevèrent tant d'anathèmes. Quoi qu*il en soit, Oderic Vital prétend qu'Eudes, évéque do Bayeux, frère de Guillaume le
Conquérant, prélat de ninr»urs dissolues, autant soldat que prêtre, consacra cette union adultère. Pour pi'ix de ce service, il reçut de Philiiipe la {Possession des é]y:lises de Mantes qu'il garda quelque teni[)s. C<'i)eii(lant son passage dans l'abbaye, n'a laissé aucune trace qui soit parvenue jusqu d nous.
Naturellement Bertrade, femme violente et ambitieuse, détestait Louis-Thibaud son beau^fils, dans lequel elle voyait un obstacle à Télévation de ses propres enfants, Philippe et Florus ou Fleuri. Dès Tan 1100, elle Tavait envoyé en Angleterre, auprès de Henri P% avec des lettres secrètes dans lesqueUes elle engageait vivement le monarque anglais à retenir le jeune prince prisonnier toute sa vie. Henri ne voulut pas se prêter à cette infamie. Il remit le lils de Philippe entre les mains de Guillaume de Buchelay, chevalier plein de prudence et de loyauté qui l'avait accompagné, et le renvoya en France. Plus tard, elle <'ssaya sans y réussir, de le faire empoisonner.
A peu près vers cette époque, Philippe, devenu inactif et adonné à plus d'une passion, associa malgré Bertrade, son fils Louis à la couronne et se déchargea sur lui du soin de défendre le royaume. Il lui donna en même temps, en propre, Pontoise et Mantes (Madantum), avec tout le comté du Vexin. Lévrier a contesté cette donation, mais Suger et Orderic Vital sont formels sur ce point. Ce qui le prouve encore, c'est la cession qu'en fit dans la suite, Louis à son frère Philippe. Cehil'Ci avait épousé
PUlUPPE DE MANTES
en ilO'i, Elisabeth, ûlle unique de Guy Troussel, châtelain de Montléiy. Gomme cadeau de noces, à la prière de son père, Louis l«i donna le château de Mantes : « Et por ce que messires Looys peust mieux lier à li, en pais et en amor, H dona il, disent les
Grnntirs Chroniques^ par dessus tôt ce, le chaste! de Meum «Meduntum) et l'acorda à la proière du père. » C'est de ce fait que Philippe prit le titre de comte de Manies^ sous lequel il est plus généralement connu.
Tant que son père vécut, Plnlippe de Mantes, trop jeune du reste, se tint tranquille sans rien tenter contre son frère. Mais à peine le roi Philippe était-il mort, qu*il commença à remuer, et excité par Bertrade, il se révolta et conspira contre son autorité. Louis le Gros n'était pas d*humeur à le souift'ir et ne tarda pas à Ten punir sévèrement.
§ 33. Mante inise jMur le roi de nwnoe. — En l*an 1108, Philippe, comte de Mante» fils du roi Philippe 1" et de Bertrade, se mit dans la ligue des mécontents, contre le roi son père (1); et Louis le Gros son frère, prit Mante d'assaut.
L'an 1108 étant la date de la mort de Philippe T', il y a tout lien de croire que la prise du château de Mantes est un peu postérieure. Le récit de Suger (2) nous apprend qu^avant d'agir
aussi violemment contre son frère, le roi avait déjà reçu de nombreuses plaintes de la part des bourjreois et du clergé «le Mantes. Philippe do Mantes, en effet, av.iit été plusieurs fois cité à comparaître devant ses jiairs pour se ju-^tifier; il avait orgueilk'usenioni refusé de se soumettre au juji:eiii«'nt fiu'il avait encouru. « Le roi, fatigué des déprédations exercées contre les pauvres, du tort fait aur églises et du trouble qui désolait tout ce pays, se hâta de marcher, quoique bien â regret, contre son frère ; celui*ci et ses parents (Àmauri IV de Montfort son oncle. Foulque d'Anjou (3), autre fils de Bertrade), se voyant une troupe nombreuse d'hommes d'armes, avaient annoncé hautement et avec une grande jact^mce qu'ils repousseraient Louis. Cependant, saisis de frayeur, ils quittèrent eux-mêmes le chà>
(Ij Erreur. La ligue eut U«u après la mort de Philippe I". if) Vie de Louis te 0nê, trad. Onixot. U devint roi da iénustem.
