‹ La chronique de MantesChapitre 4 sur 143 · DE M A . N T F · texte numérisé non relu

DE M A . N T F

ContennnI l'/i Yrrcvif du r/ot/rfrnemriif des Celles Cliarlrains, cl un aOrèf/è chronologique de l'Histoire de France^ nécessaire pour

tintelHgence de ces AnliqultéSt par monsieur Chreshen, ancien conseiller, écbevin et assesseur (3) de la même ville et officiel* de la Reyne.

Année 1730.

(1) M. Ooquoret, d« Limay, possède une copie «embUibIc an me d'Aubô, et aiiMi écrite de sa main.

{2) En im.

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A la première page se trouve une longue dédicace :

A mon-selffnevr Chrhtfan, Louis de Monhnorency'Lwcemhou/'ff, prince tU^ Tingrtj, mcrquls; de Brt'rnl, (fourerncur des rillr et c/uiteau de Manie, gè'and bailty dudit Mante et

Mci'lan, de.

Tfl que nous lo rai)p<)rtons. co titro n*^ nous fait connaître que lo nom d Klienne Chrestieiiconnni' auteur de ces mémoires; mais on sait que Desbois, receveur des tailles à Mantes, y a collaboré. Une note des papiers de Lévrier, prétend même que Desbois en était le principal auteur. Au reste nous n'avons point à nous occuper de savoir lequel des deux a le plus travaillé à ce volumineux ouvrage ; il nous suffit de le faim connaître sous le couvert do Chrostien qui en aas^^tim*^ la paternité.

Nous nous sonimos servis du manuscrit do Chrestion, comme «lo tous les ouvrages où nous avons rencontré quelques renseignements utiles. Nous devons déclarer toutefois, que nous Tavons toujours fait avec une grande circonspection. Le principal reproche que nous adressons à Chrestien, et qui nous lo rend suspect, c*eat de 8*étro départi de la naïveté des modèles qu*il a incontestablement copiés sans avoir le courage d'en convenir, pour y substituer beaucoup d'emphase et de prétentions lie plus d'un genre. Il professe mf^nie pour eux un sentiment de dédain profond, qui nous vaut, heuieuscment, un précieux renseignement: «Je me doinicrai bien de garde a la suite de « ma présente compilation, de suivre aveuglement ces mémoires <« (i) qui me semblent tous avoir été écrits par des personnes « non lettrées et sans connaissance de Thistoire, et dont lespltts « tmcieru ne paraissent pas avoir été faits, ni écrUs, ni copiés « awsifU deux i^nUs am. » Malgré ce beau dédain pour le savoir des autres, nous reprocherons surtout à Chresticn une érudition touffue, trop sûre d'elle-même et qu'à l'examen, rien absolument ne vient justifier.

Ce manuscrit do Chrestien, comme il le déclare en commençant, avait été préparé pour l'impression. Nous ignorons par suite de quels événements il est resté inédit. Pour le rendre intéressant, plus intelligible comme il dit, mais peut-être bien plutôt pour imiter quelques-uns des historiens du xvr siècle, qui semblent lui avoir servi de modèles et dans lesquels do

(1) Chresti«a dit toujours : « Nos anciens mémoiros » et n'a Jamais cite un Mul nom.

largos emprunts ont été faits, Chrcsticn a pris les choses d'un pou loin : Au commencement du monde, tout modestement ! Sous prùtexto d ôclairer ses concitoyens non-leilrès , peu versés, dit-il, dans la connaissance des choses do l'histoire, il di'-roule avec un sang-froid très convaincu, toute une suite ininterrompue de rois ou do chefs des Celtes et des Gaulois qui ont commando dans le pays Mantois ou Chartrain, lôOO ans avant 1 ère chrôtionne I 11 était bien ptrsuadô que le berger ràris avait fondé la capitale de la France, et pour beaucoup d'autres faits tout aussi fabuleux, il avait une foi aussi robuste. Kniin pour ne laisser aucun vide dans son livre, il a comblé l'énornie lacune qui vado l'invasion ronuiine jusqu'au comnionconiont du xT siècle, par un précis histori(jue, où plus d'une fois, il a fait jouorun beau rôle à sa ville natale. Confossons que malgré toutes nos recherches nous n'avons pu en faire autant.

