FONTAINE DE MANTES
§ 170. Donation d*nD» vitee aux Cttostins et la bassin da la Fontaine fait. — En rannée 1515» la YÎtre de Téglise des GélestiDS où est dépeint le martyre de sainte Christine, Ait donnée par les maire et écheYins ; [elle coûta 60 1.] Chr.
Bt en 1526, le bassin de la Fontaine du Marché au Hareng a été fait en l'état où il est à présent.
La ville restait dans de bons temps avec le couvent des Ct'']estins qui était devenu une maison tr<>s importante. Pendant l occupatiun anglaise, elle sï:tait trouvée dans la nécessité de supprimur une rente annuelle de 86 1. iij s ; elle leur devait sept années. En 1448, après un accord, elle paj a une fois pour toutes S90 Ut. t. « deuhz par feu prince de t. noble mémoire, mena, le régent de France, duo de Bedfort (1). »
Le projet de construire une fontaine devant l'Hôtel-de- Ville, se manifeste, dans les archives de Mantes, dès les premières années du XVI* siècle. Les échcvins se préoccupèrent d'abord de régulariser l'arrivée des eaux, qui de temps immémorial ont toujours été prises dans la côte de Saint-Sauveur et «le Liinny. Le temps otles rôvoluiiuns avaient détruit les conduites qu'il lallaitrétabir; le 6 mai 1516, on avait demandé aux gens du roi si Ton pouvait faire passer les tuyaux par dessous les ponts, sens porter pr^uiice au roi. Le 15 juillet suivant, la permission était donnée par les trésoriers de France. Le 7 mars 1519 (1520) le maire, Denis Grimont, passait avec Trouillot, fontainier à Rouen, un marché pour l'établissement de la plomberie, moyennant 400 livres (2). Le samedi 2 novembre 1521, les travaux étaient sans doute termines et on lui payait une somme de 300 1. (3).
Ou a cru que ce Trouillot, fontainier, était l'architecte de la fontaine de Mantes. Ce n'est pas notre opinion et nous en avons donné ailleurs la preuve. C*est qu'en effet, deux mois après lui avoir a4}ugé les travaux de plomberie, le maire de Mantes, passait un marché spécial pour la maçonnerie, ce qui prouve que les deux entreprises étaient distinctes. « Bt outre ce, est le marché faict aveoques les massons pour faire ladicte
(1) Archives. 1 pièce papior : - Considérét U temps ds la giMfre qoi a«rté fort et viguereux en cca marches. <• (C) CoUMtton Lévrier. T. XVL (3) Inv0iU, de
fontaine, du huitiosme may mil cinq cens vingt, par devant Jehan AUain tabellion (1). » Nous ne savons rien de plus, quant à présent, sur la fontaine. Nous avons essayé d'établir (2) qu'elle était l'œuvre de Nicolas Delabrosse, un maître des œuvres qui orna plus tard le chœur de Saint-Maclou t t qui construisit la Porte des Comptes, près de l'église Notre-Dame. Nous navons pu cependant fournir une preuve irrécusable de cette allégation. Nous avons, en vain, cherché dans les études des notaires de Mantes, les actes provenant du tabellion JeanAlIain. Il n'y existe pas une seule minute de cette époque.
La fontaine de Mantes, construite vers 1521, est une des plus belles œuvres de la Renaissance. On avait d'abord supposé qu'elle était l'œuvre d'artistes de Gaillon ou môme d'artistes italiens. Ces opinions ne sont plus acceptables. Le château de Gaillon construit de 1501 à 1510, a pu inspirer l'artiste qui a conçu la fontaine, mais ce qui est incontestable, c'est que c'est une œuvre municipale, payée par la ville, conçue et sculptée sur les plans et les dessins d'un maître des œuvres de la ville.
Voici la description de ce monument, telle que nous l'avons d'^jà (Jonnée dans notre Notice.
De la fontaine primitive, il ne reste que le pilier et les deux vasques circulaires ; le bassin a disparu et a été remplacé, d'abord "^ar un autre en 1C89, qui était orné de mascarons, et à une époque plus récente, par un autre encore, sans aucune espèce de caractère et qui déshonore ce monument.
Le pilier principal supportant la grande vasque, est octogone. Sa partie inférieure, ou piédouchc, porte sur quatre dos faces, des dauphins terminés en feuilles, formant consoles, d'environ 30 à 35 centimètres de hauteur. Ces dauphins, à l'exception d'un seul assez fruste, sont aujourd'hui d»'truits. Nous remarquons que le niveau de l'eau, dans ce bassin inférieur, a été considérablement relevé, lorsque par suite de la restauration de 1689, on changa le bassin qui devait être très bas, en une cuve profonde, semblabc à celle qui existe encore actuellement.
Sur les huit faces du pilier, sont sculptées en très bas relief, mais avec un art infini, de charmantes arabesques, prenant
(1) Inv. de I5ts.
(2) !iotice sur la Fontaine de Mantes.