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teaa; le monarque couTertde sa cuirasse, s*y précipite alors sans perdre un instant, pénétra dans le centre même delà place jusqu'à la tour et se hâta de la cerner et d'en former le siège. Enfin tout en faisant préparer les béliers pour battre les murs, les pierriers et autres machines propres à lancer des projectiles, il r(^duisit, non sur-le-champ, mais apivs grand nombre de jours, 1( s assi('%r('.s qui désespéraient d'avoir la vie sauve, a se rendre à discrétion. »
Ainsi, los fils et les alli<''s de Bcrtrado ('•taiont los ennemis de Louis VI. Des inreoiitcntcriients de toiitr sorte lui avaii'iit encore créé un grand nombre d'adversaires; il iHnivait àpeine compter sur l'appui des chevaliers de l'Ilr-dt -Krance.
Il se produisit alors à Mantes, ce qui devait faire dans l'avenir la force do laro3'autô; ce qui se renouvfda en 1111, au siège fameux du château du Puiset (Eure-et-Loir), où Ton vit des baudes de paysans des domaines ecclésiastiques, organisées en milices et conduites sous les bannières paroissiales, par leurs propres curés, contribuer à la prise de la redoutable forteresse. La tyrannie du seigneur du Puiset était devenue insupportable, et tous ceux qui en avaient souffert, s^étaient unis pour le réduire à l'impuissance. Suger fait soupçonner la mr>me chose à Mantes. La partie de la ville habit(!'e par les l)our<;eois était libre ; le roi y entra sans difliculté et y fut accueilli comme un libérateur. Le château, c est-à-dire l'enclave assez considérable qui entourait l'église et le donjon, défendu un moment par Philippe de Mantes et ses complices, fut bientôt abandonné. Toute la garnison s*était enfermée dans la tour; mais ne comptant sur aucun secours, ayant contre elle Tarmée du roi et toute cette population qui criait vengeance, après quelques Jours d*une résistance désespérée, elle n*avait pas tardé à se rendre.
Les suites de ce service intéressé, ne furent pas sans peser sur les destinées municipales de la ville. Deux ans après, Louis le Gros octroyait aux bourgeois de Mantes, une importante charte de commune ; nous pensons que ce fut le prix des services rendus dans cette circonstance critique. Voici comment notre
Chronique raconte cet événement.
§ 34. De la Confrérie aux marchands et de rétablissement des Maires et Echevins. — De toute ancienneté et de temps immémorial, il y a eu entre les bourgeois de
CHARTE DE COMMUNE
Mante, une noble confrérie aux marchands qui foisaient fête solennelle le Jour de FAssomption de Notre-Dame. La prévôté et les maîtres de laquelle, avaient le gouTomement et administration de Té^^lise et des aflkires concernant le public. Ce que lesdits bourgeois et habitants renouvelèrent, et établirent leur confirérie en Téglise Notre-Dame ; ce qu'ils continuèrent de la sorte, jusqu'à ce que Louis le Gros, roi de France qui conunença à régner en Tan 1108, pour gratifier lesdits habitants, à son avènement à la couronne, leur accorda une communauté composée d*un maire et de douae échevins, avec droit de police sur les habitants de la ville et banlieue, et continuèrent ladite confrérie et se continue encore à présent, mais avec beaucoup de changements.
Et ordinairement nul des habitants de ladite ville ne pouvait être nommé pour échevin, qu'il ne fut tiré et pris de ladite confirérie. [Cette dévotion à la Vierge est cause que Ton voit encore plusieurs de ses iuiages sur les portes des maisons, et même sur la plupart de celle de la ville. C'est cette confVérie qui a fondé la messe de la ville, qui se dit tous les premiers mardis du mois.] Chrv.
Les (H'hevins se partageaient, savoir : trois pour l'administration de l'église Notre-Dame ; trois pour radiiiinistration de celle de Sainl-Macluu ; trois pour radininistration du cimetière et service des trépassés et ti ois di'inouraii'rit pour faire les affaires de la ville, avec le iiiaire. Néanmoins tout se rapportait ;\ l'assenihlée de la ville ; et quand il arrivait quelques affaires de conséquence, ils s'assemblaient tous pour en résoudre ensemble. Ce qu'ils ont continué de la sorte jusqu'en l'année i551, que ledit nombre fut modéré, parle roi Henri Second, fils de François premier, par son Mit de ladite année, à un maire etcpiatre échevins.
(Cela anéantit cette grande confrérie aux marchands, sous l invocation de la Vierge, à l'occasion de laquelle il fut pourtant convenu et arrêté que les maires et échevins entretiendraient l'oflice qui se fait encore aujourd'hui solennelleinent dans notre collé<jiale, et aux dépens de la ville, les jours et fête de rAssomption, et tous les premiers mardis de
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de cbaqae mois. On cbante encore une messe en musique, à laquelle le corps de Tille assiste ; il entretient sur Tautel du chœur deux gros cierges auxquels sont attachés un écusson des armes de la Tille.
