LA TOUR DE NOTRE-DAME
Chdi8€. n fait remarquer aussi, chose asses rare pour son temps» gae la nouvelle tour était bien plus massive que l'aneienne.
BdiAée dans un mauvais style, cette construction lourde pesa comme une masse sur l'angle do l'édifice; et comme c'était surtout par les fondations qu'elle avait glissé, le mouvement dans cette partie no s'arrêta pas ; de plus, les matériaux étaient assez mal choisis. 'Vers 1840, il y avait nécessité de la refaire une troisième fois. En 1880, la tour ta% dérasée (1) et elle devait être remontée avec les mêmes pierres, après une reprise en sous- (Buvre, lorsque M. A. Durand, qui dirigeait les travaux, présenta un projet nouveau, dans lequel il restituait la tour et la galerie dans leur état primitif. Ce plan fut adopté. C'est ainsi que nous avons la belle façade actuelle de Notre-Dame.
Cette ancienne tour était d*un mauvais guùt étonnant, pour une Tille qui avait fait faire le portail du midi, et était sur lo point d'édifier la Fontaine et la Porte des Comptes. Les ornements, dont il reste de nombreux fragments, sont traités d'une façon presque barbare.
Dans un bandeau faisant face à la place, on voyait trois écus- 8ons : l'un, des armes de Mantes ; celui du milieu, avec un soleil assez semblable à celui de Tordre du Saint-Esprit; et le troisième qui est : de i trois croissants de au chef ftaselé
ou losangéde Au sommet se trouvait un lion, tenant sous sa
griffe un autre écusson : de ... à trois feuilles (?) de ... chargé en chef d'nno quinteffuille de... Ces fragments sont dans la grande galerie de l'église.
§ 163. De la Fontaine du Marché. — Lo 26 octobre 1500, fut commencée une ceinture de pierre, pour faire lâ fontaine du Marché-au-Hareng.
Nous donnerons, au paragraphe 170, une d<^scription de cette fontaine intéressante, construite seulement en 1521.
§ 164. Fabrication du derrière de Tautel des Cordeliers. — L'an 1.500, lo contre-retable du grand autel des Cordeliers fut fait aux dépens des Cordeliers, par le frère
(\) Ce%t a\on que M. A. Durand ex<5cuta le mai^nilîqo» dessin qaa HOU avons fait graver. On y voit la tour abattue au niveau da la plate-form*.
CHRONIQUB DE MANTB8
François Hérisson qui était gardien (1), dont le corps y est devant l'image Notre-Dame de Pitié, sous les galeries du cloître dudit couvent, qu'il a même fait faire avec plusieurs autres images, lesquelles se voient au couvent desdits Cordeiiers.
§ 165. Peste à Hante. — L*aii 1501, il y eut une grande peste à Mante. jL'of» fU une ceinture de cire autour de laTille, autour de laquelle on fit une procession générale. Bt ftarent mis bateaux aux muettes pour passer.
§ 166. Séparation desTUlles de Mante et de Hante-
la-'Ville. — La séparation des tailles de Mante et Mantela-Ville, qui n'était qu'une même, à la prière et requête des habitants dudit Mante-la-'Ville, fut faite. Et fut fait un rôle à part, en l'année lô()2. Ce qui fut accordé par les maire et échevins de la ville, à condition toutefois que quand il plairait au roi lever de francs-archers ou hommes d'armes, qu'ils en paieraient leur part et portion à l'ordinaire, qui était de neuf, deux.
Louis XI avait supprimé les ftancsarchers en 1471>, et
remplacé leurs services par des taxes en argent. On voit que c'est bien ainsi que les choses se pratiquaient encore en LôOS.
§ 1G7. Réformation des Cordeliers à Mante. — T/an
1508, le cardinal Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, ôta les grandes possessions aux Cordeliers du couvent de Mant<^ et les réforma. Le révérend père Jean Fabry, fut gardien après la réforme. Il yiL au chœur de Téglise, au côté droit, après avoir tenu deux chapitres provinciaux audit Mante. Voyez son épitapbe :
Frère Jean Fabry cy repose £a qui jadis fut taut euclose Bonne vie et religion.
Qu'après la réformatton
(1) Sapérisur da couvant.
LES œRDELIERS
Premier gouverna ce couventi Deux chapitres y tiut vivant.
L'un l'an 1522 Puis 1542.
