PORTE DES COMPTES
sire, à faire le portail de la descente de auprès l'esglise N.-Dame de Mante, qui est entre Tesglise et VescolUu antriïment appellé
la Chambre des Comptes et en icclle faire de bonne pierre
de Vernon {!î) ce qui ensuit de faire le portail de neuf à dix pieds de large ou environ, sur la haultour de dix pirds, et faire la muraille et par{iain de l'espes^eur de dix à onze poulces, avec la saillye des pilliors garnis d'anibasse, cliai itaulx et cornisaes, telles comme le pourb aicL ijar luy baillé le motistre et comme il appartient.... Itom : De faire bien et deuement de ladite pierre de taille de Vernon, au-dessus de la seconde corniche (l'entablement) ting tabernacle (1), où il y aura une
Nosfre-Oame, laquelle se monstrera à deux costés, la-
quelle sera de hauteur de troys pied^ ou environs Et
pourra le tout monter à la haulteur de vingt quatre ou vingt cin(| pitds ou environs.... Ce fait, moyennant la somme de deux celles livrt-s jiarisis, etc. (2). »
Le 27 mai suivant, la Pt)rte des Comptes ^'tait sans Moute terminé, car dans une délibération de ce jour, on alloue 22 1. 10 s.
à Nicolaa 0elabros8e, «« pour la perte qull a eue au travail du portail. »
M. E. Saintier a bien touIu encore, faire pour la Chronique de Mantes, un dessin qui est une restitution de la Porte des Comptes dans son état primitif. Nous avons tenu à donner la preuve du talent et du goût pur et délicat de Nicolas Delabrosse. de cet architt cte mantais qui pourrait bien être l'auteur de la Fontaine de 1.521.
Un peu avant la construction de la Fontaine, François 1'' avait emprunté 300 1. à Mantes ea sa qualité de ville privilégiée. Voici la lettre par laquelle, il contracte cet emprant un peu forcé :
« Chers et bien amez, Dès l'année derrenière, Nous ordon- '• naMues faire prandre de vre et aucunes autres villes de nre » Royaume ayans deniers communs, aydes et octroys de nous, » certaines sommes de deniers pour convertir et employer à la » fortiffication et Réparacion des places et frontières de notre » Royaume, affin de les mectre en bonne seuretd et deffense,
( 1 ) Cet ëdicule a disparu, mail on !• voit dans la gravure qa« Htnin a deimée
de iVp i*e Notre-Dame.
(2i CUresUea dit i.jOO 1. ; c'est peut-être, en effet, la valeur en muimaie de compte.
310 CBRONIQlfB DB MANTES [1536]
» Pour obvyer aux entrcprinses et Invasions que se pourroient » efforcer faire nos ennerays sur icelles. Et pource. que lesdits » deniers que feismes Recourrer desd. villes lad. année dem. n ne sont à beaucoup près louffisans pour fournir aux grans » frais qu*il a convenu et convient faire pour lesd. fortifleacions « ètRéparactons, n noua est besoing pour les faire continuer, » prandre et Recouvrer encores desd. villes, aucunes sommes » en ceste présente année. Acestecausn, nous avons ordonn*'' M faire prandre par forme d'octroy, pour ceste foiz seuUem, » desd. deniers, aydes et octroys de vred. ville, jusqucs à la » somme de trois cens livres tournois. Pour laquelle Recouvrer, » nous avons donné charge au Receveur-Général de noz flnani> ces maistre Jehan Ruzé (i), envoyer devers vous et décerner » exécutoire an premier huissier de nre grant conseil, pour » vous y contraindre en ca>' de Reffuz, ainsi que pourrez veoir » par icelle. Si vous mandons très expressément que vous aiez » àfUre bailler et délivrer A icellay Receveur-gnal, ou à son • clero et commis, lad. somme, sans y foire difficulté. Et en » rapportant la vidimmus dud. exécutoire avecques ces pré- » sentes, la quittance dud. Recev. gnal, lad. somme sera allouée » ès comptes de vostre Receveur sans dificulté. Donné à Ain- » boyse le xviij"" jour de Avril, l'an mil cinq cens dix huit, » Signé, Françoys. Et plus bas : Deneufville. » ' Bien que cela ne soit pas explicitement exprimé, il semble que ces 800 1. durent être prises sur la ferme de la prévôté qui était, on s'en souvient, de pareille somme,
L*entrée solennelle à Mantes, d'Eléonore d'Autriche, seconde femme de François 1"', est un événomont que nous ne saurions passer sous silence. Elle a d<''i;i t-lô décrite par le menu (2) ; il suffit d'eu rappclf-r la principale mise en scène, pour montrer le faste que déployait dans l'occasion, Tancienne municipalité.
L'arrivée de la reine avait été annoncée un mois d'avance, et le maire et les pairs eurent tout le temps de se préparer et de faire faire à la ville, une toilette complète.
Le lundi promior Jour de mars 1535 (1536). tout \r Conseil était réuni de grand matin, dans Irs salles do riIùtcl-de-Ville de Mantes. Monseigneur le Maire, entouré de ses pairs et éche-
(I) Un llartin Ruzé, saigneur de Beaulieu, fut plus tard aecrétaire de HéarilV.
(C) Dàe êMrie «noyoto à MûHtes, par B. Otave.