‹ La chronique de MantesChapitre 32 sur 143 · LES MAU VOISINS · texte numérisé non relu

LES MAU VOISINS

tion donnAit aa maire la connaissance des délits sur le territoire, comprenant Véthenil, Ouemes, Saint-Martin-la^renne,

le Coudray, Fontenay-Saint-Père, avec les droits sur Limay, Manies-la^ViUe, et sur deax hommes (hôtes) d'Aoffrevilie.

Nous terminerons par quelqu<'.s mots sur ces seigneurs «le Rosny. La f.iinillo d(î MîiuYoisin t'iait une branche cU' la famille df Garlande. Saint Gaucher qui naquit vers l'un iiHiu < lait de cette famille. Un Mauvoisia est l'ua des héros de la lia de la Geste de Oarin le Loherin.

L'on d*enz a acquis une célébrité au commencement du xm* siècle. Robert de llauvoisin était un ami du terrible Simon de Montfort et de pareille humeur. Pendant la croisade contre les Albigeois, il avait été chargé de porter une lettre au pape Innocent III, qui l'appelle « son cher, fidèle et noble homme Robert. Dilectumel Ihlelem meunK uohileni Rohei tum. »

La Chamon de la Croisade dit ailleurs i'JlOi : <« Le conite de Montfort est entré au palais, et avec lui la couitesseet le reste des barons. Ils s^aasirent sur un tapis de soie ; Robert de MauToisin qu*oa j a mandé et Gui le Maréchal, furent côte à côte (l). » Robert était trouvère à ses heures. C'était un des précurseurs de Thibaud de Champagne. De deux chansons qu'on lui attribue, une seule est de lui, et ne rappelle en rien l'implacable compagnon de Simon de Montfort. £Ue commence par ce vers :

An tens d'enté que voi vergier florir.

C'est le seul cité dans l'Histoire liitéraire de la France

De 1218 à 1222, Philippe-Auguste siy^na seulement trois actes a Mantes ; d'où nous pouvons conclure qu'il n'y lit jdus de longs >éjt)urs. C'était là qu'il devait mourir. Malade depuis l'année 1222, miné par une fièvre lente, il passait tout son temps au Lou\Te ou à son château de Pacy-sur-Eure. C'était là qu'il était au mois de Juillet 1223, non pas à se divertir comme dit Mézeray, mais y attendant la réparation de ses forces épuisées.

U Toulut, malgré Tavis de ses médecins, rentrer à Paris où se réunissait, sous la direction du légat Conrad, évêque d'Ostie, an concile qui devait s'occuper des nouvelles agitations des Albigeois.

(1) V. aussi Piorre de Vaux Ccrnay. chap. XIX. (t) T. XXIII, et ma. de Caiigé ûj,(k),ô7.

Le Ménestrel de Reims dit qu*îl tenait alors « un parlement à Kaiente, environ la Magdeleine ; et y ayait beaucoup de grands

seigneurs, et y avait tant évôqiies que archevêques, quarantehuit. Xntro chronique, clle-raémc, est dans l'erreur, quant à la fnnd.itiuii (i( Saint-Julien, quant à son séjour, aux circonstances de sa mort, etc.

§ 51 Mort de Philippe-Auguste à Mante et fondation

du Prieuré de Sain-Julien. — En l annéo 1222, le roi Pliilippe-Au'iustc fonda et dota le prieuré de Saint-Julienla-Croix-le-Uoi-lès-Mante (1). Lequel roi étant à Mante, y décéda le M juillet 1223, apr«'^.s avoir été lon}:^temps malade d'une lièvre ({uartc. Son corps fut enterré à Saint-Denis, son ciJMir et ses entrailles à Notre-Dame de Mante. La([uelle mort fut au grand re^-^rct des habitants de ladite ville et de tous ses sujrts. Kt les habitants de ladite ville tiennent par trailition, qu'il décéda en une maison de la Grande-Rue où était, il n'y a pas louLîtemps, l'enseigne de la Belle-InHigr. Et le cfpur dudit roi a été trouvé, avec ^ses intestins, au pied du grand autel Notre-Dame, dans un petit caveau fait à dessein, le samedi 7 avril 1C29.

[Le prieuré de Saint-Julien fut détruit lors des grandes guerres qui sont arrivées depuis : et à cause des grosses eaux dont il était inondé, on a bâti, depuis environ un siècle, cette petite chapelle qui est à présent auprès de la Bore des Cordelière, laquelle est desservie par un prieur du même ordre de Prémontré, qui en perçoit le revenu, lequel monte encore à 7 ou 800 liv. par chaque année.] Chr.

Nous ne pouvons mieux faire, pour établir la vérité, que de citer encore Ouillaume le Breton. « Le roi partait pour Paris, malgré Taris de ses médecins, .et sortant de Pacy, il se rendait en hàto au Concile, désirant mettre en tétu de tous ses mérites, celui d'avoir, au moment de sa mort, relevé l'église et la foi. et de leur rendre b ur vigueur catholique.... Animé d'un dessein somblable, le roi était arrivé à Mantes. Là, aprrs la c*''l'''bration des saints mystères, après que l'eucharistie lui eut présenté la

(1) Chévromont dit simplement, SaintrJuUen.