Nos mémoires manuscrits disent que le roi Louis le Gros, en ce séjour qu*U fit à îlante, fit bâtir notre premier Hôtelde-Ville, qu'il en fit rétablir les fortifications, et reiàire notre pont qui aTait éte endommagé. Nous apprenons d'ailleurs 4ue ce prince ne fit qu'ordonner toutes ces choses qui ont toiyours été fidtes aux dépens de nos habitants, comme la suite de ces mémoires le fait voir.] Chr.
Nous retrouTons ici, la Confrérie de rAssomption du paragraphe 22. Ce que Louis VI fit à Mantes, en sanctionnant une organisation très ancienne, se produisit ailleurs et dans le même temps pour d'autres associations semblables. « Louis, dit Orderic Vital, (Liv. XI) réclama l'as^istanco des évèqiies dans toute la Fraiicf, pour réprimer la tyrannie df's bri;:aiids «'t des séditieux. Alors les évôques (celui de Noyon entre autres , instituèrent en France, la communauté populaire, afin que les prêtres accompagnassent le roi aux sièges et aux batailles arec leurs bannières et leurs |<aroissiens. »
Malgré une opinion communément répandue, Louis le Gros ne fut pas le créateur des communes. Il sut habilement profiter du mouTem^nt général de résistance, qui se manifestait détente part contre Toppression seigneuriale. Si dans son intérêt, et en même temps dans Tinterét de ses hommes, il protégea les villes qui se révoltaient pour former des communes, s'il réforma quelques abus dont se plaignait la puissante association des bourgeois de Paris, il est toutefois avéré qu'il n'accorda de charte de commune qu'à notre seule ville de Mantes.
Cette charte, sur laquelle passe si rapidement Tauteur de notre Chronique ne figure pas dans le recueil des Ordonnances des rots di' France. On la connaît généralement par la confirmation (ju^ n lit r.ouis VII, fn 1150. Klle existait autrefois, aux archives de Mantes ; V Inventaire de i ô 13 ne permet pas de la révoquer en doute et lanalyse (^u'il contient, est du reste sufli- .nantc, pour montrer que l ordonuance de 1150, n'en était que la reproduction fidèle.
CHARTE DE COMMUNE
Cette analyse est tollement importante pour Thistoire de Hantes et rétablissement des communes, que nous la transcrima textuellement et en entier (1) :
« Item. Troys lectres en parcheroyn, dont Tune qui estescripto en latin, est une charte du roy Loys, en laquelle n}' a aucune dacte, scellée du grand sceau du ro)', on cire jaulne, plaqué en la fin desdictes lectres; faisant une mention que le r<».v jicnnet àson prévost et aux pers de la ville de Mante et coinunité d'icelie. faire justice aux gens d'armes y estans; peruiectant à ung chacun de venir trafflcquer et marchander à lailicte ville ; Et que ou cas q. aucunes gens d'armes ou estrangers fassent Ii^nres aux habitans de ladicte Tille, Il leur est permis de les iftprehender et d'en fe. La pugnission ; Et oultre ce, leur est permis faire faire guect, fessez et fortiffications appartenans à ladicte ville; Bten faire assiette, le fort portant le foible, à faire lesdiets fraiz ; Et si, leur est permis mectre itarde à leurs Tignes. »
Les termes mômes de cette analyse, ainsi que la charte confirmative de 1150, qui n'était, suivant YInî'enfaire de i/) f3, que la copie de celle de Louis VI, démontrent que l'or^'anisation municipale était bien plus ancienne que l'octroi de couimune. Il y avait à Mantes, un officier royal, c'est-à-dire un juj^^e pour la liante justice, établi à Mantes depuis quelque tentps sans doute, et aussi, une association municipale désignée par ces mots : Les pairs de la vUle de Mantes. Louis 'VI et après lui, Louis VII, ne firent donc que sanctionner de leur autorité, un ordre de choses déji ancien et dont eux et leurs successeurs devaient tirer profit contre la féodalité.
Nous ferons connaître plus tard l'étendue des pouvoirs et des privilèges de cette commune. En attendant, voici la traduction de la Charte do Louis VII :
Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité, Louis par la grâce 'le Dieu» roi des Français et duc d'Aquitaine, à tous et à toujours :
Moi, Louis, par la grâce de Dieu, roi des Français et duc d'Aquitaine, voulons qu'il soit connu, tant pour le présent que pour l'avenir (2) ;
0) V. hn. dB 484S, » xvu.
n Cti prëambuto «st d'apràs Chrettira. il OMoque dans le Recueil dee eiêtnnances.
llllO]
A causo d'uiu> ^'rande oppression des pauvres, par le conseil, tant dt'S chevaliers que des bourgeois, notre très cher père de bonne ni''inoire, Louis, établit une commune à Mantes, sauf lidélitù ù lui et ses i^uccesseu^s, et sauf toutes les coutumes, et de son autorité royale et suivant cette teneur, résolut :
1. Que tons ceux qui demeureront dans cette communauté, demeurent par droit perpétuel, hommes UInreg, et exempts de toute taille, injuste détention, emprunt et de toute exaction, quelles qu'elles soient.
