‹ La chronique de MantesChapitre 50 sur 143 · NAVARROIS ET ANGLAIS · texte numérisé non relu

NAVARROIS ET ANGLAIS

particulières rapportées par cliacim des auteurs que nous venons

de citer.

Nous racontons sans juger ; notre œurro ne le comporte pas. M. Siinéon Luce. avec il autres critiques , ne donne pas tous les torts à Charles le Mauvais dans ses funestes déniêk's avec rhéritier de Jean le Bon. Ainsi, par exemple, il n'est pas bleu prouvé que les hostilités ouvertes par le régent au commencement de l'année 1864, aient été justifiées par les actes du roi de Navarre, alors très occupé dans son royaume. De plus, la prise de Mantes, par des seigneurs qui y avaient reçu la veille lliospilalité, est un fait qu'on est en droit de juger sévèrement

Quoi qu'il en soit, la guerre <^clata à propos de la succession «te Bourgogne, que Charles le Mauvais revendiquait à cause de ^anrand'mère, et dont le roi Jean s'empara malgré lui. Mr'confeiit decei)roc(''dé, toujours (;n relation occulte avec Edouard III, le roi de Navarre s'apprêtait à résister vigourcusciaent. Ses [•artisans étaient parlout, en même temps que ses garnisons de Mantes et de Meulau ravageaient tout le Vexin et faisaient des '•ourses jusqu aux portes de Paris. Dans de pareilles conditions, on comprend les doléances de notre Chronique,

§ 1 14. Mante a beaucoup souffert pour les garnisons. —

Il est à remarquer ([W depuis que la ville do Mante fut donnée en échange au roi Navarre, elle endura Ix^iucoup de mal, tant à cause de la i^arnison étranijère qui y était ordinairement, qu'à cause des prises et reprises d'icelle, tant par les Français (pie Navarrois et Anglais, et par la mauvaise intelligence desdiis Navarrois avec les ennemis des Français.

C'est co qu'a si bien dit Cuvelier, dans sa Chronique de du

Guesclin:

Y avoit d'Engloiz tant

Avec les Navarroiz, dont j'ai parlé devant C'onn'osoitpas issir qui n'avoit sauf alant. A Mante et à Heolent estoient repairant Bnglois et Navarroiz au tamps que je vous ehant (1).

Parmi les chefs de compagnies qui rôdaient dans la contrée, ae trouvait le fameux Jean JoneL II était au service d*Édouard III, etdèsla fin de 1363, s'était emparé de RoUeboise et inquiétait les

(1) EdiUoH de M. Chanièra. Docum. Hist T. I.

CHRONIQUE DB MANTBS

eiiTirons aussi bien que la garnison naTarroise de Mantes. Gomme

cet épisode est lié à la prise de Mantes par Du Gucsclin, nous croyons devoir le raconter tout au long. Nous rajeunissons un peu le style de la Chronique des quatre premiers Valois t à laquelle nous en empruntons le récit ;

« En ce temps que ledit roy Jehan fût la seconde fois en Angleterre, monseigneur Jehan Jouel, chevalier Angloiz fit guerre en Normandie, f t en Chartrains. En une chevauchée qu'il fit par France, il vint devant une forteresse qui tHoit nommée Rouleboise. 11 prit le cliastd, fors la tour en laquolNi Madame de Roiilf'boisf^ avec autres nobles dames et f^enlilz hommes r-e retirt'Tcnt et moult bien la detTemlirent. Mais mon^f i^'utnir Jehan .Toufl cnnsrniit que la dame et les autres fus-^cnt «U-hurs delà tour. Quand elle lut dehors, il lit mettre la dame t t les autres en une charrette, et lors fit assaillir la tour d'icdle partie. Pourquoi de la tour par nulle voie n'ôsaient geter, car Hz eussent getté sur leur dame et mise à mort. Par ce, prit monseigneur Jehan Jouel, le donjon de Roulleboise et en envola la dame et sa compagnie. »

Dès lors les bateaux furent rançonnés entre Mantes et Rouen, malgré la flotille que fit faire le régent pour protéger les marchands. Les gens de Mantes s*unirent même à une troupe de Jeunes gens de Rouen, pour attaquer les Anglais de Rolleboise. Mais la position était tellement forte, qulls réussirent seulement à leur faire quelques prisonniers, et à prendre quelques ouvrages avancés.

Jean Jouel ne resta pas à Rolleboise, et le capitaine que nous allons y retrouver, se nommait Wauter Strael. C'était un flamand de Bruxelles, intrépide et hardi, qui soumit tous les environs de Mantes à ses exactions. Sa forteresse était bloqu(^e par ordre du régent, mais il n'en continuait itas moiiis ses courses, grâce à son audace et au froid de l'hiver (jui fut des plus rigoureux.

Le régont se décida alors à faire un siège en régie et envoya du (inesclin pour le diri^^er. La prise de Mantes et celle de Meulan en furent les conséquences, « Monseigneur le duc de Norjuandie, pour rebouter les ennemis du royaume, manda monseigneur Bertrand du Guesclin lequel amena une grosse route (troupe) de Bretons. » Jean de Châlons, comte d'Auxerre, se Joignit à lui avec d*autres chevaliers, parmi lesquels étaient les seigneurs d*Yvry et de Blaru (mars 1304).

Page 1