‹ La chronique de MantesChapitre 73 sur 143 · LA FONTAINE · texte numérisé non relu

LA FONTAINE

tontes naissance dans des vases de formes yariées ; ellfss sont ainsi distribuées en allant de gauche à droite :

Att nord : 1** tàce* 3 épis ayee feuiUes.

1' flanpliins et feuilles.

Al'oaetfc : l** face, feuilles, corbeille termioale avec des fruits et

uu oiseau.

» feuilles, trophée ; pique surmontée d*UD casque, avec une hache d'arme et une flèche

La partie sapérienre do pilier présente on chapiteau octogone, décoré de feuilles d'acanthe très fines et très méplates, avec un

tailloir octogone peu saillant, composé de pirouettes et d*une petite doucinc aujourd'hui très edacée.

Sur cr> pilier ost poséi! la promirro vasquo, do deux mètres de diamètre, d»''Corèe dans tout le développement de sa partie moyenne, de mascarons, de rinceaux et d'armoiries.

Sur les fecesprincipales, sont quatre gros mascarons très fhistes, mais laissant encore voir quatre figures d'hommes, qui versaient Tenu do cotte vasque dans le bassin. Entre ces figures, sont les armes de Mantes, q>ii sont : parti d'azur et d'or ; sur l'azur, une demi-flour de lis d'or, et sur l'or, au chôno ai'i aché de sinoplc à trois glands d'or. Ces écussons sont supportés par de charmantes petites figures de sirènes aux longs cheveux et dont les corps se terminant en feuillages, vont se relier à droite et à gaudie. à des rinceaux délicats sortant d'un 'tase. Tout cet ensemble forme aveclcs mascarons et les armoiries, une frise des plus jrracieuses Au-dessous de cotte frise, un profil composé de douciues et de scuties, présente uno suite d'ornonients de feuilles, d'entrelacs et de rais do cœur, dont les types principaux se retrouvent à Gai lion.

Malheureusement, la cymaise qui couronnait le bord supérieur de cette grande vasque ronde a disparu. Elle a été lourdement remfdacée et défigurée par une seconde assise en pierre, espèce de hausse retenue en place par du ciment et ime ceinture de fer du plus déplorable effet.

La seconde vasque, ronde également, est conçue et exécutée dans un sentiment du goût le plus pur ; son galbe est des plus

en sautoir.

Au sud ;

face, fouilles, dauphins et ûeurs.

2^ » chimères et épis.

1" fiu)e, feuilles et dauphins.

» feuilles et corbeille surmontée d'un pélican.

A l'est:

gracieux. Elle est très bien conservée, quoiqu'elle ait été déplacée lors d'une restauration maladroite, à la suite de laquelle elle n'a pas même été reposée exactement dans l'axe de la première cuvette.

Au-dossous du bord supérieur est une gorge ornée de canaux. La partie saillante est couverte d'une frise do fines arabesques, où l'on retrouve encore, comme disposition décorative, les armes de Mantes alternant avec drs coquilles et placées entre les gueules ouvertes de dauphins feuillus.

Nous devons noter que ces armoiries no sont plus aussi fidèles que celles de la jurande vasque. L'écu est découpé à l'italienne, la demi-fleur de lis et la branche de chône sont alternativement transposées, et la branche de chêne porte trois glands terminaux et une cupule, avec une seule feuille ornementale.

La frise est coupée par quatre têtes d'où jaillissaient les eaux dans la grande vasque. Dans ces quatre têtes atténuées en feuilles finement découpées, nous reconnaissons des chiens et ce détail mérite peut être une petite parenthèse.

On sait que chaque ville affiliée à la corporation de l'arque^ buse, avait souvent un animal pour signe et devise : Meaux, les chats ; Etampes, les écrevises ; Limay près de nous, les loups ; Mantos avait les chiens. Aussi Henri IV, après la bataille d'Ivrj', répondit-il aux bourgeois de Mantes qui lui apportaient à Rosny, les clefs de la ville : « Messieurs;, je n'étais pas inquiet de « vous ; bons chiens reviennent toujours à leur maître. » Des jetons de Mantes de 1576, 1570 et 1585, portent un chien couché, avec cette devise : Fidelis cornes.

Le caractère dominant de la petite vasque, dont nous ne pouvons donner qu'une idée imparfaite, c'est l'élégance de la silhouette, le goût et la finesse de l'ornementation et une supériorité d'outil au-dessus de tout éloge (1).

Entre la grande et la petite vasque et supportant colle-ci, un pilastre ou balustre très gracieux rappelle encore par son galbe accentué, par ses moulures très profondément creusées, les motifs de Gailîon. De petites figures de femmes ailées, au-dessus, des figures d'oiseaux et au-dessus encore de petits dauphins,

(1) n S'il n'y a pas d'illasion do notre part, & la partie supérieure principalement, elle est prêt d'atteindre à rextrcino limite de la pcrfocliou. Léoa Palustre : La Renaissance en France. 6» Liv.

