GUERRES DE RELIGION
armes contre Catherine de Médicis et les princes Lorrains; pendant qu'ils bloquaient Paris, se battaient à Saint-Denis et menaçaient Chartres, Charles IX faisait de Mantes un centre d'approvisionnement considérable pour ses armées. Il comptait sur la fidélité des habitants pour assurer à ses soldats, et peutêtre aux habitants de Paris, des vivres que les protestants pouvaient empêcher d'arriver. Le maire de Mantes fut chargé d'acheter d'énormes quantités de blé et de les faire transformer en farines {!). Elles devinrent inutiles, et Henri, duc d'Anjou, permit un peu plus tard, par la lettre suivEinte, de les faire vendre au compte du roi.
<« Messieurs, Estienne Pigis, greffier et députté de vre ville, H m'a fait entendre que vous avez encores quelque petit nom- " bre de farines du reste de celles que vous aurions esté ordon- " nées de fournir pour la munition du camp et armée du roy, » monseigneur et frère, lesquelles se commenceraient à gaster » et dépérir, et touttefois que vous ne vouliez entreprendre do -» les vendre, n'y en faire aultre chose, jusques à ce que vous » aiez, par votre députté, entendu sur ce, les voulloir et inten- >• tion du roy, mondit seigneur et frère, et le mien. A ceste » cause, vous ne ferez aucune difficulté de vendre le reste des >» farynes à ceulx qui en vouldront acheptcr, et dont vous tien- •< drez le compte, à la charge d'en fournir d'aultres sy le ser- » vice du roy le requiert cy après. Priant Dieu, Messrs, qu'il « vous ait en sa saincte garde. Escript à Paris le xiii* jour de « may 1508. Henry. »
Quelques années après, vers la fin de 1573. Mantes, à cause de ses marchés importants, fut soumise à une lourde contribution. La ville devait fournir de pain les gardes Suisses cantonnés aux environs de Saint-Germain. Elle chercha à s'en faire décharger par la supplique suivante, adressée au duc d'Alençon :
« A Monseigneur le Duc,
») Monseigneur,
» Les maire, eschevins, manans et habitans de vre. ville de » Mante, vous remonstrent humblem. que vre. ville est scituée » en pays de vignoble et consiste leur entier revenu à la re-
(1) Archives de U mairie.
» coeille des vins qui en peuvent procéder, estans contrainets » pour leur Tivre errandiquer bleds et grains des proTînoes » circon voisines et principallemt. du T'w/.rm ot lesquels toutte*-
■ fois ils recouvrent à difficult»^ et hault pris, n'a5'ans autres •> terres labourables q. celles qui 5ont sur la Rivière de Seine, » lesquelles ne sont d'aucun rapport, à cause des Inondations >' qui adviennent par chacun an. Ce qu'ilz ont remonstré au » 8r. de Ifonteaux, commissaire ordonné pour la conduite et » entretenement des Suisses estans en lasuicte por la garde de i> Sa Majesté. Nonobstant, il n*a délaissé à les charger (les ha- »> bitants) de la fourniture de deux mil quatre cens pains, par » chacun jortr, du poix de quatorze onces, revenant à douze M cuit et rassis, rendu au viliaige de Fourqueux (1), suivant la- *» quelle ordonnance, ilz en ont fourny quelque nombre selon le M peu de grains qui leur a esté possible recouvrer. Et leur est i> impossible pouvoir contribuer lad. fourniture por la pénurie » et disette de bled, en laquelle ilz sont et le peu de moyen » quMlz ont, n'ayant un seul denier contant en leur Hostel de » Ville et les habitans fort pauvres et atténuez por n'avoir si M peu que riens recueilly en leur.n vignes et vendanges derniô- » res. Oe oozxsidéz^. Monseigneur, il tous plaise faire » descharger entièrement de lad. fourniture de pain, comme leur » estant chose impossible ; sinon et si la nécessité des vivres por » Tentretenem. desdits Suisses ne le pouroit permetre, il vous » plaise leur faire d(';livrer lettres patentes en forme de com- « mission autentique por Icrer les grains et bleds nécessaires >' pour la founiiture dud. pain, sur tous les habitans de l'Ëlec- » tlon. Et que a ceste fin leur soit par lesd. lettres, permis faire » faire tel dépdrtemrat et cotte selon qu*il i^parUendra pour »> lad. fourniture sur tous les habitans de TElection dud. Mante. » Et que les cottes susd. seront contraintz à fournir lesd. bleds » par toutes voyes de justice et comme por vos propres deniers » et affaires, nonobstant oppositions ou appellations quelz » conques. La congnoissance desquelles seront reservez au Koy » et à son privé conseil, interdisant i tous juges, tnesme aux » cùwriM dteparlem, et des généraulœt la congnoissance desd. » appellations et oppositions. A la charge que le dMlier qui re- » viendra dud. pain, tous frais desduictz, leur sera baillé et » délivré à chascun selon la quantité de bled qu'il aura fourny,
(i) A 3 kilomètres de Saiot-Germaio.