‹ La chronique de MantesChapitre 91 sur 143 · SULLY BT HENRI IV · texte numérisé non relu

SULLY BT HENRI IV

« Le roy et tous ceux qui estoient avec luy, dit naïvement Snlly, voyans cette espace d'ovation, (rouvoient cela bien dis- Tposè encore qiCil eut cifè fait par hasard. » Henri IV np put s'empêcher d'en plaisanter Maignan l'écuyer et l'auteur du cortège. « Mon amy, dit-il ensuite à Sully, je suis très ayse do vous « voir avec un meilleur visage que je ne m'attendais pas, ot '( auray encore une i)lus grande joye si vous m'assurez que vous « ne courrez point fortune de la vie, ny de demeurer estropié, « d'autant que le brait ooaroit que tous ariez eu deux cheyaux « tnés entre les jambes, esté porté par terre, saboulé et pétillé H aux pieds des chevaux de plusieurs escadrons et matrassé et « charpenté de tant de coups, que ce serolt une grande merw Teille si tous en échappiez, ou pour le moins ne demeuriez « mutilé de quelque membre. » Auxquelles aimables paroles vous réspondistes ainsi, car nous estions approchez tout contre le Roy tout exprès pour entendre vos discours (Hum ! messieurs les sécrètairos, il y a 48 ans !) : « Sire votre Majostô m'apporte « autant de consolation qu'elle m'honore excessivement, de '« tesmoigner un si grand soin de moy : aussi n'ai-je point de « paroles proportionnées à mes ressentiraens, ny condignes « aux louanges que méritent vos vertus. » Et alors il énumère la part qu'il a prise à la bataille, comment il a fait trois prisonniers « dont en voilà dem au cul de mon brancard, qui payeront les chirurgiens et mes chevaux tuez » ; comment il a pris la cornette de Mayenne (1), et qu'il espère être bientôt guéri de ses blessures, afin de pouvoir aller en attraper autant au service du roi. Henri IV lui répondit alors assez longuement, ne tarissant pas sur son éloge et quand tout est dit il ajoute, en gasconnade : « Et craignant que le trop grand parler prèjudiciast « à vos playes, je m'en retourne à Mante ; et partant, adieu <' mon amy, portez vous bien^ et vous assurez que vous avez un « bon maistre (2). »

Pendant que la guerre civile faisait rage, que devenaient les pauvres habitants des villages ouverts ? Exposés à tous les maux, à toutes les vexations de ces armées de partisans mal disciplinées, les malheureux n*osaient même plus cultiver leurs terres ; les villes ne pouvaient plus s'approvisionner et les deux

(1) D'Andelot lui avait disputé la prise de cette coi-nette. On a dit aussi que les trophées et enseignes qui furent pris à Ivry, furent déposés en l'égliso dalfantM. "V. A. Gunn.

^ CBkotumUes rofftUêf, diap. ZXX.

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partis sentirent (iu'il fallait mettre un frein à cette cause de famine. « Je fus à Mantes pour cela, dit Nicolas de Neufville dans ses Mémoires, où je trouvai M. le maréchal de Biron et ledit sieur Du Plessis, mais non le vicomte de Turenne, car il estoit parti.... Nous fismes un règlement pour la liberté et eeureté du labouretge, qui fut depuis approuvé et publié de part et d*autre ; mais nous ne peusmes convenir dudit commerce général, pour les difficultés que l'on me fit. » Nicolas de Neufville de Villeroy, père de d'Alincourt gouverneur de Pontoise, était du parti de Mayenne, mais plutôt neutre ; il était animé des meilleures intentions.

Henri IV, après avoir inutilement passé 1 été de 1590 devant Paris, revint à Mantes dans les premiers jours d'octobre, d'où il écrivit aux consuls de Montpellier et d'Uzès, puis il alla passer quelque temps a Magny et à Gisors où ses troupes étaient réunies (1).

§ 193. FontainM du marohé au Pain ai de Kotra-Dama faites, et Chamiara autour du Ctoatièra làita. — Monr sieur d'O, par le commandement du roi, fit faire la fontaine de Marché au Pain et celle de devant Notre-Dame, en Tannée 1590(2). Et le peuple de Mantes de ses libéralités, fit faire des charniers autour du cimetière, en ladite année. Ce qui le rendit le plus beau cimetière de la France.

§ 194. L'église du Cimetière et autres églises démolies ; S.-Maclou réédiûé et la ville fortifiée. — L'an 1591 , après Pâques , fut démoli l'église du Grand Cimetière et l'église de la Maladrerie Saint -Lazare laquelhî était joignant, par le commandomcnt du roi. Et disait-on qu'il voulait faire abattre et ruiner le couvent des Cordeliers de cette villc(3); maisil changead'opinion, cumnie étant beaucoup préjudiciable. Les viti'cs de l'église du cimetière furent mises et apposées dans la nef de l'église Saint-

(1) Lettres tnissivcs.

[2) Aubé dit 1550, mais c'est une erreur; lea charmeis étaient peut-être de 1550; ils furent détruiU en 1589.

(3î On verra § 197, que c'était «ans doute à canne âea iHlelligences que les curdâliers eutreteBaient avec d'Aliiicourl, lo guuveineui' ligueur de Pontoise.

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