‹ La chronique de MantesChapitre 7 sur 143 · LE NOM DE MANTES · texte numérisé non relu

LE NOM DE MANTES

«ur les monnaies du moyen âge, sont très frOqutntes et nons

espérons démontrer qu^elles ne sauraient empêcher cette restitution.

La forme la plus ordinaire, la plus correcte et la plus géné-

niloMu nt adopt<^e, .\fedn,ifn et Meilonta, ou encore Medunfum .'t y[rn(mt>r,,i. C'est colle des chartes originales, des sceaux des Archives .Nulionales, dos Arn"ts dos Olirn, etc. Le mot Menota, d'un sceau de 1:^07, est une grossi^Te orrour du graveur.

La Chronique de Normandie, ainsi que le Ménestrel ne Reims, écrits tous deux en langue vulgaire, nous font conaaître le nom de Mante correct et sans g. Mais le Ménesb^l de Reims -.u se< copistes, ne se sont pas fait faute d'employer les vaii.int.spt los orthographes les plus capricieuses. Nousy voyons: Maici'tr. Mèonte, t'i Mate, form*'s certainement les plus usit«^es dans la langue coumuino; puis Maienre, Mnicnrite, qui sentent le picard; et enfin Mee)u:e et Amyem qui sont des corruptions ou des erreurs inexplicables.

Orderic Vital, dont lUistoire Ecclésiastique nous sera d un grand secours, /ci it Madantum, Medantum et Meduntum;

Ouillruimo do ^faln^•-sbury : M>n}danlium:

Los Oranfles Clironiques de Franee nous donnent par une fatite singuli. ro, Meunt A Meli»,,}. Peut-être faut-il n'y voir qu'une abréviation incomprise des copistes, ou inaperçue des éditeurs. Nous lirions volontiers Meum pour Mei\m\\ um.

La Chronique AnçloSaxonne écrit Mantua et Mattumta •

Rog( r de Hoveden, Mantuntum, etc.

Enfin, toutes ces formes elles-mêmes ont fourni par erreur, par linattention .io< copistes, en substituant une lettre àl'autre! ou en oti ajoutant d'inutiles :

Maante 1 Mandantiiini, .M. dantium. Motanta. Matanta, Mathanta, Mathunta, Miuithe, Mente, Mathum, Mandent, Amante Mahunt, Medandeum, etc.

Tous ces noms, si divers dans leur orthographe, se rapportant d une façon indiscutable i notre ville de liantes. Outre qu ils indiquent le peu d'importance qu'on attachait à écrire correctemont un nom, ils nous apprennent au moins une chose bien cortaine : dans tous les documents ôcritjon langue vulgaire, ce nom se présente toujours sous lu forme Manle^ avec toutes'les

-It Ce redoubiement de la indique simplement une diphtooffue loncue • e*c«t comme i'U y «vait lUntei. * ** '

altérations possibles ot iinpossiblrs ; au contraire, dans les chroniques écrites <'n latin, c'est toujours sous la rornie <le hlcdunta ou Méduntuni qu'il nous est transmis. Toutes les autres manières de l'écrire, dans la langue du peuple ou daus la langue savante, dérivent de ces deux formes, quelles que soient les altérations qu*elles aient subies. On peut donc affirmer à coup sûr, que îàainte ou Maante, est le nom primitif delà langue parlée, comme ilf(etfun/a est celui delà langue écrite dans les chancelleries, les couvents, ou par les greffiers et les notaires.

A quoi tient cette difTérence si radicale entre le nom vulgaire de Mantes et le nom latin? Nous ne pouvons l'aire mieux que de citer la réponse de Monsieur A. Mouiié (1) : « Avec le mot « Medantaj quelle que soit d'ailleurs sa signification, il n'est plus « nécessaire d'aller chercher Tétymologie du nom de Mantes « dans la langue grecque ou dans la celtique. Medanta a fait « Mantes, comme Melodunum a fait Melun, comme i£eldi a « tàLtUeSiUX, Méfier icus Wry, Rodbertus Robert, etc. On sait " que rien n'est fréquent c'inine la suppression de la lettre I), « qui peut-être ne se promuK^ait pas dans certains mots de notre « lanfzue française ancienne; ainsi adcenir a fait avenir, rin- « drent vinrent, adpercecoir apercevoir, etc., etc. » INous i^outerons à ces exemples, celui de Rosny, que nous irourons écrit Rodontunif puis RoofUacwn sans le tf. Le nom d*Epône a eu le même sort : Sepedonum fit Speonum, etc. La suppression du d se retrouve là, comme dans tous les mots cités par M. A. Moutié.

Nous abordons maintenant la question de l'étymoloLMO de ce nom de Mante. Mais soit (jue l'on porte les recherches sur le nom vulgaire, soit au contraire, qu'on n'envisage que le nom lutin, le résultat n'est pas plus satisfaisant dans un sens que dans l'autre et, de ce côté, l'origine est des plus obscures.

Un homme d'une grande érudition, Moi Johanneau, a écrit à l'auteur de l^StaUstique de ManieSt une lettre fort spirituelle sur co sujet. Malheureusement, la lettre est longue et d'une subtilité de conception qui pourrait bien ne pas plaire à tous nos kcteui's. Nous résistons donc au désir de la citer tout entière, et nous nous contentons de l'analyser. Klie concerne, du reste, à peu près tous les noms des lieux envirouuaut notre ville.

(1) Lœ, dL psgt9.

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