D'ailleurs, Chrestion s'acquitte assez bien do toute cotte partie de sa tiicho ; il n'y manque que l'a-propos. Malheureusement le bon et le mauvais s'y trouvont pélo-Hiélo; c'est au loctour à faire son choix. Les fables les plus hasardées ne lui font pas pour. La four de (îanno, selon lui, a été bâtie par le traîtro (îannolon, neveu de Charlomagno, bien que ces tours do Ganne existent un peu partout : à Montléry, à Provins, à la Fommoraye en Normandie, etc. 11 faut pourtant lui rendre cotte justice, qu'il tance fort vertement les J/i.sfoirrs de l'Archevêque Turpin, de Iluon do Bonloaux, do Roland le Furieux, de la Belle Maguolonno, etc. Ces histoires que nous appelons aujourd hui fort irrévérencieusement des romans d<» chovalorio, lui ont embrouillé à plaisiitoute l'histoire de Charlemagno ! Voilà bien cortainoment un<* érudition un pou roh'ichée, et l'on comprendra sans peino notre appréciation un peu sévère.

Qu'on n'aille pas croire cependant que les mémoires de Chrestien soient sans aucun intérêt pour l'Histoire de Mantes. Nous aurons au contraire très souvent à les citer, officier municipal à Mantes, à une époque où le chartricr de la ville était complet et fidèlement conservé. Chrestion a pu compulser des ' pièces originales nombreuses aujourd'hui ix nlues, ou tout au moins fort dispersées. Il en a transcrit de nombreuses copies, qui semblent exactes, et à défaut de copies, il en donne de très bonnes analyses parfaitemont suffisantes. Il nous a laissé do plus, une pointure (idélc drl'état politique et administratif de la

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vilk> à la ftii du dix-septi£.'me siècle, qui ne laisse pas que de nous

iutéri'S-ser.

Quant aux considérations générales, aux dcveloppcincnts historiques dont Chrestien a sarchargé son livre, ils ajoutent peo de chose à Tensemble de Tœuvre. On peut dire sans exagération, qu'il n*a pas trouvé un seul lait important à Joindra à ceux que lui-même a copiés dans les Anliquilcs. Ce n'est pas qu'au fond, Chrestion manquât d'une bonno instruction pour son tonips II ost visiblo au contrairo, qu"il a puisi' à pleines mains dans Mezerai, dans le l'ère Daniel, dans \ ély ou jnènie dans Papiri' Masson et les autres liistorieus du xvr siècle. Nous lie sommes même pas éloignés de croire qu'il a mis à contribution, pour tout ce qui concerne l'histoire de la Normandie au moyen âge, les recueils excellents d*André Duchcsne ou de Gabriel Dumoulin. Pour mieux faire, il lui eut fallu peut-être un peu plus d'esprit de critique et surtout moins d'amour du clocher.

Kn somme, malgré l'importance matérielle des Mémoires do Chrestien. nous n'.y avons pas lait une moisson aussi ample (juc nous l'aurions désiré: quelques copies de chartes, la descripliou de monuments qui n'existent plus, des considérations sur la vente des charges de judicature à la fin du règne do Louis XIV, sont ce que nous y avons pris de meilleur. Nous avons eu soin d'en tirer parti.

Nous n'ajouterons qu*un mot : Chrestien, enfant de Mantes et honoré do charges très considérées de son temps, a denné son nom à une ruelle de la ville, assez peu digne de l'homme qu'elle rappel lo.

Is'os recherches dans les Mémoires de Chrestien, ont été faites sur Texcellente copie de la bibliothèque municipale, inscrite sous le n* 86. Elle est dûe encore aux soins de M. L'Evesque, qui l'a fait faire, sur l'original de la Bibliothèque de l'Arsenal.

Bien qu'inédit, l'ouvrage de Chrestien et Desbois fut connu dê» le siècle dernier. Il eut même les honneurs d'un long commentaire et d'une critique acerbe, l ue copie en fut faite enell'et, t't se trouve a la Bibliothèque Nationale, dans la collection considérable concernant le Vexin, désignée sous le nom de : fonds Lecrier. De cette copie, nous nous occuperons peu, mais iioua devons nous arrêter un instant pcipr parler de son auteur.

