‹ La chronique de MantesChapitre 66 sur 143 · L'ANGLAIS TALBOT · texte numérisé non relu

L'ANGLAIS TALBOT

§ 140. — Défaite do la Garnison de Mante par le

oomiétable de France. — L'an 1440(1), le 7 février, la garnison anglaise, qui était à Mante, alla jusqu*au faubourg Saint-Jacqnes de Paris et prit, en chemin et par lea villes, plusieurs prisonniers, bêtes et chiens, et s'acheminant pour revenir à Mante, Monsieur le Connétable, qui était à Paris, envoya en diligence après eux de l'autre côté de la rivière de Seine, M* Gille de Saint-Simon (2), M* Jean de Malcssis, Geofroy de Couvran (3) et autres vaillants capitaines, accompagnés de qnatre-viiiutou cent soldats. Et passèrent la rivii-re au pont do S.'iint-Cloud pour devancer les Anj^lais. Kt les ayant joints, iVappèrent dessus et les mirent tous en déroute. 11 y en eut peu qui rapportèrent des nouvelles à Mante, y en ayant eu un grand nombre de morts sur la place et plusieurs autres prisonniers.

L apathique Charles VII s'était onfiu décidé à agir; Paris redevenu français, était bloqué par de petites places et les Anglais encore solidement établis à Pontoise, en inquiétaient les abords et en empêchaient les approvisionnements. Au mois de Juin, entouré de ses meilleurs capitaines, il vint assiéger Pontoise. Ce n'était pas une petite entreprise; les Anglais en avaient fait une place solide, et la garnison se défendit avec opiniâtreté.

Talbot, envoyé par le duc d*York, était parti de Rouen, pour ravitailler la place que Charles VII voulait prendre par la famine. Il avait avec lui quatre mille soldats : « Et alapar aulcuns jours, tant qu'il vint lojiiorjusqucs à une ville nomm<'(!Chev< rin (Chauvryj iissis près dudit lieu de Pontoise, et la jut driix nuis. Et entretant, bouta des vivres dedans ladicte ville, sans avoir aulcun empêchement et dcstuurbier. Car le Roy et ceulx de son eonseil estoient délibérés de non combattre yceulx Anglois, si non que Us les trouvassent grandement à leur advantage. (C'est bien ce que disait le Bourgeois de Parie), Après lequel ravitaillement, messire Jeban Tbalebot 8*en retourna i Mante et se

(t) n était allé à Ilarfl. ur à la fin ào Tann.^o 1440.

(3) Jean de Malestroit, Geoffroy de Couvran et Gilles de Saint-Simon, capitiiiiM dn «owNttible d« BiebMnoDt «trirtatont k waa muMft en 144X, V. Guitttmmê OruêL

logèrent ses gens en ung villa^o fLimay} au-dehors de la ville» et de là s'en retournèrent en Normandie (1). »>

Pontoi«:o tint longtemps; le duc d'York et Talbot rerinrent souvent sous ses murs et d(!'logèrent plusiours fois les troupes de Charles VII. Celles-ci retournaient, tantôt vers Paris, tantôt vers Poissy. Mantes était toujours la base d'opération de Talbot. A la mi-août, Charles VII était à Saint-Denis â*où il revint à Conflans. G*est à ce moment que les Anglais de Talbot revinrent encore une fois vers Pontoise et pillèrent Poissy au retour. « Durant lequel temps. Thalcbot vint pillier la villo et l'ab^'-yc (le Poissy et les biens des dames, et puis s'en retourna à Mantes. Et brief ensievant fut la ville de Pontoise ravitaillée pour la quatriesmefois, et y demeurèrent les gens du duc d*Yoreh ou lieudeeeulxquijestoient de par ledit Thalebot (2).» Notre chronique i^onte encore quelques détails.

§ 141. L*abbayd de Poisqr pilMo le bntin Bm&aé à Mante. — L*an 1441 , Vallot (3), vaillant capitaine anglais,

revenant de Pontoise faire entrer des vivres, passa par l'abbaye de Poissy, laquelle il pilla et amena la dépouille et le

butin de ladite abbaye en son hôtel à Mante.

[Environ ce temps-lA. notre ^f^lise Saint -Jacques du cimeti('>re lut démolie, sans que nos manuscrits nous en disent le siyet. Chr. et M.]

Pontoise fut emporté d^assaut, lo 10 septembre, après «voir été battu par l'artillerie de Jean Bureau, pendant quinze Jours. Charles Vil, ce Jour-li, mérita son surnom de VicUurieux.

§ 142. Les Halles couTertes. — Anciennement les Halles de Mante étaient couvertes de charpenteries et toiles et en Tannée 1441, elles furent closes de haies, parle voyer de Mante et Meulan et de son autorité'', y prétendant quelque drr)it. Ce qui vint à la connaissance des maire et éche vins qui les firent déclore et ruiner.

(1) llanstrelet T. VI.

(2) Monstrelet. T. VI.

(3) TUbot

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