2. Que si l'hôte de quelque soldat, lui avait fait tort en quelque chose, (rhnto^ averti par le chef même du soldat, il en sera fait justement pleine et entière justice, au lofris (de rhôtc) à Mantes; mais si l'hôte avait méprisé de fair(! satisfaction, le soldat saisira tout ce qui sur la terre de Ihote appartiendrai celui-ci, de sorti) que, rien n'étant enlevé de là, il y laisse tout ; alors ce soldat représentera au prérét du roi, et aux pairs de la communauté si le prévôt ne p(iuvait le faire par lui>méme, que faute de justice, il a sain les biens de son hôte; alors le prévôt 8*étant adjoint les pairs de la communauté, s*il le veut, forcera l'hôte du soldat à lui faire justice suivant la loi militaire sous laquelle il vit, parce qu'il a méprisé de la lui rendre ; et du premier tort, suivant le droit, il exigera qu'il soit à plein accompli par l'hôte.
3. De plus, nous avons pensé, ne devoir omettre que si quelqu'un avait lait injure, sans le savoir, à quelqu'un de cette communauté et l'avait conduit en prison (in casb*umj ; si son ignorance pouvait être prouvée par son serment, qu'il lui soit permis de se retirer libre et paisible, pour cette fois seulement; si non, nous ordonnons qu'il soit saisi.
4. Nous avons aussi, par cet Institut de notre Mi^esté, ordonné que quiconque, pour fait de négoce, viendra à la ville {ad castrum), qu'il lui soit accordé d'aller et venir tout-à-fait en paix : que jamais à l'aller et au retour, il ne soit troublé par personne.
5. Aussi, que les marchands, passant ou même demeurant, soient pendant tout le temps (omnibus diebusj laissés en paix.
6. En outre, aux susdites Institutions, nous ajoutons, que si quelqu'un, demeurant hors la ville (1), faisait quelque injure à U
(1) Pro mereato, ajoute la eopie de Chreitien.
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CHARTE DE COMMUNE
eommiiiMuité et, étant averti, mépriaeTait de la satisfoSre, que la communanté, de quelque manière qu'elle le pourra, en tire
vonjîoance.
7. Egalomont, si quoiqu'un on avait frappé un autre, que le coupable, mis à la raison par lo pr^^vôt du soli^^nour roi, et par 1<'S pairs de la commune si If prd'YÔt no pouvait lo fairo par luimôme, soit avorti qu'il ait à réparer [lo doinuiago) ; et s'il ne voulait le réparer, qu'il le voulut ou non, qu'il soit forcé de le faire.
8. Que les communes nécessités, du guet, de l'entretien des . chaînes (de catenisjt de faire les fossés, et. de toutes choses appartenant à la fortification et à la défense de la Tille, soient
supportées par tous on commun ; de sorte que, par considération tenuo là pour lô^'itlino, coux qui pourront moins soiont moins chargés, et dr coux qui pourront plus, il soit plus exigé; do même, si d'autres nécessités surviennent, la charge sera supportée pareillement par tous en commun, pour que la chose, comme il est dit ci-dessus, soit inodérée convenablement selon le pouvoir d*un chacun.
9. Mais toutes les choses qui appartiendront d Notre service, tous (1) les rempliront en commun, comme chacun le pourra supporter; et si quelqu'un fait injure aux pairs de la communauté, a la con-id'''ration desqu» N c»'s ch'xos s^Tont faites, il leur ou fera n'-paration, par l'anicndc qu'il It-ur eoiiviondra.
10. Nous ordonnons aussi, que personne ne garde les vignes des hommes de cette communauté, hors eux>mémes; et si quelqtt*un voulait dire qn*il eût droit de garde qu*il le montre en notre présence.
Nous donc (2), suivant les traces de notre très pieux Père, avons agréable sa concession et la confirmons; nous ordonnons qu'elle soit déposée par écrit et revêtue du sceau de notre autorité et corroborée du signe de notro nom suscrit.
Ponné à Saint-rfermaii!-en-I>ayo, lan do rincarnation du Verbe, mil cent cinquante, de notre règne le Xiiij', étant en notre palais, ceux dont les noms sont sousnommés et soussignés : Signe de Raoul de Vennandois, notre comte, Guy, bout«Uler, Mathieu, camérier et Mathieu, connétable.