Dont prions tous qu'a ce bon pèrtt Dieu dolnt repoa doux «t prospère.
[Le cardinal d^Amboise, archevêque de Rouen, tira sur tous les couvents de la province, pins de 50,000 écus qu'il mitàsonproflt et fit bâtir le château de Gaillon. H ôtales
grandes possessions aux Cordeliers de Mante et les réforma. Il employa à cette réforme et à celle des communautés do la pi ovinco, depuis 1500 jusqu'à 1515(1). Toutefois sa réformation fut dé.'^approuvée et désavouée à Rome. La réforme de Mante se fit en 1508j. Chbv.
Jean d'Auton, dans ses Chroniques (2), a consacré trois chapitres à la réforme des religieux, dirigée par le cardinal (l'Amboise, alors k^gat a latere. Elle eut lieu en 1502. Les Jacobins résistèrent à maiu armée et furent chassés de Paris pour quelque temps.
Les Cordeliers de Paris devaient être remis dans la bonne voie, par le fameux prédicateur Olivier Maillard et cinquante autrrs frères. Les évéques d'Autun et de Castellamare, porteurs des ordres du légat ot du roi, arrivèrent à leur couvent et trouvèrent les frères, à genou devant lo Saint-Sacrement, et chantant à tne-téte, des hymnes et des psaumes ; la scène dura quatre heures. Lassés, les évéques retournèrent près du légat, qui les renvoya escortés du prévôt de Paris et de cent archers. Les Cordeliers voulaient continuer leurs chants, mais enfin il fallut écouter et se plier bon gré mal gré, aux prescriptions du légat. OliTier Maillard ne put cependant s'installer dan.s le couvent.
Quant aux insinuations de Chévremont, nous répondrons que le chAteau de Gaillon commencé en 1501 était achevé en 1500 à la veille de la mort de Georges d'Amboise. '
§ 168. Etablissement de 1a proMMion du 8t-Saorement. — L'on ne peut remarquer en quelle année l'on commença à introduire la procession qui se fait en ladite
(1) ht eaidinal d'AmbolM monrat le S mai tSia
(!) PnUUaaparlC. FaolLieraix; t. T. II p. 8t «t soir.
Tille de Mante par chacun an, le jour du Stint-Saerement et des octaves; à laquelle sont tous les corps de métiers, qui font ûtire chacun une torche de cire Jaune grosse, et tant que deux hommes peuvent porter ; qui sont enjolivées de Jardins autour» où sont représentées plusieurs pièces d'ouvrages concernant lesdits métiers. Lesquels torches se portent devant le Saint-Sacrement, devant lequel marchent les sergents à verge de ladite ville, et derrière, les sergents à masse. Après eux uiarchent les maire et échevins, suivis de messieurs du Présidial (1), parce qu'en cette journée, il leur appartient de marcher en cet ordre, attendu que de leur part, ils ne prient que qui bon leur semble des principaux offlciers de la ville, pour porter le dais, ce qui s'est pratiqué dès il y a fort longtemps. £t il se voit qu*en Tannée 1511, trois chanoines de Téglise Notre-Dame Airent députés du coips de leur communauté, pour aller par devers les maire et échevins, et leur faire entendre que le dais que Ton avait coutume de porter à la procession du Saint-Sacrement était vieux et ne pouvait plus servir. Et comme il fallait en iSûre faire un neuf, qu'il leur plût élargir quelque somme des deniers de ladite ville ou du moins la moitié, pour en faire un neuf. Ce qui leur fut accordé et pour ce, donnèrent la somme de 15 liv. et fut fait le dais rouge où sont les armes de la \ille.
Nous renvoyons, sur ce sujet, au paragraphe 143.
§ 169. La grosse Cloche de Notre-Dame refondue. — La plus {^n'osse dos deux cloches étant dans la tour Notre- Dame du côté du fort, a été refondue en 1513, ainsi tiu'il se voit par l'écriture qui est autour d'icelle, dont la teneur suit : L*AN [1513 je fus faitb et Rsponnua aux dépens db
hk VILLE DB MaNTB, M* JBAN CoIMTRBL, UCBNCIB às-LOOL élANT POUR LORS IIAIRB PRÂVOST» QUI DE JbAN M^ABAlUii LE NOM.
0) U pvMdialM tat établi à IfaatM qii'wISBt.