CONSPIRATION DB LA MOLE
« Chers et bien amez, Nous voulons ot vous mandoM que » facioz délivrer ès mains et en la charge de colhiy que le » Sr de Fossez vous dira, les deux personnes qui furent prin- » ses derrenierement que ceulx de la nouvelle opinion voulit-
• rent surprendre Hante. Et par inesme moyen, délivrer aussi » les interogatoires et informations faictes sur eeste ocasion. » Et retenez seuUement ceste présente por vre. descharge. m Donné au faubourg St.-Honoré-lès-Paris, le vij* jour de mars
• Tc Izxii^. Signé, Cliarles, et au dessoubz, Pinart. »
Les secrétaires de Cliarles IX ne èhémèrent pas de besogne, car ce même Jours 7 mars, il leur faisait rncore expédier une autre lettre, pour enjoindre à la ville de protéger, en vertu des édits de pacification, quelques seigneurs protes^tants des environs de Mantes, qui promettaient de lui être fidèles serviteurs. G*étaient les seigneurs de Bantelu, de Laporte, de Vanden^ court (1), de Villers, de Dampoix (Jean de Dampon seigneur d*Ws?) et de Fontaines. « Vous ayez, dit la lettre, à les maintenir et conserver en toute seureté et repos, autant q. à vous appartiendra de ce faire, ne souffrir qu'il leur soit faict aucun destouibier, moleste, trouble, tort ne injure, et d'autans que nous réputons por perturbateurs du repos publicq et rebelle, ceulx qui s'efforceront les travailler ou olTenser. » G*étai(mt probablement les seigneurs qui n'avaient pas voulu suivre Gaitry en l'absence du duc d'Alençon.
François d*Âlençon lui-même, reniant sa complicité, eut l'air de vouloir exciter le zèle de la garnison. Il écrivit an vicomte de Cadenet :
« Monsieur le vicomte, Vous Terrez par les lettres que le- « roy, mon seigneur et frère, vous escript, comme il vous per- » mect suyvant la requeste que luy avez a^Iourdliuy faicte de
» vous venir faire guérir à Paris. Mais je vous prie, avant que » partir de Mante et Meullant, advertir le Sr des Fossez qu'il « preigne garde à la seureté desd. Villes et y faire comme il a » accoustumé. Priant Dieu, monsieur le vicomte, vous avoir en » sa sainte et digne garde. Bscript au boys de Yincenne le quar » torzième de mars 1574. Au dessoubz, Vre. bon ami,
• François. •
(1) Pent-Atre Cuidnit-il lire Oadancaort.
La dernière pièce concernait le sieur des Fosscz, auquel le vicomte de Cadonet, malade et voulant aller à Paris se faire soigner, avait demandé à remettre la garde de la ville. En môme temps Charles IX autorisait le maire et les échevins à faire une levée de deniers, pour employer aux réparations de la ville, pour lesquelles ils avaient fourni un état estimatif.
Nous ferons remarquer que toutes ces lettres de Charles IX, sur la conspiration de la Mole, sont inédites. Elles fournissent de nouveaux détails pour cet épisode historique qui faillit rendre la liberté à Henri de Navarre, et qui échoua par la pusillanimité de François d'Alençon et aussi parle peu d'habileté des principaux meneurs.
Un homme dont le nom est célèbre dans l'histoire du XVI* siècle, se trouva mêlé d'une façon tragique aux év«'nements que nous venons de raconter : c'était Gabriel de Lorge, comte de Montgommery, le meurtrier involontaire de Henri II. S'étant retiré en Angleterre à la suite de cet accident, il s'y était fait protestant. Il rentra en France à la faveur des troubles religieux et y prit une part très active. Il se lia plus tard avec les partisans catholiques du duc d'Alençon et repassa en Angleterre pour y trouver des secours et des partisans. Il débarqua alors à Jersey et se jeta dans la Normandie où il soutint quelque temps la lutte contre les troupes royales. Battu par le sieur de Matignon, d'abord aSaint-Lô puis à Domfront, il se rendit enfin le 26 mai 1574, quatre jours avant la mort de Charles IX, qui avait recommandé d'en faire bonne justice.
Avant d'être transféré à Paris, où il devait mourir d'une mort ignominieuse, malgré la parole de son vainqueur, le comte de Montgommery et son escorte s'arrêtèrent à Mantes. Les officiers et les soldats commirents des dégâts dont la ville eut à souffrir, et c'est ainsi que nous avons connaissance de ce fait. Voici ce que nous relovons sur une pièce des archives (1) :
« Les parties (le mémoire) cejoui'd'huy présentées par escript par led. Sr. de Flicourt (René Lefebvre, procureur du roi) eschevin, contenant les fraiz et despence de voiage par luy faiet en la ville de Paris par ordonnance de nous, avec messrs. les bailly et lieuten. particulier, aussi eschevin, et y auroient ensemble séjourné depuis le mardi quinze jusqucs au dimenche vingtiesme jour de juiug dernier passé. Lequel voiage auroit
(l) V. liasse 17.