RUSE DE DU GUESCLIN
Quoi qu'on aient dit les auteurs, Mantes, bien qu'à Charles de Navarre, ne refusa pas ses portes aux gens du r«''gent; ce qu'elle refusa, ce fut l'entrée pour le gros de leurs troupes, ce qui se conçoit de reste : « Et s'assemblèrent à Mantes les seigneurs,
mais leurs gens n'}' entrèrent pas A Pasques, l'an mil trois
cens soixante quatre, furent les dessus diz nobles à Mante où ils firent leurs Pasques. Et landemain vindrent mettre le siège devant le ch.astel de Rolleboise (1). » Le samedi suivant. Wauter Strael {Gauthier Strot) sans souci du danger, sortait avec un archer et attaquait un paysan qui apportait des vivres. Celui-ci se mit à crier : haro, haro î Les Français accoururent, tandis que les Anglais qui suivaient les mouvements de leur chef, sortaient de leur côté, et tout en le protégeant, réussirent à s'<^mparer d'une troupe de marchands qui amenaient des vivres en l'ost. La mêlée devint générale et du Guesclin était sur le point de s'emparer du château, quand la nuit l'en empêcha (30 mars).
Le 4 avril, les choses étaient dans le même ét.at. Jean Le Maingre, maréchal de Boucicaut, arriva alors devant Rolleboise, porteur d'un mes-jage adressé à du Guesclin. Le régent s'impatientait et voulait frapper un coup décisif contre le roi de Navarre : la prise ou la surprise de Mantes fut décidée.
§ 1 15. Mante reprise par les Français. — Ce qui fit mettre les armées aux champs à Charles, dauphin régnant en France pendant !a pri.son du roi Jean son père, sous la conduite lie Bertrand du Guesclin, chovaliorbreton quifut depuis connétable de France, et le maréchal de 13oucicault, allant en marche en Normandie, faire la guerre aux Anglais et Navarrois, lesquels au commencement de Tannée 1304 (2), prirent subitement la ville de Mante. Et s'était mis ledit Bertrand en vigneron; le roi de Navarre étant lors en son royaume.
Si M. Siméon Luce préfère la version que nous adoptons avec lui, il est certain cependant que Cuvelier est venu à Mantes avec du Guesclin et a connu les mœurs de cette ville, composée alors de bourgeois et do cultivateurs bataillant au besoin. Le tableau
[\) Chron. des ipialre prem. Valoir.
[2^ Autrefois l'annoo commençant à Pâquo.*, la prise de Mantes eût lieu, «n effet, dans les premiers jours de l'anniV.
CUHOMQUË DE MANTES
qu'il fait de ces habitudes raantaisesest copié bur le vif; il n'y a pas un mot de fantaisie et noua savons par d*aatres relations locales, qu*ellcs fui*ent celles des habitants tant que la ville fût fermée. Si les soldats de du Guesclin s*emparôrent brutalement d'mie porte, au moment où le pont-levis était abaissé, nous sommes persuadés que les soldats qui guettaient ce moment étaient déguisés, sansquoi les bourgeois ne les auraient pas laissé approcher. Nous sommes donc autorisés à entremêler les détails topiques dQlB, Cfo'onique de du Guesclin (i) avec la précision rlp^ourcuso do la Chronique des quatre premiers Valois.
()r, le dimanche après la Ouasiaiodo, dans la nuit, c'est-à-dire le 7 avril, Bertrand du Guesclin réunit tous ses gens du Vexin et !< s divisa eu deux troupes : « Et icelle nuit fit faire deux embuscades. »
AÎDS s'en vont tout à pié, les escus acoles. La nriit y ot bruine, grande fn l'oscurtez; Kucur véoieutpo quant solauz fu lovez.
Ds arrivent donc de nuit déguisés, et se tiennent prés de lu porte de Rosny ou mieux pcut^tre de la porte aux Saints, attendant Touverture :
Or sont li vinpneron sur la maistre cbaucie;
Bien semble à. leur abit une poure maisaie,
Leurs onstllz en leurs mains dont la vingne est taiUic.
Droit à Taube crevant, aios que fkist esclsireii^,
Ont tult li compaignoB Mante bien approehic.