(I) Le Recueil des ordonnances dit : Nos. mai§ la copie de Chrestieo, plat correctement : Omnes.
(S) Addition de Louis VU k U clwrto do UIO.
CHROiNIQL'E DE MANTES
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Donné par les mains de Symon, chancelier (1).
Voici ce texie important, copié sur le Reeuetl des OrtUm' nonces:
In nomine, etc. Notum, etc. Qnod pro nimia oppressione pauperum, commune consilio tam militum quam Burgensium, communitatem apud Meduntam, salva fldelitate sua et successonim suorum et salvis omnibus Consuetudinibus, Karissimus ^onitor noster bonnp momoria> Ludovicus statuit, et auctoritate Kegia, sub hac tenore decrevit :
1. Ut omnos qui in eadem pormanebuntCornmunitato, abomni talliaia, injusta captione, creditione et ab omiii irrationabili exactione, cujuscumque sint bomiueti liberi et immunes jure perpetuo pormaneant.
2. Quod si aliquis Militis hospes, illi cujus hospes fuerit in aliquo foritecerit, ab eodciu domino submonitus, in ejus domura infrù Meduutam scilicet, plenaiu et justitiam exequetur; si vero hospes rectitudinem faeere contempserit, Miles quicumque de illius sui hospitis rébus inflrà suam terram saisiet, ita tamen quod nlchil indè ofîérens ibi totum dlmittet, demum preposito Régis et Paribus Communitatis, si Prepositus per se facere non poterit, idem miles ostendatse penuria justitie, sui hospitis res saisisse ; Prepositus vero, adhibiter sibi Paribus Communitatis, si voluerit, ad hoc hospîtem Militis coget ut quia exequi justitiam conlempsit, Militi lego qua vivit emendet ; ot do priori rorilactu qiiicquid jure uxigut t^itiem ad plénum cxcquatur.
3. Preterea minime pretereundura consuimus quod si aliquod qui cuilibetlîujus Communitatis aliquid injuri<' intulerit, illani ignorans injuriam, in castrum conduxcrit si ignorantiam suam sacramento prubare potuerii, illa solo vice liberum et quietum reducere permittatnr; sin autem, statuimus quod ille capiatur.
4. Hoc etiam nostre Majestate Instituto, sanccimus quod quicumque pro mercato ad Castrum yenerit, ita omnino ire et redire quietus permittatur, utnunquam vel in adventu, vel in reditu, ab aliquo disturbetur.
(1) La charte do commune de Mantes a terri de modèle ponr les 12 premiers articles, à celle octroyée par Robert IV, à la ville de Mciilan, en 1189. Celle des Andelys. de 1204, fut aussi copiée sur celle do Mantes. Celle de Chaumont-an-Vezin, de 1192, fut également copiée sur celle de Mantaa ; c'est donc par erreur que le savant éditeur des Olim a dit Juatement le contraire. (V. Ordotmances. T. XII.)
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CHARTE DE COMMUNE
5. Mereatores antem traDMuntes Tel ibidem rémanentes, omnibus diebus quîeti habeantur.
6. Predictis insupor institut ionibus adiciniiis quod si aliquis
qui extrii Castrum manoat, quodlibet Conununitati forifactum fec<Tit, qui submonitus «Miu ndarc contoiupserit, Communitas quocunique modo poterit, de co sibi vindictam accipiat.
7. Proinde, si alter alterum percnsserit, percusaor per Prepositnm Domini Régis et per Pares Communitatis, si Prepositos per se facere non poterit, ad rationem- positos^nt emendet snbmoneatur; et si emendare noluerit, yelit, nolit, emendare cogatnr.
8. Communes neccssitatos, ut do nxcuhiis, do cathoni*:. de fossatis facirndis et de omnibus ad villo munitioncm ot lirmitatom peninontibus, communiter ab j>rocurrt tui\ ita ut competouli consideratione ibi habita, ut qui minus pott rint, j^ro posse 8UO inde minus graventer, etab eis (jui plus poterint, plus exigator; ibidem aliamm si qnidem supenrenientiom necessitatom onus ab omnibus itidem communiter portetur, ita quod res sicut suporius dîctmn est, pro pofse unius cv^^u® convenienter modorotur.
9. Ea vero omnia que ad nostrum servitium pcrtincbunt, Nos (omnos Chr.; cttramunitor prout quisqu(> cnnvenicntor pati pottTit adimplebunt; et si quis Paribus Communitatis quorum consideratione hoc fiet aliquid forifecerit, emendationc que sibi coDYeniet, illud eis emendabit.
10. Precipimus etiam ut vineas hominnmhi^us Commnnitatis nemo prêter ipsoscustodiat; et si quis dicere voluerit quod in carura custodia jushabeat, in nostra presentia illud ostendat.
