LA MOLE ET 0000NA
» oa que lesd. habitans de lad. Election founiissent euxmesmes » le pain aud. Suisses. Et prieront, lesd. suppliants perpétueld lem. Dieu por vostre prospérité et santé. »
§ 178. Invention des Chapeaux. — En l'annôe 1569, l'invention des chapeaux fut introduite à Mante et Ton y quitta les torques et bonnets que l'on portait sur la tête. —
On croirait, d'après cette r<^(iaction, que les chapeaux furent inventés à Mantes. Cola veut dire seulement qu'on quitta les bonnets, les iorques et les chaperons de drap, pour prendre les chapeaux de feutre et de Méore,qttl étaient en usage à Paris, depuis le temps de Louis XI. Nous y suivons la mode d*un peu moins loin maintenant (1). Mais, nous avons à raconter des événements plus intére-ssants.
Le triste Charles IX s'en allait en langueur. Son frère Henri d'Anjou était roi de Pologne et le dernier fils de Catherine de Médicis, François d'Alençon, poussé par ses favoris et quelques eoorttsans, caressait secrètement la possibilité de mettre la couronne sur sa téte, à la mort de Cliarles IX. n en résulta une sorte de conspiration dont les meneurs les plus connus furent La Mole et Coconas ; ils paj'èrent do lour tète, ce qui n'était pas un haut prix, lo crimo d'avoir fait pour à la reine Catherine (2).
La cour était alors à Saint-Germain. Le roi de Navarre, le futur Henri IV, le duc de Montmorency, La Noue, le duc de Bouillon étaient du complot. L'affaire devait se nouer i Man* tes ; elle manqua par la précipitation de Tun des chefs. Voici du reste sur ce sujet, une relation peu connue, qui se trouve dans la Vie de Duptessi'^-Mornrnf [3^, ellecontiont d'intéressants détails sur le plan de la conspiration et sur l'état des esprits à Mantes, pendant les troubles religieux de cette époque.
« Conviennent donc les associés de prendre les armes le 10 mars 1574; et de fait, en ce temps, plusieurs places fùrent surprinses, tant par ceux de la religion que par les partisans du duc (d'Alraçon). M. du Plessis (Momay) estoit à Saint-Germain-en-Laye, pour exhorter messieurs de Tlioré (4} et de
(1) Henri VarUn. T. VI. p. 808.
(2) BuiiiTat o de La Mole ât Coconas Turent «xéeutés sur la place dft Oriv*, i Paria, le 30 avril 1574. Uardouin de Péréflxe y i^oule Tourtray.
(8) V. ausai : Mémoirêi 49 BouiUont collect Michaud, p. 14. (41 Onillaaaiadalfoatnonn^.
CHROMQÎ,*E DE MANTES
Torenne, qa'îl ne fallait ploâ tarder, mab exécuter promptement les iat^'liigenceâ qa'iU avoient.... Cepeadant qa'ils en délibèrent et donnent jour à M. du Pleiâis, voici arriver à M. d'Aiençon, de la part de M. Chaumont, seijïneur de Guitr)', on caprtaine avec une lettre qui portait que cette mesme nuit qtu estoit le 20 février, il avoit donné rendez-vous à trois cents pcentilâhommea et quelque infanterie dams la plaine d'EUpemon. La cau.ie de cette précipitation de M. de Guitr}' estoit particulière. Il avoit entendu qu'un prévost avoit charge de le prendre, dont il avoit donné le si^al de prendre les armes à M. de la Noue... En cette perplexité, on résout que le lendemain M- d'.\lençon, le roi de Navarre, le prince de Condé, avec me:3.<<ieurs de Thoré, de Turenne et autres, sous ombre d'aller à la chasse, le cor au col, monteroient sur leurs meilleurs chevaux, et iroient droit à Mante ; que la ils seroient reçus par M. de Buhi i Pierre de Momay), frère de M. du Plessis, qui y e:*toit en gamis«n avec la compagnie de M. le maréchal de Montmorency, duquel il portait la cornette. « Après une délibération assez longue, on décida « qu'il valoit mieux que messieurs de Buhi et du Plessis se saisissent de Mantes, que M. de Guitry y entrast avec ses forces pour les assister; cela fait, que M. d'Aiençon accourroit aussitôt arec les siens. Ce conseil vint de M. de La Mole, qui pouvoit lors beaucoup auprès de roondit seigneur. M. du Plessis entendant cette résolution, rcraonstre que ce commandement ruineroit son frère; la prise de Mantes, vilie fort peuplée et du tout ennemie (c'ost-à-dire catholique) (1) par ce moyen, seroit incertaine et dangereuse, au lieu que la présence du duc la rendroit très-aisée (2). Comme il vit qu'il ne gagnoit rien, il monte à cheval, et en trois heures arrive à Buhi (3) leur maison paternelle. Là il déclare à son frère ce dessein ; et bien qu'il eust tous les sujets du monde de refuser cette commission, néanmoins il le persuada d'aller au même instant à Mantes, et d'occuper, avec ses amis, la porte de Beau.Hse (porte aux Saints ou Chartraine) ; que luy avec quelques autres, à la mesme heure, se rendroit maistre de celle du Pont. Mais M. de Guitiy, qui devoit arriver à la pointe du jour, no vint qu'a huit heures, et sans infanterie, parce qu'il avoit
il) On a vu qu'il n'y avait de prêche qu'à Limay. ({) Le duc d'Aiençon étant comte de Mantes. (3) Prêt Magny-en-Vexin.