Or avoiont coustumc m In ville jolie
Qu'à droit soIimI levant la gaite (2) s'esbanie,
r^t puis IlII bourjois par droite compagnie
Venoleot à la porte, qui estoit verroillie.
Et là estoit la proie (3) trestoute appareîUic,
Vaches, brebis, pourceaux et autre bcsterie,
VA les mettoit-on hors de la porte abaîssie :
.\ler les faisoit-on eu une praerie.
Et puis estoit la porte refermée et drécie (4).
■'1 (V sont les vers qu.; nous allons citer. Cette ruse et l'aiTt-t d'une voi« turc si.r le pont-levis, étaient tiaUitionnels dans les surprises des places. (2) Le guet.
19) Le bétail.
[1) Ces habitudes militaires étaient de rigueur quaad la ville était menacée. V. un registre des archives de Mantes, de 153(}.
PlilSE DE MAiNTES
Au point du jour, avant d'ôtre relevés de garde, les bourgeois du poste avaient jeté on coup d*œil par la barbacane et avaient aperçu les soldats de du Guesclin :
Droit à soleil levant, à colle matiiié-\ Sont veous li bourjois à la porte l'ermco : Ouverte l'ont brleflment et ht bsdlie tirée ; U uns a regardé parmi une valée (1), Et vit de eelle gens venir à la volée, Dist à ses compaignons : « Ciotcz vostro visée : Quelles gens vicuiieut ici qui leur voie ODt bastée? >» Et li autres a dit, qui oy [•^) sa pensée : « Se sont 0.W viogueron de la oestre contrée Qui se viennent louer pour gaignier lor journée. Ce ne sont mie gent de maie renommée ; A leur vesture pert (3) qu'ilz u'ont coustel n'espéo. •• « C'est voir ce dit li autres ; n'aies chière eftraée. »
Sur cette assurance on ouvre la porte, on baisse le pont-levis; le bétail sort pour aller paître et une charette s'engage sur le pont pour sortir (4). Los faux vignerons arrivent, Tarrétent, tombent sur les gardes sans défiance et pénètrent dans Uantes :
S'eut la ville cstouuce.
La fa toute la gent tellement esgsrée
Que ebascuo s'en fuioit comme beste dervée;
Par dedcDs une csglise qui estoit bien murée,
Aloicnt à garant, c'e^t vérité prou\ée; De Nostre-Damc fu colle esglise fondée- Mais petit leur valu l'église bleu ouvrée (5).
Les bourgeois affolés se sauvent de toutes parts. Les partisans les plus compromis du roi de Navarre, se dirigent vers le pont ou sautent par dessus k s murs. Do ce nombre sont Jacques le Prestrel, trésorier de Charles le Mauvais, Regnault do Pariit,
( 1 j La porte aux Ssints domine les prairies et la vallée de Uantee-la- Ville.
^2) Qui comprend «a j)ons(5c.
(3) A leur habit on devine.
<4) Une charrette estoit sur le pont arreitée
Qui cuidait a!cr hors de Mante la fermée. Mes de» bon* vigaorons fu tantost deâtellée. Et par ce ne pot-on ceate matinée Lever le pont qui Al d'une œuvre charpentée Ne la porto fermer. Variante p. 138.
;,*>, \ ariante du ver» prccédoot.
CHRONIQUË DE MANTES
son bailli de Mantes, Jean d'IIaincourt et Jean Doublet (1), qui s'enfuirent à Mculan où nous les retrouverons.
Aussitôt que les soldats se furent emparés du pout et de la porte du pont, ils firent prévenir du Guesclin qui se tenait près delà.
Bertrand fu en l'agait par-dessus maint noier; Un messager H dit : temps est do gauiguier;
Jjîi Clironiqnc des qunlrr prcmh'rs Valois nf* pai-lf qti»' du pillaiii', et au(;uiî''in«'nt d(> n sisfances ; n«»s vieux b'nn';.'('ois avaient donc bit-n chan^-^é d'humour. I.a Chronique de du GueS" clin fait plus d'honneur a leur couragf :
Et la ville s'osmat ot d<'vant et derricr : Vos poez bien savoir qii\;u culx u'ot qu à irer. lÀ I porte I peste! (pilon), li autres I mortier, Et getoient aval pour lor honte vengler, Etorioient : Tray ! pour leur gens esToillier. Famés veissioz là leurs enfans erabracier Et plorer et crier, hideusement uoisier.