MORT DE PHILlFI'E-AHîLSTE

pâtnre de vie, le dernier Jour, terme de sa vie bienheureuse, se présenta à lui ; Dieu ayant voulu le délivrer, en ce lieu, par une belle mort. • t rr^ccvoir en son sein son ftme sainte, au moment où lo jour de lendemain allait amener les ides du cinquième

mois.

« hc^ cris s'élf'vèrent aussitôt ; tout n triitit de lamentations ; les gositTs s'épuisent à force de sanglots, toutes les poitrines sont inondées de larmes. Il n'est personne qui puisse soulager sa propre douleur ou celle des autres : les paroles mêmes ne peuvent les adoucir, car Texcès de l'angoisse contraint la langue à demeurer immobile dans le palais. On n*entend qu'un cri de deuil dans toute la ville de Mantes (1); il n'est pas une maison, pas une place, pas un coin de rue qui ne soient assourdis par les p/'uiissements et tout tremp»''s de larmes. La ni«*'me cause produit tout ce deuil, la douleur de tous est la même, et cependant ces tourments se maiiit'esteut sous mille formes diverses (2). »

Le continuateur de CNiillaume le Breton (3) dit positivement que le roi « mourut dans un Château appelé Mantes, » ce qui est du reste absolument conforme aux habitudes féodales, et

nous devons sacrifier, sans piti<'s cette tradition qui fait mourir Philippe-Auguste dans la maison n* 29, de la rue Thiers actuelle, maison qui n a jamais été qu'une habitation parti*

culièrf.

« Le troisième jour, dit encore Ilaoul de f^'oj:j:( shale. cnminc il allait à Paris, se sentant malade, il s arrëtix au chàu au de Mantes, aa Maniuam CasleUum tUveriU, et après avoir fait généreusement son testament, il s'endormit dans le seigneur. » Il est donc absolument certain qu'il mourut au chftteau de Mantes.

« Le corps, dit le Ménestrel de lic/ms', l ut «Miseveli et arrangé ainsi qu'il appartient au corps de si haut mi. et fut porté par hauts hommes et chevaliers, à Saint-I)enis en Fnmco ; < t à chaque reposée, faisait-on une croix (4) où son ima^-^e ««si figurée. » Guillaume le Breton est encore plus précis :

(I) HO $tmat in Iota nisi vox funesta hiedcnlA.

(?) PhiUppiflr. Vh. XII.

(3) Vie de PhilipiiC-Augusle. La itn de cet ouvrage n'est pas de Guillaume le Bntoii.

(4) Il oxistait i>Insieiirs <lc ces croix auprès de M*n^^f e| ||^ ville était obligée de les entreteair. V. Intenl. de 1543,

« Lorsqu'ils lurent sortis (de Mantes), par la porte que Ton appelle Porte de Paris, à une portée d*arbalète (1), les porteurs s'airrétèrent et on désigna ce lien pour qu'une croix y fat plantée. Pois on construisit, en fort peu de temps, une église dans laquelle on pensa honorer le lieu de repos de Philippe. » Telle est rorigine du prieuré de Saint-Julien-4a-Croix-le-Roi , comme on l'appelait anciennement.

Quant au co'ur et aux entrailles, aucun écrivain n'a parlé de cette distraclion de l;i (If'pouilie du Philipj)e-Auj;usti'. Il existe cependant sous lt> ch(eur de Notre-Dame, un petit caveau contenant une boilf carrée, surmonté^' d'une petite moulure, ayant contenu des entrailles et un cœur, mais ces restes sont dil'Iiciles à déterminer. M. I>urand les aretrouTés il y a quelques années ; rien n^aatorise à y voir des restes de Philippe-Auguste. Le petit caveau est en plâtre, ce qui n'indique pas qu*il soit biea ancien ; la boite de plomb est d'un travail relativement moderne. Il est probable qu'on aura trouvé ces objets anciennement, et qu'on aura changé les récipients sans dresser aucun procès* verbal, ni sans tenir compte des inscriptions. De sorte que les restes appartiennent peut-être bien à un abbé ou à un personnage historique, mais dont le nom e.-^t aujourd'hui ignoré.

Les dotations de Saint-Julien sont encore, suivant nous, une autre erreur. Le testament de Philippe-Auguste, daté do 1222, est un document connu ; il n'a rien laissé à Mantes. L'article 10 est ainsi conçu : « Nous donnons et léguons à Tabbaye de Saint- Denis où nous voulons être enseveli, tous nos joyaux, etc. »

Cela répond i la question du cœur et des entrailles, en même temps qa*à celle des dons faits à la ville.

Nous n'avons pas à juger l'homme considérable qui venait de mourir à Mantes, ^'ot re rôle se borne à constater que la ville lui dût beaucoup et que toute dévouée à son service, c'est sans aucun doute à l'influence de ce roi, qui fonda une France forte, puissautf! et étendue, ([u'elle dût raffranchissement, aussi complet que le comportait cette époque, de toutes les servitudes que lui avait imposées la féodalité. C'est à Philippe-Auguste que Mantes dût de compter parmi les communes les plus privilégiées du moyen-^e.

(1) Atiàs : « d'niw arbalète lançant troia foia sea traita. *

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