FRANÇOIS D'ALENÇON
esté par nous ordonné aux dessusd. pour aller pardeyant la
Royne-Régente et conseil privé, pour remontrer les excès faictz par les trouppes conduisant le comte de Montgonunery. Et aussi pour respondre aux plainctes que les Si s. <lo Vasse et de St.-Leger, conducteurs dud. Montgommery, vouloient faire eontre les habitans de ladicte Tille, lesd. frais montans à la somme de quarante livres, dix-sept sols, six deniers tournois. »
Cette liasse 17 est une des plus intéressantes que nous ayons dépouillées. Toutes ces notes dans leur sùche concision apprennent beaucoup de choses peu connues. C'est ainsi que nous voyons que la reine Catherine avait imposé la ville d'une somme de douze cents livres ; qu'elle obligea, à la suite de la conspiration et du mouTeroent qui s'était produit aux environs de Bfantes, de s'assurer du serment de fidélité de toute la noblesse, et de Taire armer tous les habitants. Ce sont là des miettes de l'histoire, que nous ramassons avec soin à défaut de morceaux plus solides.
§ 179. Le Tabellionage de Mante est royal. — Le tabellionag^e royal de Manto appartenait à François de Fi ance duc d'Anjou et d'Alençon, comte de Mante et Meulan (1) et trère du roi. Le procureur duquel le vendit 4000 1. à Simon Lebert, le 19 août 1578 ; le prince ratifia la vente le 10 mai 1579 et le roi Henri trois, par ses lettres patentes données à Paris, le 27 mai 1579.
En 1578, le chandelier de cuivre à sept branches, qui est devant le maître-autel de Notre-Dame, a été donné par les maire et échevins, le 18 mai, et a coûté à faire 280 1. Chev.
François d'Alençon, on l a vu, avait la ville do Mantes dans son apana;,'e. Par les lettres du 9 février 1569, GhHrles IX lui avait donné les duchés d'Alençon et de Ch&teau-Thierry, avec
Châtillon-sur-Marne, Epernay, le comté de Perche, Gisors, Mantes, Meulan et Vernon. Kn 1576, il avait pris le titre de duc d'Anjou (ju'avait eu son frère, Henri 111. Incapable et ambitieux, flatté par les familiers <le cette cour odieuse des Valois, chef sans consistance de tous les partis qui intrijj^uaient dans ce mi-
il On a vu que Catherine éè Médicis avait l'usafruit du comté do Mantes et Meulan. Il y avait eu une transaction entre elle «t ton fils ot elle lui avait abandonné le comté.
lîeu dîvîsé par tant d'intérêts et de passions infâmes, il pouvait être redoutablo à son frère et à la reine Catherine. II était presque prisonnier depuis l'affaire de La Mole et Coconas, et cherchait le moyen d'échapper à ses gardiens.
Appelé par los Etats-Généraux dans les Pays-Bas que Philippe Il torturait depuis si lon^mps, le duo d'Anjou s'enftiit enfin du Louvre le 14 févrior 1578, et se retira à Angers où il organisa une petite armée huguenote, pour aller au secours de la Flandre. Henri III, sur la plainte du roi d'Espagne, essaya d'empêcher le départ de cette armée. Il fit vers le mois de juin un voyage en Normandie r( mit, au retour, des garnisons à lui dans les villes de son frère, notamment à Qlsors, Vemon, Mantes, Meulan, etc.
Le duc d'Anjou parvint cependant à passer en Flandre; mais n'y pouvant ri*'n faire, il revint en France en 1579. Il était à Mantes en 1381. Catherine de Médicis l'y vint visiter au mois de juin ; elle était accompagnée du maréchal de Matignon ^1} qui venait de le desservir dans une intrigue, auprès de Henri m. Il le reçut assez mal (Lestoile). Il quitta ensuite Mantes, au mois de juillet, pour aller à Chàteau-Thieny. Au mois d'août, aidé d*un corps de troupes de cinq mille hommes, il délogea le prince de Parme qui assiégeait Camhrai, et entra en triomphe dans la ville (2).
Vers le commencement d'octobre 1581, Antoine de Portugal, prieur de Grato, passa d'Angleterre en France, et se rendit de Rouen à Mantes. Anne de Joyeuse vint le complimenter du la part du roi et raccompa|,nia à Paris (3). Il était (lis naturel de l'infant don Louis, <'t se fit proclamer roi de Portugal en 1580. Vaincu par le terrible duc d'Albe, il quitta son pays et finit ses jours à Paris en 1595.
§ 180. Annexe d'une Chanoinie de Notre-Dame, à la Cure de Sainte-Croix. — L'an 1581 , le 26 août, fut préprésenté requête par les maire et échevins de la ville à M" Nicolas de Thon, évèque de Chartres, pour unir une des prébendes de l'ét^lise à la cure de Sainte-Croix, suivant le
(1) Jacques de Matignon, dont il vient d'être parlé, fait maréchal de France •n 1577.
(2) Il mourut le 10 juin ITM.
(3J De Tbou. T. VIIL p.