‹ La chronique de MantesChapitre 65 sur 143 · LES A140LA1S A MANTES · texte numérisé non relu

LES A140LA1S A MANTES

avait une voix clairp et rautre haute. Lesquels, à la pric'^re dudit chevalier et hailli, montrèn^nt aux tMifaus de l.-ulite ville et autres qui voulaient apprendre la musique et l'ayant apprise à quelques-uns, l'éj^lise lut .s<>rvie trt^s solennellement, les dimanches et fêtes. Lui-même y assistait à chatiue féte et chantait avec les autres, ce qui fit que plusieurs l'apprirent et la chantèrent dans ladite église (i).

Comment les chants â*église étaient-ils si inconnus à Mantes? Joinièges avait, dès le ix* siècle, des chants notés, et l'un d< » moinos, fuyant devant les Xormands qui venaient de brûler

l'abbaye s'enfuit à Saint-nall, en Suisse, avoc un antiphonairo et y enseigna la musique i2V Wace, dans le Roaian de lion, dit que les m/>nestrcls normands chantaient à Uasting devant le duc Guillaume :

Enfin, le duc Philippe le Hardi qui mourut en 1404, était un prince artiste et le Religieux de Saint-Denis dit qu'il entretenait dans sa chapelle << la plus excellente musique qu'on eut encore ouïe. » Il est donc bim étonnant que IV-irlise de Mantes ait été obligée d'apprendre l'art du chant des artistes auglais.

Cependant une sourde colère s'élevait de toute part contre les Anglais. La Normandie trouvait le joug un peu lourd et des masses de paysans au dés«speir se révoltaient; on les égorgeait sans pitié. Le duc de Bedfort ne pouvant plus faire Justice, laissait ses capitaines impunis de leurs inutiles cruautés. Les diverses bandes anglaises se multipliaient pour faire face an danger. « Durant lequel temps (1434), le conte d*Arondel se tenoit son- TentàManteeten pt^ devers Chartres. Si prinst et gaigna

i l) L« ms. Manon ajoate : L*an 1438, il y eut une grande famine et mor» talité en France. Le inonde anx environs de Paris et de Mante n'osait sortir à cause de la grande quantité^ do loups qui dévoraient les personne» quand fia tea rencontraient. Ils venaient même jusque dans U ville. Ou prc^tcnd qu'ils ont étranglé plus de quatre-vingts personnes. V. Bourgeois de PariM.

{2) Depptng, Expcd. des Normands.

Taillcfcr qui mult bien cantout Sor un cheval kl tost alout .Devant ii dus alout cautaut De Karlemaine ei de RoUaot.

pour cest an, plusieurs forteresses sur les Français, tant oudit pays de chartnôn comme au pays de Perche (1). »

Le temps des plus grands malheurs ('•tait d'ailleurs passé. Un soufle de patriotisme avait couru par toute la France, à la voix inspirée de Jeaiiiie-d*Arc. Les haines privées s'apaisaient pour ne laisser de place qu'à hi haine de l'étranger; des jours meilleurs s'annonçaient.

Kn France, le pouvoir de Henri VI périclitait. En 1435, Meulan était retombée par un coup de main du capitaine Jaillet, an pouvoir de Dunois. Le duc de Bedfort était mort le 14 septembre; le duc d'York lui avait succf'd^ conimo régent de France, mais n'avait pas hérité de ses talents. Séparés de leurs lignes, les Anglais avaient évacué Paris le 17 avril 1436, et tandis que les villes de l'Ile-de-France étaient tour à tour prises par les Français et les Anglais, Mantes restait comme le poste d*obser?ation de ceux-ci et la place qu'ils gardaient avec le plus de vigilance. Leur capitaine Talbot (0) semble s'y être établi en permanence; c'est de là qu'il tenta de nombreuses expéditions aux environs, presque toutes redoutables aux troupes de Charles VII; elles prouvent au moins une singulière audace.

Dans les premiers jours de l'année 1441, Talbot était à Mantes ou aux environs, et c'est lui sans doute qui. dirigea l'expédition dont il va être question. Nous ne l'avons trouvée dans aucun historien, mais elle concorde avec un séjour du connétable de Richemont, Arthur de Bretagne, à Paris (3). « Mais les Angloys, dit le Bourgeoisde Pctris, couroientsonvent jusques anx portes de Paris, et si ny avoit qu'ung seul cappitaine d'Angleterre nommé Tallebot qui faisoit visaige, et tenoit pié contre le Roy ot sa puissance, et pour vray il serabloit au semblant qu'ils monstroient que moult le doublassent, car toujours eulx esloingnoient de lui de vingt ou treiitcï lieues, car il chevaulchoit parmi France, plus hardiment qu'ils ne iaisoient. » II allait cependant trouver quelqu'un derant lui.

(1) Monstrclet. T. I, p. 94. Le comte d'Arundel était gouverneur de Rouen et l'un des meiUeura lieutenants de Jean de Bedfort. 11 mourut k Qerberoi llHDnée suivante.

(î) Jean Talbot. comte de Slirewsbury 1373— M53. Y. OuiUaume Oruel, Histoire de Artus JII.

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