Pour faire connaître Lévrier d'un seul trait, à notre point de vue tout spécial, nous ne pouvons mieux y parvenir qu'en citant

CHROMQLK DK MANTES

textuellement le titre d'un de ses ouvrages, auquel nous aurons plus tard divers éclaircissements à ompruntor. Voici co titre : Analyse d'mi mémoire contenant l'r.rpUcation (Cun tomhcdv (pli f^o Irotn'o dam l'église ci-devant collégiale de S.-D. de Mantc-sii,-'Srine : par M. Lei'rier, jifge à la cour d\lppfl dWièiiem ; correspondant de l'insfilut Xational ; membre résidant de V Académie des Sciences y ArLs, Belles-Lettres, Agriculture et Commerce Amiens ; de la Société d'Emutor Uon d'Abbevtlle ; ci-devant Président et LiEOTENANT-GéNéiuL

DU BaILUAOB royal, ancien SléOB CAPrrAL, DES VILLE, FORT,

CHATELLENIE ET mMTK deMeulan ; corrr^poudant de l'Ancienne Académie roijnle des Inscriptions et Me II es -Lettres de France, et de fcUe des Sciences, Arts et Belles-Lettres d'C)rh'nns.

Av(.'C un titre semblable nous savons tout, co ([u il uous importe de Lévrier ; un savant de mérite, un savant un peu vain de son savoir et de ses titres; de plus inspirateur des articles sur les seigneurs du Yexin et les comtes de Meulan, dans VArt de vérifier les datest et auteur d*une collection de manuscrits rjr le Vexin, formant plus de vingt volumes in-folio, dont huit de preuves. Le président Lévrier était donc un homme d'une grande valeur et Millin en parle avec élop-e. Ce qui le caractérise, pour nous, (;'ost son amour pour sa vilW' do Moulan qui n*a d'égal que son antipathie pour Mantes. Remarquez bien en etTot cette partie de ses titres : Ci-devant Président et Lieutenant général du BaiUage Royal, ancien siioB capital des ville,

FORT, CHATELLENIE ET COMTE DE MEULAN. Tout OSt là. II y avait

des siècles que le comté de Ifeulan n'existait plus; des siècles

que Meulan relevait du Présidial de Mantes; des siècles surtout que le prestige de Meulan avait disparu, mais qu'importait. Le Président Lévrier ne voit que Meulan : Meulan l'ancien municipe gallo-romain, l'antique Locoiii's, Tancion ehàteau-fort pris et brûlé par les Normands au ix" siècle; le chef-lieu d'un comtô considérable, la terre patrimoniale d'une famille féodale puissante, mais presque éteinte à la fin du xm* siècle. Mantes à côté, n*est rien pour lui : ce n*est qu'un certain petit château^ un vicus du Yexin. Aussi faut-il voir avec quel mépris profond il parle de « qtrelqt'cs i iémoires mode/mes du pays, » qu'il n*a pas cependant craint de copier et iKannoter; do « la manière puérile mais troj) C(unmune de se parer d'une haute antiquité. » Avec quclb; acrimonii; Lévrier relève la moindre erreur de Chrtsticn I Mais où sa l'ureur éclate, c'est quand il rencontre

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«ne fxprpssion comme celle-ci : Comt»'' de Maiit< >, du bioii conit»^ de Mantfs et Mculan, ou bien encore, le Mantois au lieu de Pincerais, etc. Le brave savant alors ne se possède plus : il n'y a pas de comté de Mantes, pas plus qu'il n'y a de pays Mantois. On croirait, à le lire, que cette ancienne rivalité de Mantes et Meulan, qui n'est plus qu*un mauvais souvenir depuis longtemps oublié, s'est incnrn<''e dans la personne do l'ancien Président et Lieutenant ^rénéral du naillajre royal d«' Meulan. Souvent même, son aniinosito lui fait perdre la notion du juste, et il reproche à raut<»ur numtais, dos erreurs dans lesquelles ( hrestien n'est pas tombé et qu'il a refusé d'ailmettro.

