‹ La chronique de MantesChapitre 28 sur 143 · PHILIPPE-AUGUSTE · texte numérisé non relu

PHILIPPE-AUGUSTE

forces réunies ayant été insuffisantoM, lirctons et Mancoaux avaient invoqué l'appui du roi de France. Louis VII au lieu d'agir avec vifîucur se contenta de brûler (jiit l(jnes villages entre Mantes vt Pacy et laissa accabler toute la Drctagiie (11071.

Puis enliii en HOU, pendant les odieux démêlés de Henri 11 et de Thoma:i Becket, les deux rois se rencontrèrent encore une fois entre Mantes et Pacy. L'entreTue n*amena aucuns résultats favorables, carie roi d'Angleterre ne devait pardonner à Tarchevéque de Gantorbéry qu'après sa mort.

Le débile l ouis vil était mort le 18 septembre 1180, laissant la couronne do France à un enfant de quinze ans, à ce fils que Rigord (1) a depuis appelé Philippo-Aiiirust»'. La i>aix régnait depuis quelque temps avec Henri II ; ses tîls avai« nt as.si:.ié au sacre du jeune roi, à Reims. Une amitié très vive semblait établie pour toigours, entre Philippe et les princes anglais.

Aussi ardent que son père avait été indécis, Philippe nourrissait déjà d'ambitieux projets et si la paix fût troublée on ne peut l'attribuer qu'à lui seul. Après avoir soumis son oncle Philippe de Flandre et forcé Hugue III de Bourgogne à reconnaître sa suzeraineté, il n'eut plus devant lui que le roi d'Angleterre et ses fils, maîtres de l'Aquitaine, de la Bretagne, de l AnJou et de la Normandie. C'était, il est vrai, une puissance loi niiilable.

Jusqu'en 1186, Philippe fut grand ami des enfants de Henri II révoltés contre l'autorité paternelle. Henri au Court^Mantel et Oeoflh>i étaient morts; il ne restait plus que Richard alors comte de Poitiers. Philippe réclama le Vexin Normand, que Louis VU avait donné en dot à sa fille Marguerite (3), veuve de Henri au Court-Mantel. Les pourparlers traînèrent jusqu'à l'année suivante, où les hostilités éclatèrent dans le Berr;>\ L'orage se calma cependant.

Tous les regards se tournaient encore une fois rers l'Orient : Les princes de France et d'Angleterre, réunis entre Gisors et Trie sous YOrme des Conférences, oA tant de fois déjà les destinées du Vexin s'étaient décidées, avaient pris la croix avec un enthousiasme qui ne devait produire aucun résultat Richard, le plus ardent promoteur de la croisade, au lieu de partir, avait attaqué les places du comte de Toulouse ; Raymond porta plainte au roi Philippe. Ce débat devait amener dans les plaines de

(l) Rigord était médccii) de Philti>pe-.\iigu.sto et moine de Saint-Denis. {2, fille devint plua tard reioc de Hongrie.

Mantes, un fait d'armes qui a fourni à Guillaume le Breton, une des pages les plus mouyementées de sa PhtUppUle.

§ 43. Combat près Mante. — En Tannée 1180(1), il y eut combat près Mante, entre Philippe-Auguste roi de France et Henri deux, duc de Normandie.

L*ambitieux Philippe avait avidement saisi cette occasion de rupture. Bien qu'il eut enlevé le Berry et l'Auvergne aux hommes du roi d'Angleterre, Henri II qui voulait finir sa vie en paix avec son suzerain, lui fit demander une entrevue : Gisors et ronne des Conférences furent encore une fois choisis. On sait ce qu'il advint.

Henri 11 et ses chevaliers étaient arrivés les premiers, et quoiqu'on fut au mois d'octobre, la journée était belle et chaude. Les négociations duraient depuis trois Jours ; les anglais se prélassaient à l'ombre de Terme séculaire : « Lors donc que j*aurai perdu cet arbre, avait dit Henri, je consens à perdre cette terre. » Philippe et ses gens, exposés au soleil dans la plaine, ruisselaient de sueur sous le poids de leurs armures. Bientôt ils crurent s'apercevoir que les anglais riaient et se moquaient d'eux. Emporti's par la colère autant que par l'ennui des négociations, ils coururent aux armes, fondirent sur les anglo-normands et les forcèrent à reculer et à rentrer dans Gisors. Philippe et 1rs siens tournèrent leur fureur contre le vieil arbre. L'orme ne put être préservé par sa ceinture de fer et de bronze ; il tomba sous la hâche des hommes d*annes du roi de France.

Avant de reproduire le récit de Guillaume le Breton, consacrons quelques lignes à un historien qui a chanté la ville de Mantes, qui nous a laissé sur elle de précieux renseignements, et qu'on pourrait sans forfanterie considérer comme un écrivain Mantais.

Guillaume le Breton, (Brilo ou Armortciis) était né en Bretagne vers 1165. Il vint à Mantes (2) à l'âge de douze ans en

(1) lits : HmiiI était alort roi d'Angleterre.

(8) Bt non à Nantes, comme a dit M. Ouizot. « Ce fût lui aussi (Philippe- Auguste) qui ordonna de bâtir notre ancien collège qui a été détruit de nos jours. C'était un beau et grand bâtiment avec une cour et un préau situé dans larue qui porte ce nom. Ce collège subsistait encore dansmagrande Jeunesse avec trois classes et trois régents, potir le latin. Et il me souvient qu'après nos heures de classe, nous montions de cette maison sur les murs de la ville par dessus une arcade qui avait autrefois sttvi de elMore au fort, dans la rue de la Piperie. • Chrestiea.

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