ATTEINTE AUX PRIVILÈGES
Ed 1534, le 11 octobre, il obtint des lettres datées d'Amboise» pour faire changer l'antique mode d*élection de la municipalité. Le jour de l'élection, dit le roi, les échevins dési|,'neront six personnes notables de la ville, « idojmcs et capables ». Leurs noms seront mis sur dos billots et jot(^s ensemblo dans un chapeau. Le billet tir<'' par un onfant indiquera le nouvoau niairo. Quant aux échevins, les six notables devaient inscrire chacun trois noms sur trois billets, et ces billets être Jetés par trois dans six chapeaux. Un enfant devait tirer un billet de chaque chapeau, et les six noms extraits désignaient ainsi les six éohe- Tins élus pour deux ans. C'était un renouvellement partiol.
La résistance dura un an d'abord. Le 10 septembre l.^r), appel(^s à so prononcer dcliiutivonient, les "(^chovins sontaii ut Irur courage faiblir. Muitre Alain Servant était d'avis d'épuiser tous les moyens de Juridiction. II fut presque seul de son avis. Le 26 octobre suivant, le comte de Canaples envoie son lieutenant au château de Mantes, assisté du b.ulli, pour requérir le conseil de ville de nommer le maire, dans la forme indiquée par les lettres d'Amboise. Le conseil proteste contre la présence du lieutenant et du bailli, exij^e leur sortie du c Miclave, et satisfait de cet acte d'autorité, procède enfin à l'élection du maire.
Non content d'avoir porté une atteinte si profonde aux vieux privilèges de Uantes, le comte de Canaples réussit encore, en 1541, àenlever la Prévôté au maire. Il lui fallut pour c ia rembourser à la ville une somme de 24001. payée au roi depuis peu, en vaisselle d'argent, peut-étrr; à l'occasion de sou luaJ'iage avec Eléonore d'Autriche; puis encore décharger la ville des 300 I. qu'elle payait au roi. pour la ferme, depuis l'époque de saint Louis. Un officier de plus, un prévôt ftitcréé, et le maire prit dés lors le titre nouveau de matret poticien, goueemewr de Mantes. On imagine bien que cela ne s'accomplit pas sans résistance. Aussi, à partir de ctte époque jus(iu*a la Révolution, la ville fat à [leu [)rès constamment en procès, contre les Aides et les Trésoriers de France, ou devant le Parlement, pour défendre les privilèges qu'on lui enlevait. En 1551, lorsque Henri II réduisit le corps de ville à un maire et quatre échevins renouvelables chaque année, la municipalité réussit à retarder rhomolo;:ation de ces lettres au Parlement, jusqu'au 21 mars 1571 (1). Mais la vieille tradition était rompue, toutes
(1) A. Moutié.
les immunités et firaaofaises oommnnales allaient dî8|»arattre une à une. Jusqu'à ce que la Révolution passant son niyoau de fer sur cette vieille société, vint enlever d'un coup tous les privilèges particuliers, pour rendre à tous des droits égaux.
Nous n'ajouterons plus qu'un mot :
Les plus grands avocats ^'tai<'nt char{»(''s de soutenir les intérêts de Mantes devant lo Parlement. L'éminent jurisconsulte Antoine Loisel touchait xv liv. tournois de gages par an, pour remplir cet office. Tersoris qui plaida contre Arnaud, dans le procès des Jésuites, était aussi avocat de Mantes. Une note destinée à un échevin envoyé à Paris, porte ce titre : « P. les alT. ilfault demander Tadvis à monsieur de Versoris », et à la suite sont tous les points sur lesquels l'envoyé devait attirer l'attention du célèbre avocat. On voit dans une autre note que les deux avocats furent même char<;é.s de conférer ensemble sur les affaires pendantes de la ville, et de fournir une consultation (i).
(1) Areluvw, liaiM 17, année 1B74.