Malgré ce travers, nous I avons dit, Lévrier était érudit et chercheur et son grand amour pour sa ville de Meulan, dont il a laissé une histoire manuscrite fort considérable, lui avait fait recueillir une foule de documents, dont la plupart sont précieux pour lliiatoire de Mantes. M. K. Kéaux a tiré grand parti de ces recueils, pour son Histoire de Meulan, que nous aurons à citer plus d'uno fois. Or, la copie des Mciûoii'es de Chrestien, enrichi<' qu'rllc est de notrs noinhrfusfs et d'éclaircisscmeuts minutieux, reml re.xemplairc de Lévrier excellent à consulter. Nons n^avons pas en ce manuscrit entre les mains, mais le n* 86 de la Bibliothèque de Mantes est complété par toutes les annotations dont Lévrier avait couvert le sien. Ces notes ont été ajoutées par M. L'Evesque lui-même et consistent surtout dans des rectifications de dates, des indications de sources, des copies de pièces ori^'inales, et parfois aussi dans dfs sorties furihr)ndf"' contre certaines prétentions des historiens mantais. Nous «^ignah'rons les plus importantes de ces notes, à mesure qu'cdles se présenteront dans la suite de l'ouvrage.

Telles sont les sources principales où nous avons puisé pour établir la partie fondamentale de notre Chronique de Manies. Ce sont ces ouvrages divers, ayant entre eux les plus grandes affinités, que nous avons fondus en un seul tout et que nous nous proposons d'éditer. Il nous reste un aveu à faire. Nous venons de noii-^ montrer sévères pour un île nos devanciers. Non-< avons légèrement souri de la prétention de Chrestien, de vouloir combler toutes les lacunes qu il avait trouvées dans les Antiquités qu'il a copiées. Voilà que nous au.ssi, nous nous sentons pris de la même ambition. Nous nous laissons allor à cette pente facile, et nous ne dilférons du vieil échevin mantai» qu*en ce que non» demandons un peu d*indulgence à nos conci-

toyens pour notre aiuîaco. Nous n'arons pu nous en défendre. A la prcMiArc Ircturt' de c<'(Ih (iiroiiique, nous avons trouvé, d'une part, tant «le boiuK-s choses à faire connailro, et do l'autre, un si ^nvind nombre do faits à y ajouter. <jue nous n'avons pu y résister jSotre excuse, si nos bonnes intentions et notre bonne volonté nous en m<^ritent une, sera dans l'cui^agement que nous prenons et auquel nous resterons fidèles, de ne pas avancer une seule allégation sans Tappuyer de preuves irréfutables, ou sans citer les auteurs auxquels nous l'aurons empruntée. Quand ces preuves nous manqueront et si nous sommes fcrcés d*avancf>r quchiues conjectures, nous avouerons loyalement nos dotites ou notre i;znorance.

Pour remplir cette partie toute itersonnelle de notre tâche, nous avons sous la main des documents nombreux et de toutes sortes, où le nom de Mantes- se retrouve à chaque page. Nous n*entcndons pas seulement la CoUeclion des documents de rilistoire de France, ni les savantes éditions de la Société de r Histoire de France. Nous avons plus que cela. Nous avons eu la bonne fortune d'explorer une autre mine d'un intérêt plus immédiat : nous voulons parler de-; .Vrchives de riIôtel-de-Ville. Nous avons trouvé hi une série de re;:istres, incoujitlète à la vérité, mais encore ass"Z considérable, et «loni quelques partit.'s remontent à la lin du xiV siècle. Nous avons découvert de plus, une multitude de liasses, inconnues jusqu'ici, pleines de faits où les conjectures n'ont plus rien à voir. L'histoire positive de la ville 8*y trouve écrite Jour par Jour, à partir du xrv* siècle et nous avons été grandement récompenses, d'avoir arraché ces liasses abandonnées dans les greniers de riiùtel-dc-Vilie, au sort malencontreux qui les attendait.