Nos igitur piissimi Patris nostri vosfigiis inhorontos, conccssionem ipsius gratam habt'mus, et in pnstonnn. Df o annuento confirmamus. Quod no valoat oblivioiio ih lcri, etc. Actum apud Sanctura Gcrmauum m Laya, anuo incaruati Verbi M' C" quiuquagesimo Regni xim* astantibus etc.
Data per manum Symonis cancellarii.
Chrestien a donné un texte de cette charte qui diffère un peu de celui des Ordonnances. Dans son commentaire, il y a i^outé certaines choses qui ne s*y trouvent pas. Ainsi il a tort de dire que « Louis VII établit un maire, premier officier de la commu-
nautt", charge'' do pn''sidor los douze pairs.» L^s maires sont plus anciens quo les chartes do communes, et Louis lo Gros confirmant un ordre de choses établi et qu'il trouvait très bon, ne
125 CHRONIQUE DE MANTES [llldj
fit mémeaacnne mention de ces chefs de la Yille. La coutiime de ce gonTemement local était si bien passée dans les mcsoFs, que le roi se contenta de préciser les droits de police qu'il entendait conférer aux échevins, sans se préoccuper ni de leurs
titres, ni de leur élection.
Pendant que toute fière d'avoir obtenu cette coynmune, si difficile à conquérir pour d'autres villes, Mantes organisait sa municipalité et jouissait de la consécration de ses privilèges, la guerre avait éclaté de nouveau en Normandie. Louis le Gros était avec ses gens aux environs des Andelys, menaçant de soumettre tout le pays ou de le réduire en cendres. Amauiy de Montfort, malgré les efforts de Henri, roi d'Angleterre» s'était emparé d'Erreux etde sa citadelle nouvellement rebâtie et fortiflée. Après en avoir pillé les maisons et les églises et avoir égorgé la garnison anglaise, il avait donné à Philippe et à Fleury, ses neveux, fils de Bertrado et de Philippe I*% le soin de défen^ dre la ville et la forteresse.
Leur résistance acharnée avait forcé Henri à brûler la ville tout entière, pendant qu'Aniaury, avec Guy de Mauvoisiu, seigneur de Buissy et deRosny, et d'autres cheraiiers, tenaient le château de Pacy, parcouraient audacieusement la campagne entre Mantes et Evreux, et encourageaient les assiégés que le roi d'Angleterre bloquait depuis longtemps. La bataille de Brenmule (1), donnée le 20 août 1110, Ait un des épisodes de cette guerre.
Elle est célèbre pour deux motifs : malgré l'ardeur des combattants, il n'y eut que trois chevaliers tués, parce que tous les adversaires, amis ou parents, se ménageaient et se contentaient de se désarmer les uns les autres et de faire des prisonniers. En second lieu, ce serait à Brenmule que Louis le Gros aurait prononcé le. mot fameux: On ne prend pas le roi au.\ échecs. Orderic Vital n'en dit rien et il est probable que c'est là un trait d'esprit historique, comme on en a tant semé partout. Le plus certain, c'est que le soir de la bataille, seul, é^aré et errant au milieu des bois, le roi fût trop heureux de se faire ramener Jusqu'aux portes des Andelys, par un paysan qui ne le connaissait pas, et qui voyant accourir les gardes au-devant d'eux, maudit sa sottise, quand il sut qu'il venait de sauver l'auteur des désasti'es dont souffrait son pays.
(1) Brémule ou BrenneTille.
[1119] GUILLAUME CUTON \ZI
Parmi les compagnons de Louis le Gros, à Broninulo, ivouvait un d*^«^lu''rité. C'était Guillaumo Cliton, fils do Robert de Normandie et iiovou de Henri T' d'Aiiglet( ri e. Le duché de riormandie eût dù lui appartenir, mais Robert, pour aller à la croisade accomplir un vœu, l'avait engagé à ses deux frères, Guillaume le Roux et Henri. Celui-ci, à son avènement, trouvant le gage excellent, avait refusé à son neveu de lui rendre le riche duché de son père. Bien plus, le roi Henri sentant qu'il avaitun nouvel ennemi, avait poursuivi partout son neveu, qui, ne sachant plus qiiel protecteur choisir, s'était mis sous la sauvegarde du roi de France. C'est ainsi qu'il avait combattu à ses côtés à Bren-
mnlo.
