LE TOMBËAU DE NOTRE-DAME
REGINA NAVARRyE COMMITESSA CAMPANLË COMES THEOBALDVS, COMES HENRICUS.
Cette flUe est un des enfants de Charles, roi de Navarre.
Ce tombeau était dans le principe au milieu du chœur, derrière le lutrin, au dessus d'un caveau. Comme il gênait, on le transporta plus haut dans le sanctuaire, où il resta jusqu'en 1786. Les chanoines voulant alors faire un autel à la mode romaine, le déplacèrent encore et le firent rétablir dans la cha* pelle Saint-Etienne ou Saint-Roch. La tradition en faisait le tombeau de la princesse Letgarde. La Térîté, que Lévrier a démontrée dans un long mémoire auquel nous avons fait allusion, est que c'était un cénotaphe élevé par la ville et les chanoines, dsns le courant du XTV* siècle, à la mémoire des princes de la maison de Champagne et d'EvTOttX. Nous devons dire que les déplâccments dont il a été l objet, avaient fait disparaître les inscriptions citées. Voici quels personiiafj^es Lévrier reconnaissait dans la statue et les bas-reliefs du socle :
La figure couchée était Jeanne, fille de Louis X et femme de Philippe d'Evreux. Dans les bas-reliufs il reconnaît : Charles le Mauvais, roi de Navarre, Rex Navarriœ ; Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel et reine de Navarre do son chef, Regina Navarrœ: Blanche de Navarre, femme de Thibaud V de Champagne et Thibaud V lui-même Commilessa Carnpaniœ et Corner Theoàaldtùs ; Henri i** de Champagne et liiarie de France, sa femme, fille de Louis le Jeune, Cornes Henricus et ComU Una Maria CampanUB* Le bas-relief placé au bout du tombeau, devait représenter Ikfarie de Brabant.
Ces attributions qui ne sont peut-être pas toutes Justes, sont au moms vraisemblables pour Tensemble du monument (1).
§ 1 1 2. La Reine de Navarre accouche à Mante d'un fils qui fut roi. — Dans L'Kiuelle ville de Mantes, la reine de Navarre se plaisait beaucoup et y accoucha en l'an l.']61 , de son lils aîné qui fut nommé Charles , comme son père et lui
(1) V. auui HiUiB. Loc ciL Ca tombera a complètement diapsnu
saccéda au royaume de Navarre et fit beaucoup de présents aux églises de Mante.
Charh's III lo NobI(% naquit non pas à Mantes, mais à Evreux où il l'ut baptisé dans la cath(''dralp, par Robert de Brucour, évèquo d'Evreux (1). Il fut aussi fidèle* à Charles VI que son père avait été révolté contre Charles V. Du reste, à part quelques réclamations pacifiques, faites par lui à propos de Mantes et Meulan, il ne tai en rien môlô à Histoire de notre Tille.
§ 113. L'Autel de la Châsse bâti (2). — Bn Tannée 1362, le grand autel des châsses» fht bâti aux dépens de la ûibrîque. Et y fht fait un tronc dans lequel on met les deniers de dévotion, et fût fondé par les prévôts, maire et échevins de la ville.
L'autel de la Châsse se trouvait autrefois dans la nef, adossé au pilier de droite qui précède l'entrée du chœur. A celui de gauche était l'autt l de Sainte-Croix. Plus tard, on le mit dans le chnpur, derrière l'autel.
Cette année 13()2, nous ramène aux révolutions dont le contrecoup se faisait sentir si souvent à Mantes. La partie allait s'engager encore une fois, mais plus sérieuse et plus terrible, entre le dauphin Charles et son beaurfrère. La ville devait définitivement échapper aux mains du Navarrois.
Les événements dont elle fût alors le théâtre sont importants et nombreux. Il n*est pas toujours facile cependant, de leur assigner une date certaine. Les historiens ne manquent pas, mais leurs récits no s'accordent pas toujours. Nous avons le choix entre le Continuateur de Nantis , les Grandes Chroniques de Saint-Denis, la Chronique de Du Guesclin, sans compter Froissart et les Mhnoires de Secousse. Nous nous rallions à la savante critique de M. Siméon Luce et nous adopterons la chronologie qu'ilja suivie .S , en se basant sur le narrateur sobre et exact, auquel nous devons la Chronique des quatre premiers Valois (4). Nous tiendrons compte cependant, des indications
(1) Lcbrasspur. Histoire d'Erreur, p. 266.
(2) Dans tous les actes anciens, on écrit Chapse. Ce § est une répétition du «4«.
(.'^ Dans ]« Vie de Bertrand du Owesclin.
(A) Secousse no l'a pnjt citfV parce qu'il ne M'a pas "connue. Cest une de» rares lacunes de ses &a>aiilcs rccherclies sur 1 époque de Charles le Mauvais.