Du Guesclin arriva bientôt ot fit crier par la ville que nul ne « mefTeist à femme ne à enfant, mais la ville avoit ainçoiz esté pillé. 1»
Entrèrent en la ville de Françoiz 1 millier Et conquirent la ville tout à lor dcsirier.
Du Guesclin se dirigea ensuite vers Tcnceinte de Téglise et bientôt ceux qui s'y étaient réfugiés demandèrent à se rendre :
Kt Bertran assailli ti-lementlo monstior
Que cil qui léeus (dedans) furent, aioutérout au clocbier.
Crioienttout : « Faittes Tassaut cesser
Nous renderons à vous l'esglise sans cesser. »
Dont cessèrent nos gens sans personne bleeiér.
Maître de la place, Bertrand foit mander les bourgeois à leur Hétel-de-Yille, et leur demande s'ils veulent reconnaître Tantorité du Régent et lui faire hommage : « Si vous ne le voulez, leur ditril, déclarez-le loyalement; il vous sera loisible de quit-
(1) D'une famille do Mante*;. Charles lo Mauvais fit une rente aux enfants de Jacques le Pi-estel : « A Jehaniiin («eprestel auquel monss. a donoé pour considération des bons et agréables tvices q..e feu Jacquet Leprestel son pe. li avoit faiz et à madame la royne... Ix 1. par an. » Compies d'Bvreua ms. 10,367. Bibl. Nat.
PRISE DK MAN l ES
ter la ville avec vos femmes et vos enfants, à vos risques et périls. Qoant à vos fortunes,
Mès n*en emporterez plus taillant que la dent.
Vous n'aiire/, ni joyaux, ni ar^'ont. .T'attcn'Ls votre réponse sans feintiso. » Los n'^floxions philosophiquos que ce petit discours inspire à Cuvolier tiont d'une observation juste dans le fonds, d'une naïveté charmante dans la forme.
Quant les nobles bonri^ois poro.'it licrtrau oyr De leurs biens ontpeour cou oc les voist tolir (1). A Jurer léalment se vcot tous asseotir; Car leurs graos héritages ne puent déguerpir,
Ne perdre leur chevaiicc n'en pcvont eslougnir :
M;il fait à un riche do sa U'vro gnorpir;
Mes au pouro (pauvrej M'om-li int où il doio venir
Mais (2) qu'il ait à racngior et qu'il puist bien dormir.
Que pouvaient-ils faire? Ils jurèrent « d'aimer la couronne de
Franco entièrement. »
P'-ndant que Mantes tombait ainsi au [louvoir d'un capitaine [K U scrupuleux, et d'une soldatesque que le rrgf'nt ne payait [tas <le[>uis lon^'tenips, le château de Vétheuil surpris aussi par une troupe de quatre-vingts Bretons, avait subi le même sort [3). DuGuesclin laissa la ville sous le commandement d'Yvaiu Charnel et du Vert Chevalier, frère du comte d*Auxerre et retourna iRoUeboise où Wauter Strael lui jeta à la face cette vérité, semblable à une injure :
M Fausse gcnt coragie Vous aves fkussement Mante prise et traie. »
Cela ne l'empêcha pas de donner un dernier assaut qui n'eut aucun résultat. Mantes donnant des preuves de loyauté, avait en* voyé de ses soldats :
Noblem''nt s'y porla la commune jolie^ Qui de Rouen cstoit sévrée et partie (4).
(!) Qu'on ne leur enlève leora biens.
(2) Pourvu.
(3) Bréva! eut un sort aomblable. V. Mandrin, de Charles V. Perriiiot Tri:acliant, chef de la vénerie de Bréval, cassé de son emploi, eut une rente de Chariea le Mauvais. Comptes d'Bwwm^ ma. 10,387. Bibl. Nat. 47.
fl rvs détails font voir coriibion Ciivelier connaissait Mant- s cl ses inlt'- TiU. Comment aurait-il su qu'il importait à la ville d'avoir ses relations lilwt et sAras avec Rouen ?