Nous avons ainsi à notre disposition, toute une suite <le délibérations de l'ancien échevinage, de plaids du maire, do lettres, lie comptes de recettes et de dépenses, dont l'emploi judicieux ne saurait manquer, nous l'espérons, de Jeter un jour tout nouveau sur l'histoire de notre ville.

Quant aux chartes originales, si nous en avons retrouvé quelques-unes, la plus grande partie nous manque; mais nous comptons y suppléer dans une large mesure. Il existe dans ces archives de la ville, à peu près inexplorées ou du moins peu connues, un re^i>lre inestimable que nous aurons à citer fréquemment, à titre de preuves, depuis le xu" siècle jusqu'au milieu du xvr. C'est un inventaire de pièces, une sorte de cata-

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loguo analytique du chartrier de Mantes, tel qa*il était composé on 15i3. Ce rc-^îstrc ost un petit in-4', recouvert en parchemin, d'une bollo «'criturc très lisible, bien que pleine d'2Û>réviations

et «le fiigles. 11 a p«tur titre :

Mémoire d' iurcntairc fuivt par RoUantl Lnhbr n'(uj(irrcs grelfier do flloslrl de céam, dea lettres ajjpartenam à ta L'ilte, c/i Cannée Ij43.

Dixuis tout «lo suito, quo cetto dato doit être celle ou Rolland Labbô cominença sou inventaire; on y trouve tu etlct des pièces de 1544 et 1545.

Hautes était alors plus riche en diplomatistes qu aujourd'hui. Forcée de soutenir envers et contre tous, les droits et privilèges nombreux dont elle était investie depuis plusieurs siècles; élevant parfais même des prétentions assez aventurées à des priv ilègos imaginaires ou exorbitants, la municipalité, le corps de ville conservait avec un soin extrême, tout ce qn\ pouvait appuj'er ses droits ou sos prétentions. L<» ni()indr<> procès «levant la Cour du Parlement nèc'(\-sit:ut des reçhciches nombreuses et de volumineux di^ssiers. Aus-^i le chartrier était-il conlié à un des échevins et enrermc sous une solide serrure. Nous avons pu retrouver, nous le répétons, seulement quelquesunes de ces Chartres et Tune d'elles est de Tannée 1210.

Rolland Labbé était un diplomatisted*une certaine valeur; il a fort bien analysé ses Chartres et nous en a conservé la teneur essentielle. Il les a décrites avec soin et il ne manque Jamais de donner les si<:nes caracti^ristiques des pièces qu'il a catalo-

;.'uées. Il note si elles sont en papier ou en parchemin; quand ell' s sont écrites en latin, datées ou non datées ; s'il y a un sceau, il h' décrit, dit la couleur de la cire et de quelle lac.'on il ost lixé à la pièce, etc. De plus, comme beaucoup de ces chartes émanées le plus souvent des rois de France, .se retrouvent ailleurs dans d*autres grands recueils imprimés, nous avons eu ainsi, pour quelques pièces, un moyen facile et sûr de contrôler la valeur de Tœuvro de notro greffier. Nous no Tavons jamais trouvé en défaut. Toutes ccs circonstances fitnt de Tinventairo de Rolland I.abbé, un document précieux ( t dans lequel on peut avoir condance. ])n reste, les chartes dont il est tpu stion ilans notre chronique, se trouvent dans cet inventaire, av( c beaucoup d autres qui ont étO omises et que nous rétablirons à leur place.

Nous avions aussi à consalter les archives de Téglise de Mantes. Elles étaient auti t fois très coasidi rablcs, mais un jçrand nombre do pièces ont disparu ou sont détruites. L*opi< îiion coiiimuiif, que nous avons triiuvôc forinulrc dans dos iiifonnations do procédun-s du xvir sirch'. ot (juc ct s archivas ont ('.tù enlevées par les anglais, au xv* siècle, et sont en Angleterre. Dans le peu qui reste, oft la tradition a une très grande part, nous n*esp6rons guère faire d'importantes découvertes. Nous y avons cependant copié des chartes de fondation, que nous citerons en leur temps.