LA FOaNTAINE

décorent et accusent les angles et forment des aortes de petites

consoles de l'exécution la i)lus fine (1).

A la partie inf<^rieure de ce balustre, sur les faces principales ot entre les quatre petites figures de femmes ailées, se trouve gravée en quelque sorte, la date de cette fontaine : quatre salamandres en très bas relief, surmontées d'une couronne royale ouverte, indiquent le règne de François I*'.

Tout ce petit édifice se termine par un champignon d*où sortaient les différents Jeux d'eau qu'on y a tour à tour adaptés. On peut voir à sa base, les traces de trous qu'on y a percés, pour obtenir des effets appropriés au guùt des différents fontainiers chargés des modincations de l'appareil hydraulique.

A cette partie primitive et toute de pierre, nous pourrions jouter un détail que nous fournit un Jeton de 1680. On voit audessus du champignon, une petite figure d'enfant nu, en plomb sans doute, supportant une gerbe horizontale de tuyaux figurant des branches de lis largement écartées et laissant tomber l'eau en minces jets dans le bassin inférieur. Un autre jet, partant d'une main de l'enfant, nous parait une disposition moins naturaliste que celle du célèbre Uatméhempia de Bruxelles, et moins gradease aussi que celle du Oansmcdnnchen de Nuremberg. Cet appareil a disparu depuis de longues années.

M. E. Saintier, architecte, a fait exprés pour la Chronique, un dessin très exact de la Fontaine de Mantes où il a mis tout son talent. Réduit par 1 héliogravure, ce dessin permet de voir toute l'ornementation délicate et savante de ce très précieux monument Nous en remercions sincèrement notre ami, M. E. Sain-

§ 171 . Gelée à la Saint-Jean. — En Tannée 1523, les blés gelèrent la veille de Saint-Martin d'hiver, et ensuite il fit une si p:rande sécheresse qu'ils no purent lever. Et la veille de la Saint^ean, l'ut vu gelée et glace.

§ 172. La Cloche de l'obiit de Notre-Dame refondue.

— La plus petite des deux clociiestiui sonnent dans la tour de Notre-Dame du côté du Fort, a été laite en 1525, ainsi qu'il

(1} Dans les déplacements dont cette fontaine a été l'objet, le baloatra a perdu tuM parti« de m hauteur primiltTO.

tier.

8d TOit par récriture étant autour dMcelle, dont la teneur suit, laquelle est surnommée VOMit : Vas 1525, fus faite et

REPONDinS AUX DÂPENS DE LA VILLE DE MaNTB ; M* JeAN

LeFEBVRR, LICRNTlé ES-LOÎX ÉTANT POUR LORS MAIRE PRE- VOST, QUI DB Marie m*aurait donné le nom.

§ 173. Débordemsnts d'Eaux. — En l aniiéë 1525, la rivière de Seine (l(M)ortla tellement qu elle ne s'est jamais vue pareille. C'était au mois de février, et si Jupiter n'eiU dominé Saturne, au rapport des astronomes, la plus grande partie du monde eut été noyée. Ce qd était surprenant, e*e$t que ces débordements vinrent sans pluie. Et en 1538, la glace prit à la rivière de Seine et après le dégel, il y eut un si grand débordement d*eau que Ton puisa facilement Teau avec la main de dessus le pont de Mante.

A l'époque où nous sommes parvenus, l'intérêt historique disparaît pour un tomps ; tout se résume en faits purement locaux. En 1S23, François 1*' avait résolu d'ériger la mairie en office à vi<>, mais il dut retirer cette ordonnance, car elle ne

rrçut point d'i-x'-cutioii 1).

En 153'», lo maire fil faire par Guion Carnier, menuisier, un banc et table en forme de Contouer, pour poser les reliques <K' Saint-Marcoul, avec ornements à l'entique, le tout en noyer et en chêne (2).

Rnl630, la ville mit en adjudication un ouvrage important: ce fut la Porte des Comptes près de l'église; Nicolas Delabrosse,

maître des oMivres, en fut adjudicataire. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un*' ruine, mais on devine encore sous la pierre rongée, un dessin puret correct, et une ornementation très digne de la Renaissance et peut-être aussi du maître des œuvres qui dessina la Fontaine de 1581. Elle fut adjugée le 25 janvier, moyennant la somme de 200 1. parisis. Voici les termes essentiels de cette adjudication :

« Aujord'huy, en présence des des^uds, a esté marchandé et par oulx baillé à faire.... à Nicolas Delabrosse, M" Juré sur le faict de masouneriu du Bailliage de Mante, pour le roy uotre

1} Denis Grimont en ubUout l'abolition, en 1526, moyennant finance. {2) Registre de mé.

PORTE DES COMPTES Construite par Nicolas Ltlab: assc en 1530

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