PORTE DU PONT
§124. La Porte du pont bâtie. — La plus commune opinion dos habitants de celte ville est que ce Alt par ledit Charles cinq, que la porte du pont appelée Porte-anx-Images, fut fait bâtir ; appuyée au fondement [se fondant sur ce] que à côté de l'image Notre-Dame ([ui est au-dessus delà porte, sont les figures en pierre dudit roi et de la reine sa femme, aux pieds desquels sont les armes de France, aux fleurs de lis sans nombre ; n'étant encore lesdites armes réduites ;\ trois comme elles sont àprésent, ce qui n'a été que sous Charles 6° son ûls (1).
A peine maître de Mantes, Charles V mit tous ses soins à rendre cette place plus fcrte encore qu^elle n'était. Pendant le temps de sa régence, il arait été tellement inquiété par la garnison ; il se sentait encore si menacé par les places que tenait
Charles le Bfauvais, qu*U ne ménagea aucun sacrifice pour faire de Mantes une fort(»resse capable de résister à tous les efforts.
Si les travaux qu'il ordonna embrassèrent toute l'enceinte, il est certain toutefois que la porte du pont et le Fort del'é^^lise, qui a laissé son nom a la rue du Fort, furent les objets spéciaux de son attention. Il y travailla plus de dix ans.
N"us Connaissons va;:u« ni< nt l'ancien Château de Mante'*. Il est prtif»at)lr qu<' l'église fut toujours comprise dans l'enceinte de ce Château ; quelques parties delà Cfu'oniquelc font comprendre. Des documents plus anûientiqnes en fournissent la pruuve. Ainsi Notre-Dame malgré son importance monumentale n'était fias une paroisse. Dans les temps anciens, il y ent nne chapelle de Saint-Lubin particulièrement affectée à la garnison du château. Plus tard, les bourgeois firent ériger dans l'église la parois.se Sainte-Croix, pour les privilégiés, et Saint-Lubin fui -upprinié. Saint-Maclou, cure du doyen de la Collégiale était la paroisso du coaniiun di' \n tandis que Sainte-Croix avait
son curé particulier. Ce fut l'objet de bien des conflits.
Le Château avait la tour de Cianne pour donjon, mais l'église semble avoir eu, avant la prise de Mantes par du Guesclin, des
(1 On a vu que les armes de Charles V ont êtà de trois fleurs de lis. sur le &c«au de la charte de fondalioa des CélesUns. Les armes d'Ëvreux étaieot : d'aior aox fleun de lis, fans nomftrv, «a bâtm eompoié drugent et de goeale.
ouvrage s défensifs particuliers. Cuvelier le dit dans sa Chronique de du OttescUn, en un endroit déjà cité ;
Par dedeDs une esgllse qui estoit bien murée Aloient à garant, e'est véritez prouvée.
Une variante de ces deux vers en apprend davantage ; il y avait une tuur :
Hault ont prier coulx qui sont au monstior Qu'il reudroieut la tour du uobile mousticr.
La Chroniqtie des quatre premiers Valois, moins prodigue de détails, laisse entrevoir que l'église était sûre: « Les autres si fînoient aux églises. » Enfin la traduction en prose do la Cfironique de du Guesclin, connue sous le nom de Faiz de du Gucsclin, ne ixTind pas le doute : « L'église fut attaquée avant qu'on eut comaieneé à la fortifier. »
Charles le Mauvais a (jcut-ètre entrepris cette fortifîcatiun i\v l'église ; nous jx il^ons cependant qu'il en a plutôt augmenté les ouvrages. Chrestieii dit, sans lixer la date, qu'il y avait des maisons devant et derrière Notre-Dame ; les premières au chapitre, les autres (1) à la ville. D'un commun accord, elles fureut démolies. C*est alors sans doute, que Téglise fût fortifiée ou ses défenses augmentées.
Des fortifications de Téglise, il reste un ouvrage bien ignoré. C'est une petite tour de guette, carrée, adossée au quatrième contrefort, sur la rue Mont-Eclair. L'escalier en est détruit à partir du triforium et on n'y accède que par Textérieur. Elle fait partie de la construction primitive.
Quoiqu'il en soit, Charles V dépensa de grandes sommes pour fortifier le pont et l'église. Ce sont ces travaux que nous allons examiner, en uom servant des actes publiés par M. Léop. Delible dans bes Mmidemenls de Charles V [2). Nous ferons connaître ensuite l'enceinte continue de Mantes, dont à dessein, nous avons jusqu'ici négligé de parler.
Donc, après son passage à Mantes, Charles Y avait donné ordre de pourvoir aux défenses de la ville. Au 8 Janvier 1385, les travaux était en cours d*exécution et déjà très avancés. Il mande alors à ses trésoriers généraux, de payer deux cents
(1) Au dMivet d« l'égliM, tar la place du Miroir, % 6&
(2) CoUoettoa des l>oeument$ de VSittoire de Fixmee»