Mantes fut soumise pendant quelque temps à son autorité. « Guillaume Cliton étant parvenu a Vh'^r de viii^'t-six ans, et « personne n'ayant pu le secourir o^sez ei'licacement coutre son « oncle, pour lui faire recouvrer son héritage, la reine Adélaïde « (femme de Louis YI) lui donna en mariage sa siBur utérine, « c'est-à-dire la fille du marquis Rainier (comte de Montférrat.) « Mais le roi Louis VI lui donna Pontoise et Chaumont avec « Mantes et tout le Vexin. Cet événement eut lieu au mois de « janvier 1127! et peu après, au coiuinencemeiit du carême, <« (tuillauiue vint à Gisors, avec une armée, réclamer la Nor- « maiidie. Les Normands le respectèrent comme leur seigneur m naturel (i). »
Le comte de Meulan, Oaleran II, qui avait fait jusque là cause commune avec le roi d'Angleterre, tenait en secret pour
le pal ti de Guillaume Cliton. Il résulte clairement du passage d'Orderic Vital que Mantes et le Vexin faisaient partie du domaine royal, et cependant Lévrier persiste, àcette époque raéme, à voir<lans les comtes de Meulan les maîtres de Mantes. Toutes les concessions que lit «lal. ran en 1120, à quelques étjlises de Normandie, alors qu j1 etaii en Angleten'c et i ennemi du roi de France, ne purent regarder que ses possessions aux environs de Mantes (apud Mellentum et MedaniumJ, Nous n'insistons pas sur ce sujet que nous avons longuement traité, mais nous voulons rappeler la contradiction de Thistorien de Meulan, avec la brutalité des faits que nous racontons.
Le jeune Guillaume ne devait pas garder longtemps la ville de Mauteâ. L'intérêt de Louis le Gros était bien de voir la Is'orman-
(l) Ord. Vital.
die dans les mains d*un ennemi du roi d'Angleterre; sa tranquillité était à ce prix. Mais il lui importait aussi de ne pas avoir
trop près de lui et chez lui, un seigneur d'une origine aussi illustre que rTiiillaume. Le rôle de prétendant pouvait troubler son domaine. Louis profita habilement d'une x'-ilition à Brup-s ( 1\ pour en fain* un duc de P'iandre, et lui reprendre, trois mois après les lui avoir données, Mantes et toutes les [)laces du Vexin. Seize mois après, du reste, Guillaume Cliton mourait des suites d'une blessure.
35. Tempêtes et Vents. — En raiinée 113(), les vents lunMit si grands et si impétueux qu'ils al)attireiit tours, châteaux, liiaisoiis et arrachèrent arbres et forêts entières.
Ce fait est tiré de la Chronique de Nangis.
L'auteur des AnJUquitii de Mantes^ ami des phénomènes
météorologiques, en a omis un tout à fait spécial aux petits évéuements dont la ville a été le théâtre. C'est encore à Orderic Vital que nous empruntons ce récit, qu'il place au mois d'août de l'an 1120.
« Dans le même temps, dit-il, une rougeur très vive, pas.sant de Poissy par Mantes, sembla parcourir la Normandie, et pendant trois nuits, ce signe se manifesta dans Tair à beaucoup de français. Ceux qui en furent témoins Tinterpréférent de différentes manières, et assurèrent à ceux qui les écoutaient, que ce qu'ils voulaient aurait lieu selon leur fantaisie. »
Nous abandonnons volontiers la météorologie, sans rien y ajouter. Comme nous ne connaissons plus aucun événement survenu à Mantes .'^ous le règne de Louis le Oros, nous plaçons ici ce que uous avous pu recucillir sur les aucieunes monnaie;» de Mantt s.
Mous avons déjà parlé incidemment d'une monnaie locale importante. Nous avons la preuve de son existence, non seulement dans les monnaies de Philii)p(> I*' et de Louis "VI, mais encore dans un texte d*Orderic Vital, n se trouve dans les listes des monétaires mérovingiens quelques noms de lieu qtt*on a voulu attribuer à Mantes, mais comme quelques-unes de ces attributions ne sont pas suffisamment appuyées, comme d'autres
(1) Pondant laquelle Chariei le Bon ftitégofgé dans uno église. Chulet de
Flandre a été canonisé.
lim] MONNAIE DE MANTES m
loot absolument fausses, noas nous en tiendrons à celles qui
nous spmblont indiscutables.
Une première fois, Orderic Vital s'exprimo ainsi : « Amaun^ (de Belv< (ler) vint à Maiile au jour fixé et remit aux moines sur l'autel (le Sainte-Marie, le don (ju'il avait fait de Fresne (1); il reçut de la bont^' des moines, XX sous de Mantes. » Quelques pages plus loin, a propos d'une composition de son abbaye de Siiai-BrroulavecHngue Payen et ses fils, pour certaines possMHons autour de Mantes et notamment à Villegat (VUlartHMS VmUUusJ, Bréval^^B»<eA^aUum;,RoUeboi8e/!Ro/tecroto;, etc.. Il i^oate encore : « Quant au fils (Guy flis de Hugue Payen)
on lui donna pour sa concession, X sous de Mantes Ses autres
fils. Raoul, Simon et Robert firent tous leurs efforts pour enlever la vicomté aux moines; ce qui enga^rea ceux-ci, pour la posséder « n paix, de donner à Raoul qui était l'ainé, cent dix sous de Mantes, cinq sous à Simon, et à Robert des souliers de cordouan (2) ».
