‹ La chronique de MantesChapitre 89 sur 143 · BATAILLE DIVRY · texte numérisé non relu

BATAILLE DIVRY

ques vignerons le voyant armé, av6créchaq)ebla]ich6, cour nirent donner Talarme à Mante. Les habitants coorarent en foule à la porte avec toutes sortes d*armes. Ledit duc voyant un grand tumnlte au dedans, prend sii^et de sonder leurs volontés, n pousse son cheval jnsqu*à la barrière et crie qu*il vient de par le roi pour savoir leur intention'; qu*il a les bras ouverts pour recevoir ceux qui favoriseront la Justice de sa cause, et le bâton levé pour punir ceux qui lui seront rebelles. Environ deux cents des principaux habitants s*étant rapprochés, il leurremontrela justice des armes de Sa Majesté, les exhorte à renoncer à toutes ligues étrangères ; que la religion ne doit point leur servir d*excuse, témoins les cardinaux, archevêques, évêques et prélats qui célèbrent tous les jours la messe avec liberté à Tannée ; qtt!ils disent leur résolution, afin d'être rapportée au roi. Et fht par iceux habitants fait réponse qu*on y aviserait. Ce que ledit sieur Maréchal rapporta au roi qui était à Rosny

§ 189. Emente par la viltoy laite par les Ligueurs. —

Le lendemain se fit une émeute de ceux qui tenaient le parti de la Ligue, croyant que les royalistes eussent fait pacte au roi. Et le duc de Mayenne ou du Maine en ayant été averti, au lieu de s*assurer de la ville, ayant avec lui beaucoup de gens de guerre, se retire par la porte du pont, à la sourdine, laissant les gens de guerre (de la garnison ?) en très mauvais état. Los habitants qui avaient été pour lui, criaient par les rues : Qui vive ! Un nommé Marais étant au Grand marché, disant : Vive le Roi l il fut aussitôt tué par Quentin Bullot, lequel après le coup se retira à Pontoise qui tenait pour la ligue.

Tout ceci est tiré de la Chronologie Novenaire, de Palma Cayet

§ 190. Aiaemlilée pour délibérer si l'on rendrait la TiUs an roi. — Le dimanche 18 dudit mois de mars, fht foit assemblée de tous les habitants de Mante, en la grande église, pourdélibérer de rendre la ville au roi. Où y il eut de

grandes contestations d*autant que ceux qui secrètement durant ces troubles avaient été du parti du roi, youlaient absolument la rendre ; et ceux qui avait tenu le parti du duc du Maine n*y voulaient aucunement entendre, craignant que la ville étant au roi, on ne les fit mourir, n*espérant de lui aucune miséricorde. De fait, il y en eut quelques-uns qui aimèrent mieux se retirer de la ville, que de consentir la réduction à Tobéissance du roi. Et se retirèrent pour la sûreté de leurs personnes, en la ville de Pontoise qui tenait pour la Ligue.

§ . Les habitants de Mante excités par leur curé à se rendre au roi Henri quatre. — Messire Jean Deschamps, curé (de Sainte-Croix) et clianoine de Notre-Dame, exhorta et invita si fort le peuple de se rendre au roi, leur remontrant la bonté et la miséricorde de laquelle il était rempli, que tous unanimement consentirent la réduction de la ville, ce qui fut exécuté le lendemain. Un nommé Rolland de Chévremont fut aussi tué par Nicolas Lire. Dans ce temps il ne faisait pas bon se trouver par les rues : Homo, Hominiltqtus erat (1).

§ 192. La Tille rendue an roi. — Le 19 éludit mois, les magistrats de la ville portèrent et présentèrent les clefs d'icelle, au roi qui y entra ledit jour. En laquelle il trouva monsieur de Saint-Martin, gouverneur, qu'il déposséda, et mit en sa place M* Maximilien de Béthune, seigneur de Rosny (2), et sa Majesté y séjourna pour rafraîchir son armée, l'espace de quinze jours. Laquelle armée était aux environs et ne fut fait aucun dommage, ni oppression. Et ainsi la ville de Mante vint en la puissance du roi, sans perte d'hommes, et l'ayant, il empèclia que l'on ne mena des vivres à Paris qu'il tenait assiégé.

(1) I/hoinme était un loup pour l'homme.

(2) c uuit Salouioa de Rosoy, frère de Maximilien, comme on le Tcrra pliw loin.

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