Nous venons de faire connaître les manuscrits dont la collation doit servir à constituer notre chronique. Notre idée prenii»Te est de suivre fidèlmient le manuscrit d'Aubé, qui nous a scinbl!'- le ni<ilb'ur. Nous y ferons rentrera leur ranyr. les para}.'ia|th('> et les variantes contenus dans (piclques-unes des copies que nous avons eues entre les mains. Comaie dans tous ces manuscrits, l'épopée de Mantes est relatée chronoIo> giquement, nous donnons à ce livre le titre de Chrontqite de MarUes; celui ù'AntiquUéSf en effet, nous ayant toujours paru peu Justifié. Nous intercalerons aux meilleures ])lacos, les éclaircissements et les faits que nous avons pu réunir, en nous conformant autant ({Ue possible à la succession des temps. Mais pour ri;ndre taii-ible la partiv* ancienne et la distin;rut r de ce <jui est notre o'uvre propre, nous ferons imprimer chacune do ces parties i n caractères dirtèrenls.

Cette forme enlèvera au livre peut-être un peu d aigrément et en rendra sans doute la lecture plus sèche; toutefois il y {gagnera en clarté et les recherches y seront plus faciles. Enfin, en agissant ainsi, et c*est pour nous le motif déterminant, nous pensons mieux respecter Tœuvre de nos vieux annalistes roantais.

Voici par quelles abréviations nous distinguerons chaque manuscrit, dans les indications de sources. Dans la partie ancienne, nous rappelons que tout appartient au manuscrit de Jean Aubè, à moins d'indication contraire.

Chev. désigne le manuscrit de Chovremont et la l" partie.

indi(|iie le> additions.

AuB. indique k' nianuscrlt que nous transcrivons scrupuleusement.

G. est la copie des Anliquilc.s de M. FraïK^ois-CUiériu.

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2* G. la copie du ms. CheTremont, appartenant à M. Fran-

CiiK. iinliquc les Mcinoit'cs de Et. Clirestii'ii. Akch. los Arcliiv( •^j de Mantes.

Inv. de 1543, le registre d'inventaire de Rolland Labbé.

Il est dilTicilo d'indiquer, d«''s le début d'un ouvrajro aussi considérable (juc celui que nous entreprenons, tous les développein< nt-; <iue nous espérons lui donner. Nous essaierons pourtant d en marquer les principales divisions.

Dans une sorte d'introduction, nous nous proposons de rechercher si Téritablcincnt Mantes est une ville relativement moderne Gt si son existence, pour n'être signalée dans aucun historien, ne remonte pas, comme on Ta écrit, au-delà du xr siècle. Dans cet aperçu, nous embrasserons touto.la période ;^allo-i'oniaine, inérovinj:ienne et carlovinj^'ienno, jusriu'à l'année lOCWj, c'est-àdire jusqu'à la i»reniièr(' apparition importante du nom de Mantes dans un texte aullienti(iue. Nous irons dioit au but. en évitant avec soin de nous éy^arer dans des conjectures hasardées, ou de nous lancer dans des digressions historiques inutiles. A la suite de ce résumé rapide, nous placerons les premiers paragraphes de notre manuscrit, jusqu'à la destruction do Mantes par Guillaume le Conquérant, en 1087. Au § S6, nous pensons pouvoir démontrer, contrairement à l'opinion reru^, (jue Mantes n'a Jariiais fait partie du comté de Meulan. Ce sera notre prenii'-r»- iiai-tic

La deuxième sera la suili; de notre Clironi({ue. jusqu'à la mort de Philippe-Auguste. C' est la période initiale des grands événements auxquels Mantes s'est trouvée mêlée. Nous compléterons toutes les omissions d'Aubé, par nos recherches dans les nombreux historiens de cette époque, notre Inventaire de 1543, et le recueil de M. Léopold Delisle. des actes de Philippe-Auguste.

La troisième partie comprendra la i)ériode de 121^3, jusqu'à l'avènement de Plulii)pe de Valois. Le rè':ne de Saint Louis étant marqué par l'octroi de la |>révoié, c'esl-a-dire du droit dejusiice accordé au maire de Mantes, nous en [irentlrons occasion pour montrer l'organisation communale, sa puissance, ses relations

çois-Guérin.

est la copie dùe à Marion.

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