Leblauc (3) avait décrit une pièce d'un certain CASTRUM BDANTE, dont on ignorait la situation. Cette légende, rapprodiée plus tard d'antres monnaies connues, fit comprendre qu'on devait la lire ainsi : CASTRY MEDANTB. On ne connaît plus d'exemplaires de cette monnaie, et il y a lieu de penser que Leblanc ne nous en a pas transmis exactement la légende.
Il existe en outre au Cabinet des Médailles et dans beaucoup do collections particulières, un grand nombre de monnaies d'argent de Louis VI, attribuées autrefois à Mâcon, puis ensuite à Mantes, et dont M. A de Barthélémy a fait, dans le classement du Cabinet des Médailles, des monnaies de Nanteuil-le-Haudooin. Ces monnaies de Louis VI, qui sont bien de Mantes, étaient les plus anciennes qu^on connût, lorsqu'on 1858, la Sevue de NwtUsmaHque publia la découverte suivante due à M. Bigot : « Découverte de Bain (Ille-et-Vilaine), à rabaissement de la Orande Rue. Enfouissement de monnaies diverses au nombre de 800, parmi lesquelles s'est rencontré un denier de Philippe T', itiAdit ot unique, dont voici les légendes : SILYPIS REX; débris àf monogramme odonique, composé de deux annelets et de deuxcroisettes. Revers: M£DANT£Y^Ë... croix pattée. iiillou,
(1) Ecquevilly, c. de Meulan.
{2) V. T. II, pages m et 470.
i3) Traiti Hitêorifue det UMMoie*.
22 grains. Ce dernier, dit M. Bigot, est certainement de Mantes, qui tai réunie à la couronne arec le comté de Vexin en 1081. »
Cette monnaie n'est pas unique. Il en existe une autre semblable au Cabinet des Médailles. Elle a été donnée par M. Ë. Muret, qui l'a trouvée à Mantes même. Nous avons pu nous assurer que M. Bigot avait mal lu la légende qui est celle-ci: SILIPVS REX, et au revers : MEDANTRVN C. pour MEDA.NTVM CASTRVM. Comme sur la pièce de M. Bigot, le droit pttrie doux annelets et deux croisettes, et le revers, une croix pattée, cantonnée de deux annelets.
Les monnaies de Louis VI, du Cabinet des Médailles, au nombre de cinq ou six exemplaires, oiRrent les variétés suivantes :
Sur une première, la légende du droit est rétrograde : XER SVCIVODVL; elle porte au revers : CASTRVM NAT.
Les autres ont au droit : LVDUVICVS REX et au revers : CASTRVN NAT; une .seule porte : CASTRVN NATA.
Les trois pièces que nous possédons portent: CASTRVN NA1\ mais sur l'une d elles 1\S est à l'envers.
Lorsque M. .\. de Barthélémy, malgré Topinion de M. Cartier et de M.M. Rolliu et Feuardent, contesta l'attribution de ces pièces à la ville de Mantes (1), il ne changea pas celle de Philippe l*'.Cela eût été difficile. Miiis en attribuant les pièces de Louis YI à NanteuiMe-Haudouin, il Ta fait avec une hésitation qui nous donne le droit de ne pas être de son avis. La meilleure raison était la différence des légendes dans les monnaies de Philippe I*' et de Louis VI ; en si peu de temps, Mantes n'aurait pas changé son coin. Pourquoi donc dans les seules monnaies de Louis VI trouvons-nous au moins quatre coins dissemblables? Une autre raison était la présence de l'N au lieu de l'M dans N.\T, et enliu la situation de Nanteuil-le-IIaudouin dans un fief des cadets des comtes de Vexin. Nous en demandons bien pardon au savant archéologue, mais nous ne pouvons admettre cette interprétation.
La substitution de 1*N à TM, dans la gravure des coins du m* et du xu* siècle, est un fait trop Aréquent pour en tenir un compte sérieux. Dans la pièce de Philippe I", MEDANTEVN eat mis pour MBDANTBVM. Dans toutes celles de Louis VI, CAS-
(1) Revue de Numitm. 1880. M. ds Barthélémy avoiM, dans ion article,
ne pas avoir connu la citation d*Onlerie Vital, autrement que par un reuaeigaemont de M. Léop. DcUtle.
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