CONSPIRATION DE Là MOLE
plu toute la nuit. Il trouva toutes fois la porto ot lo pont, comme on avoit convenu; mais n'ayant que quarante-cinq che- Twix il se retira. Le casse pour laquelle si peu de gens le suivilent, fat que quand cette noblesse fut anÎYée au rendez-vous, Toyant qne M. d'Alençon ne venoit point, la plupart ne voulurent passer plus avant.
« En ce lait parut Thabilct*'' de M. do Buhi (1), qui joua si bien son rôle, qu'il reçut lettres de gratiliciition du roy et de la reine, pour avoir, par une si grande résolution, conservâ la vOle: car voyant que Taffalre n*alloit pas bien, il poursuivit H. de Guitiy comme pour le choquer. Cependant, connoissant qne la chose se seauroit incontinent, il assembla la Maison-de- Ville, sous ombre d'aviser à rendre compte au roy do ce fait, et, comme allant trouver Sa Majostô, sort de la ville. M. du Plessis, ayant aussi retiré les siens de l:i tour du Pont, vint à Chantilly, où trouvant son frère, il fut d avis qu'ils se retirassent a S6dan. »
On sait la suite : la cour affolée, quitta précipitamment Saint- Oennain et vint se réfugier au faubourg Saint-Honoré, chez
monsieurde Retz (Albert de Gondy i, puis à Vincennes(2j. La Mole et le piémoniais Coconas furent décapités et quoique i)eu recominandablcs, acquirent ainsi l'honneur de figurer dans nos loiuans de cape et d'épée (3).
On retrouve dans un cahier des ardiives de la mairie toute une série de pièces sur cette affaire : ce sont des délibérations de lHôtel-de-Viile et den lettres de Charles IX, adressées du faubourg Saint-ilonoré, aux maire et échevins. Nous allons reproiluiro les plus intéressantes.
A cette époque, la k'arnison de Mantes était renforcée, vi los soldats de la compagnie du maréchal de Montmorency (4), de garde i la porte du pont, avaient maraudé à Limay. Les habitants se plaignirent, et le maire, pour leur donner satisfaction, avait cité le lieutenant du roi, Denis Des Fossez, à la maison de Tille. Il rappela aux officiers et soldats, les édits de pacification
(4) Il n'était encore que Guidon. V. liasae 17.
(8) Mémoires de Bouillon. Le« Tuileries s'appelaient aussi le Faubour;g- St'HoDoré.
;3) >. Les marétiiaux de Montmorency et de Coss6en furent rct-^nus prisonniers au bois (le Vinceiinea, et La Mole elle comte de Coconas eap&Ureatde leur vie. ■• Mémoires de .Marguerite de Faloiir.
(4; Ffaoçoit, flU aioé du Connétable.
et les nombreuses lettres écrites dans ce sens, de la part du roi. Ces lettres se rapportent toutes à la conspiration de La
Mole et de Cocnnas; elles indiquent bien dans quel état de trouble se trouvaient la France et on particulier les environs de Mantes, mais no ilNont pas un mot des véritables instigateurs.
Dans la prcriiièro lettre citt'e, le roi rappelle que certains gens d'annes ont voulu surprendre la ville, que le courage des habitants avait pourvu i la sûreté et que les agresseurs avaient été contraints d'abandonner leur entreprise. En même temps, il les remercie et les assure de son contentement.
« De par le Roy,
» Chers et bien amez, Nous avons entendu, tant par vre. let- » tre que par ce que nous ont dit de vre. part les députtez de •) nre. ville de Mante, la surprinse q. ont voulu faire de lad. » ville, aucunes gentz d'armes dont plusieurs d'icelles estoient » jà entrez dans icelle, et comme par vre. vertu' et des autres » habitans, vous avez si bien et diligemment pourvu i la seui> reté de lad. ville, qu'ilz ont esté oontrainctz se retirer et de a laisser leur entreprinse, dont nous vous avons bien voulu » assurer avoir grand contentement, tant por la consen'ation » de lad. ville par le moyen de vre. bon debvoir que pour l'as- » seurance et tesmoignage que nous avons de vre. bonne fidé- » lité et lojaulté envers nous. En laquelle nous asseurant M que vous persisterez, nous vous exhortons à diligemment w et soigneusement garder lad. ville, affin qu'il n'y puisse ad- » venir aucun inconvénient. Et ce pendant nous adviserons à » ce qui sera nécessaire por la conservation d'iccllc en nre. I) obéissance et de vous lever la garnison s'il en est besoing. » Donné es faulx bourgs St.-ilonoré, le dernierjour de febvrier » 1574. Signé, Charles, et audessoubs : Chantereau. »
Le même Jour, autre lettre plus explicite :
« De par le Roy,
» Chers et bien amez, Nous avons eu advis q. les fanlx
bruitz semez par aucun mal affectionnez au Repos publîcq et
» qui ne demandent que a veoir recomanccr les troubles affin >> qu'ilz ayent pendant iceulx plus de moyens de mal faire, » piller et opriraer le peuple comme ils faisoient l'an passé, om