‹ La chronique de MantesChapitre 48 sur 143 · CHAPELLE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE NAVARRE

g 109. Fondation de U Chapelle de la TMsité, —

L*aD 1359, Charles, roi de Navarre, comte à*Bvrèiix et de Mante et Meulan, accepta la fondation de la chapelle de la Trinité, faite par Jean d*£scauville Fainé, bourgeois de Mante, et Agnès, sa femme ; pomr laquelle fondation, ils donnèrent une maison et jardin, sis à Mante devant V Ecole des Juifs, six septiers de blé par chacun an, à prendre sur cent trente perches de vignes et autres héritages, sis au viUage deBoinville; nn arpent de vigne, sis à la Pierre de Mantela-Ville, 20 1. parisis de rente à prendre, savoir: 12, sur plusieurs terres au village de F'ollain ville, et le reste sur plusieurs maisons à Mante; à la char<:e de quatre messes par semaine et que la chapelain serait tenu de faire résidence et d'assister à vêpres et à la messe du chœur, à peine d'être privé de son revenu, et icelui distiibuc aux chapelains cL vicaires de ladite église.

Nous ne savons pas quelle est cette chapelle de la Trinité, mais les DescauviUe appartiennent à uie vieille famille mantaise qui a disparu. Ce que nous retenons dans ce paragraphe, c^est cette mention à'Ecole des Juif^, qui remontait peut être an temps de Philippe-Auguste. « Les superstitions de la synagogue, ainsi réjetées dit Guillaume le Breton, le roi fit consacrer les syna^^ogups en églises, et on tout lieu où il y avait eu une Ecole ou une synagogue, il augmenta le service divin. » Quoi qu'il en soit, il existe à Mantes une rue de la .luiverie, et des lettres de rémission de l.'iHo nous apprennent qu'il y avait alors des juifs tenant des maisons de banque.

En fouillant les fondations d'une maison, rue de l'Eglise, IL Qrimber père, a trouvé trois belles pierres tombales avec inscriptions hébraïques, qu*il a offertes à la ville. Ces inscriptions n'ont pas encore été traduites, mais elles indiquent qu'il y a eu imejuiverie importante à Mantes, dans le courant du moyen flge.

§ 110. La chapelle du Rosaire b&tie. — Charies le Mauvais, roi de Navarre, fit bâtir pendant qu*il résidait à Mante, en Téglise de Notre-Dame, la chapeUe du Rosaire. Son portrait et celui de la reine son époose, s'y voient à côté

d'un crucifix sur l'autel, étant à genoux chacun sur un priedieu, et revêtus de leurs habits royaux.

Nous parlerons bientôt de cette partie importante de l'égliae de Mantes. Quant au mobilier ancien de cette chapelle qui contenait dos autels {Knliés à saint Louis et à saint Yve, voici ce que nous en savons parles Mémoires de Chrestien : « On peut remarquer dans cette chapelle, à l'autel Saint-Louis, un contrctable d'une grande pierre plate , sur laquelle , avec plusieurs figures, sont le portrait de ce Charles roy de Navarre, au naturel et celui de lareyne Jeanne son épouse, qui sont peints à fresque, run et Tautre à genoux sur leurs carreaux, devant une espèce de baptistère dans lequel est la figure de Jésus-Christ (1).»

L'autel de Saint-YTe était décoré d'un édicule sous lequel était une statue du patron des avocats. Cette statue se trouve maintenant dans le jardin de la maison n* 22 delà rue de la Pédierie. Elle a plus d'un mètre de haut, est en pierre et d'un assez bon style. Le saint est en costume laïque de l'époque et tient un rôle à la main.

On a dit aussi que la chapelle de Navarre avait été construite en expiation du meurtre du connétable d'Espaijjnc , Charles de Lacerda. Le Second Conlinuatcuv de Nangis i)réten(i qu(^ l'une des conditions du traité de Mantes de 135i, fut que le roi de Navarre fonderait des Chapelles où l'on dirait des messes pour le repos de Tâme du connétable. Le texte du traité ne contient rien de semblable, et nous pensons que cette chapelle est antérieure à 1354. Elle n'est pas plus un monument expiatoire, que la Chapelle du Parcton d'Evreux, fondée vers 1350, par des pèlerins revenant du grand Jubilé de Rome. Nous dirons bientôt notre pensée sur ce si^et.

^111. Une fille du roi de Navarre morte à Mante. —

L'on voit dans le chuMir de ré<^lise Notre-Dame, au cnté de l'évangile, un toiiilxMu de pierre surlcqucl est représentée une jeune fille en relie!', vêtue à la ducale, ayant en chef deux anges tenant chacun un encensoir et, au bas, plusieurs autres figures oii sont écrits ces mots :

COMMITESSA MARIA CAMPANILE.

REX NAVAHRLË»

(I) Il reste quelques fngnenU de ee retable de piem; Us aoiit dans la gatorle de régliae. L'exécation en est fort belle.

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