LE KOI ANGLAIS A MANTES
le Bonteiller qui voulait épouser la veuve, dût se contenter de la seigneurie de la Roche^oyon.
Maître de toute la contrée, Henri Y s'installa tantôt à Rouen, tantôt à Mantes. Le 20 février, il donnait un muid de froment et un muid d'orge aux frères et aux sœurs de rilotel-Diou. C'est de Mantes, ensuite, qu'il traita toute cette odieuse affaire de son mariage avec Catherine, lille de Charles VI. Les pouvoirs donnés à ses commissaires, sont datés de Mantes : « Tetie régis, apud cOtamwam de MammUe^ zxm* tUeJuinii{i), »
§ 134. Le rai d'Aiiffletwn Tient à Hante. — L*an 1410,
Henri d'Angleterre arriva à Mante pour traiter du mariage de madame Catherine (2), fille de Charles 6*, roi de France. Laquelle lut amenée par le duc de Bourgof^ne, entre Pontoise ctMeiilan, avec le roi et la reine pour traiter diulit mariage. Mais il no fut lors rien conclu. Et de là s'en allèrent à Pontoise et le roi d'Angleterre revint à Mantes.
Un peu après Pftques, il fut convena que les deux rois de Flrsnce et d'Angleterre se rencontreraient vers le pont de Meu. lan, pour y traiter de la paix et du mariage de Henri V avec Catherine, fille de Charles VI. C<'lui-ci arriva avec sa suite à Pontoise dans le courant du mois de mai, tandis que le roi d'Angleterre était à Mantes avec les ducs de Clarence et de Bedfort, ses rrères, « à gnmt puissance de gens d^armes et d'archiers. » Le pins difficile était de savoir à qui se fier et comment prendre ses sûretés. Une trêve avait été convenue. Lv duc de Bourgogne avait consenti à une suspension d'hostiliti' «le trois mois. Après de l< )n;,'S pourpalers, Henri se décida à une conférence aux environs de Meulan. La première réunion fut retardée par des malaises de Charles VI. liais amené enfin à Pontoise, les entrevues commencèrent par Tentremise de la reine Isabeau(3). Des tentes avaient été dressées dans un pré palissadé, à quelque distance de Meulan, à La Chat, versMézy, et un cérémonial rigoureux fut réglé en vue de ménager les susceptibilités réciproques. Rien ne fut décidé le premier Jour, ni los jours suivants.
(1) Lettres 4e$ rois, Documents hisL T. II. (S) Atibé dit CbrUtine, ca qui Mt ont trftor.
(3j L«s commissaires de Charlea VI vinrant à IfantM auprès de Henii V. . V. Lettres des Rois, T. U p. 372.
CHRONIQUE UË MANTES
« Et quant icelui futflnC', chacune partie s'en retourna en la manière qa*ilz y estoient allés, les ungs à Pontholse et les autres i Mante. » La conférence dora longtemps. « Et alloient aucunes foix trois fois en la sepmaine, et une autre folz deux, et àlautre
uno ; et aucune foix actondoicnt x ou xij jours. Mais cependant, 11/ on voii ront les ambaxeurs les ungs aux autres ausdis lieux de Pouthoise et de Mantes (1). »
Cela dura ainsi jusqu'au mois de juillet. Puis la trêve ftat rompue. C'est à la suite que Ait dit par Henri d'Angleterre, au duc de Bourgogne, ce mot, qui devait être une triste prédiction : «Beau cousin, je veuil que tous sachiez que unefoiz, j'auraj' « la fille de votre roy ot (ont ce que j'ay demandé avec elle (2). » Henri revint à Mantes et ilo la retourna en Normandie.
Les pourparlers de Mantes et de Meulan lurent rappelés àquelque temps de là ; ce fut au pont de Montereau, quelques heures avant le meurtre de Jean sans Peur. Le dauphin et le duc de Bourgogne ne se fiaient guère l'un i l'autre. Leurs amis réciproques leurs déconseillaient l'entrevue qui ne promettait rien de bon. Tandis que ceux du duc lui disaient que le dauphin ne pouvait avoir d'assesseurs, «.sinon de ceux qui avoient esté grandement endommagez par luy >», ceux du dauphin lui rappelaient que Jean avait laissé prendre ses places par le roi d'Angleterre: « Et encores n'y avoit guières, avoient parlé eux deux tous seuls ensemble devers Mante.... Et en eflfect leur avoit baillé ou laissé prendre Pontoise (31. » L'entrevue eut lieu quand même, et Jean sans Peur y périt assassiné par les compagnons du dauphin.
^ ir?.'). Les Religieuses de Saint-Corentin se retirent à Mante. — En l'année 1411), l'abbesse de Saint Corentiii se retira avec ses religieuses, en la ville de Mante et firent leur demeure à THotel-Dieu avec les religieuses, à cause des troubles qui agitaient la France et des courses que les ennemis faisaient par la campagne ; et y restèrent jusqu^à ce que les troublés fbssent appalsés.
Cependant le duc Jean sans Peur avait été assassiné au pcuit de Montereau, (10 septembre 1419) et Philippe son lils et son
(1) V. Chrm. nmmyme.
(2) Ji'hnn Le F^'wo. T. I p. 303 ; Y. ftiiMi Pi«n« da Fenin.
(3) Juvinal des Ursins.