CHRONIQUE DË MANTES
Renonçant à prendre Rolleboise, du Guesclin leva le siège et laissant quelques hommes dans la forteresse de Kosny, sous le commandement du seigneur do la Forte, il dirigea ses bandes vers Meulan. La sûreté do quelques détails de \i\ Chi'onique de du Gvc.scUn fournit un exemple, ou de la haine ou de la jalousie qui existait autrefois entre les deux villes. Quand les bourgeois de Mantes eurent consenti a reconnaître l'autorité du réyent, ils
« mirent en leur couvent (eonventîoo)
Qui n'en feroient rien, s'en n':doit temprement Assaillire et conquerre bien ofl'orciement La ville de Meuleut et la tour eusemeut. >*
Le ch&teau de RoUeboise ne fiit pas pris. Wauter Strael consentit, quelque temps après, à le rendre moyennant une forte somme : a Ne sçai cinq ou dix mil frans et puis s'en retourna arrière en Braibant dont il estoit (Proissart). » Charles V, dans
le courant du mois de mai 13tî5, le fit raser afin qu'il ne put plus nuire à personne. Les habitants de Mantes furent môme requis d'aider à cette démolition (1).
§ 416. Lb roi Ctharlos Yiant à Maato oll il reçoit la nouvelle de la mort du roi Jean son père. — Ledit Charles régnant en France, arriva à Mante le onze avril (2) de ladite année 1364, pour donner ordre à ladite ville, nouvellement prise. Auquel lieu de Mante, il reçut les nouvelles de la mort du roi Jean, son père, en Angleterre, ce qui le fit partir promptement dudit Mante, pour aller se faire sacrer roi à Reims. Et commanda audit Breton, de faire fortifier Mante etd*en sortir, et d'aller contre ses ennemis qui étaient en grand nombr(3 aux environs d'Evrcux ; ce qu'il fit, et roiiiporta sur eux une glorieuse victoire proche Cocherel (3), entre Vernon et Evreux. .
(1) Léop. Delisltt. Mandements de Charles V. Les niinos de Rolleboiiie appartiennent à un homme qui s'intéresse à ce vieux château-fort M. Pinagiiet a forinô le projet de dégager la partie du donjon qui a disparu sous la terre végétale a'un jardin. Il mériterait d'être encouragé et aidé dans cette entreprise.
(S) n ne put être à llantea avant le M ou (3) Eure, c. de Pusy.
CHARLES Y A M ANTBS Z^A
Tout ceci est exact. Le régrnt semble avoir suivi de très près le man'chal de Boucicaut. Le 10 avril, il était à Taris (1) ot savait déjà la prise de Mantes. Cependant il vint à Mi'ulan pendant que du Guesclin en attaquait la tour, c'est-à-dire le 12 ou le l.'{. Les bourgeois de Mantes on plutôt les officiers de Charles de Na?arre qui s*y étaient réfugiés, l'insultèrent et « commencèrent À getter pierres moult fort et disoient de villaines paroles de monseigneur le duc. » Ils comptaient sur la solidité des murailles et non sur le sort que leur préparait le Breton. La tour fnt sapée et lesinsultcurs pris avecles autres combattants : « Et furent Icsdiz bourgoiz de Mante menez à Paris et là furent-ilx décapités (2) »♦.
« Ainsi furent Mante et Mculenc prinses. dont le duc d'' Nornnndic fut moult joyeux, et le roy de Navarre, moult courroucé quand il le sceut... Il tint à <;rand dommaige la perte de Mante et de Meulcnc, car ce luy estuit une belle entrée en France ;3) ».
Le récit de Froissart sur la prise de Mantes et de Meulan est plus pittoresque et plus épisodique que le nôtre. 11 donne le rôle actif au maréchal de Boucicaui, comme Cuvelier le donne au chevalier Guillaume Liannoy. Froissarc fait commencer le siège de RoUeboise par le même Boucicaut, que vient rejoindre du Guesclin, qui était allé avec sa rmUe (troupe) versEvreux, pour surprendre cette ville. Si notre récit est moins agréable, noucroyons néanmoins qu'il est plus près de la vérité.
Cependant amvé à Mantes, le régent reçut le serment de fidélité des habitants et y apprit sans aucun doute qu'il était roi: Jean le Bon était mort à Londres, dans la nuit du 8 au 0 mai. Charles V se posant désormais en protecteur de la ville, fit évacuer les bandes de' liretons et, au lieu de se rendre a Reims, il allaà Vernon. traiter avec la reine Blanche qui tejiaitie parti de son frère, le roi de Navarre.
Un peu après, le Captai de Buch, lieutenant dévoué du roi de Navarre, débarquait à Cherbourg et, s'avançant sur Evreux, comptait reprendre Manies et courir de là à Reims, pour empêcher ou troubler le sacre de Chartes V. Le 13 mai, il assistait à un diner donné en son honneur à Vernon par la reine Blanche; lareineJeanne, veuve de Charles le Bel qui l'aimait, était au
(1) L<op. Bfllisle. V. Mandements de Charles F, n» 1.
fjt) Secousse, Preuves;^ Siméon Luee, IfisL 49 du thieeUin,
(3) FroiMart.
CHRONIQUE DE iMANTES
Bombre des convives. Le baiser d*ane femme de cinquante ans, fut pour le Captai le seul succès de cette campagne : trois jours aprèst du Guesclin le battait et lo faisait prisonnier à Houlbec- Cocherel (16 mai 1364).
Aprt's lo Captai <le Biich, le prisonnior le plus considérable faitàCochorol, fut Pierre de Saquainvillo, de la famille de Blaru, conseiller de Charles I<î Maiiv.iis H l'un des plu>; obïitinés Navarrois. Il avait fait au Ré^'ont tous les ni;iux possihlt's ; Charles V lui fit trancher la tète à Rouen. Charles le Mauvais constitua une rent<' à sa veuve : <' A Madame de Saquainville, femme de f<'U mess. Pierre de Saciinvilie. Ia<iuelle, du don et octroy <le mons. prent p. an, à vie, depuiz le trespassement dudit feu mess. Pierre Vol... depuis le mois d'aoust ccc Ixiiij (1364) q. ledit feu mess. Pierre mourut à Rouen aps la bataille de Cocherel où il fut prins en lacompie (compagnie) de monss. le Captai (1). »
Les conséquences de la prise de Mantes furent rudes pour quelques familles. Plusieurs bourgeois, nous Tavons dit, pris à Meulan, avaient été décapités à Paris. Leurs biens furent confisqués et donnés aux serviteurs de Charles V. D'autres en furent quittes pour cette dernière peine. De ce nombre étaient Denizot le Parizè, Jean de Hanthelu et Jean Doublet, probablement le fils du malheureux Colinet Doublet, pris et décapité à Houen, avec d'IIarcourt (2).
Piertrand du (Uu'sclin ne fut pas ouldié; il eût la part du lion. Charles V lui attribua, le 24 avril, le> biens de toute nature, de vingt-quatrt bourgeois de Mantes, partisans du roi de Navarre. Nous reconnaissons parmi ces noms ceux de quelques vieilles familles mantaises : Jean Dufour, Guillaume Berout, Jean Doublet (3), Etienne Rive, Guillaume Aupert, liichelet Dutemple (§ 25), Jean de Romilly, Guérin Deschamps, etc. Quelque temps après, du Guesclin fut pourvu du comté de Longueville, q>ii avait appartenu à Philippe de Navarre.
§ 117. Donation faite par le roi Charles 5" à Notre- Dame. — Après que notre roi Charles 5* dit le Svi^^e, eût été sacré et couronné roi à Reims, il revint à Mante et donna
(1) Comptes d'Ecreux. Ma. 10,367, liibl. Nat.
(S) Ces Doublet étaient d'ane fkmille de Mantes qui m disparu ; V. |
Geor^' -f Do'ib'i' et rruyori Double, autre foi tno du nu" me nom.
(3) Hen biens avaient été donnés la veille à Lucas Maillechat, écoyor. V. Kmèon Luee. SiHoire de du Oeiel&i. T. I. p. S95.