‹ La chronique de MantesChapitre 93 sur 143 · HENRI IV Â MANTES · texte numérisé non relu

HENRI IV Â MANTES

sa volonté qui avait tou jours été de maintenir l'église catholique, apostolique et romaine en ce royaume, ensemble les droits et anciennes libertés de l'église gallicane (1).

Marcellino Landriano, légat de Grégoire XIV, venait d'être envoyé en France. Henri IV à peine arrivé à Mantes, délibéra avec son conseil sur la conduite à tenir avec ce nouveau prélat qui ne lui était pas plus favorable que les autres envoyés du Saint-Siège. Le -'i juillet, il publia ses Icttivs |>atentes dans lesquelles il proteste contre les bulles nionitoriales du pape, et promet de maintenir le libre exercice de la religion catholique. Il y annonce en outre son désir de se faire instruira et de tenir la promesse qu*ll avait faite de se convertir. Mais il y traite sévèrement les agissements du légat : « Nous avons résolu de remettre tout ce fait à la justice ordinaire, pour y procéder selon les loix et coutumes du royaume : la garde et la conservation desquelles appartenant naturellement à nos cours de Parlement, nous leur en avons délaissé et remis toute la jurisdiction et cognoissance (2). » Le Parlement de Tours, en effet, condamna les bulles monitoriales à être lacérées et brûlées» et décréta prise de corps contre Landriano (3).

Une lettre à M. de Souvré, donne la mesure de son style, et anssi de ses intentions à cette époque :

« La Gode m'amye, Despuis cinq ou six Jours que je suis icy, »> je nay esté sans peine. J'espère avoir parachevé dans trois » ou quatre jours, et puis aussy tost partir pour m'en aller en » mon armée, où je ne seray guères que vous n*oyez parler de » moy et que je ne tourmente fort mes ennemis. On m'a dit que » vous ne m*aimés point, et le ?r d*Bmery, présent porteur, m'a i> confirmé cela. S*il est ainsi, je vous désavoue, et la première » fois que je vous verray, je vous couperay la gorge. A Dieu, » la Qode m'amye. De Mantes ce vi|j* juillet (1501). Henry (4). »

Henri lY resta i Hantes jusque vers le 17 juillet, car le 18 il écrivait deThoiry àM. deRosny, à Manies, pour lui dire de

(t) V. Lestoile et Palma Cayet.

(S) LeUres mistivea. V. tes Lettres an Pariement de Ceen, écHlet de Mantes.

(3) V. aussi Lestoile.

(4) Lettres missives.

ne pas quitter sa ville, où il espère être de retour « demain de bonne heure. »

Voici quelques anecdotes qui pcurent se rapporter aux nombreux séjours de Henri IV à Mantes :

« Ayant besoin d'argent et ayant appris qu*un tanneur de Meulan en avait, il envoya lui en emprunter, pour payer son armée. La femme, qui devança son mari, vint trouver le roi qui monta avec elle dans une des tours (du Château), d'où elle lui montra son homme qui arrivait avec son âno, lequel portait quarante mille francs. De là sont venus MM. de J^esville, qui ont été anyioblis. »

« Un bourgeois do Mantos avoit une jolie femme et en étoit très jaloux. Henri 4 s'amusoit à lui causer de l'inquiétude. Un soir, entre autre, on avoit fait un trou au volet de la boutique par lequel on passa le bout d'une seringue pleine de sang, que l'on déchargea sur lui en même tems que Ton tira un coup de pistolet L'homme se voyant inondé de sang se crut mort et appela sa femme. Le roi en rit beaucoup avec ses cour^ tisans et toute la ville aussi (1). »

§ 196. Le Châtelet de Paris transféré à Mante. Procession générale où le roi assiste. — L*an 1592, le 22 avril, le roi manda son armée qui était en garnison aux villes de Mante, Meulan et Poissy pour aller à Fontaine-de- Bourg (2). Et en ce même temps» le roi transporta la justice du Châtelet de Paris à Mante, laquelle y fut jusqu'à ce que Saint-Denis fut réduit àson obéissance. Quelque temps après, le roi étant à Mante (3), manda M* Antoine de Gamache» prêtre doyen de Téglise Notre-Dame, auquel il commanda faire une procession générale et que tous ecclésiastiques, tant prêtres séculiers que réguliers, eussent à s*y trouver, et que Ton fit prière pour le roi; ce qui Ait fait. Les religieux Célestins-lès-

(1) Anciennes notes de M, de Roissy.

(2) Le 26 avril, Henri IV écrivit de Fontainc-le-Bourg, entre Rouen et NeufchAtel, à Du Plessis-Mornay, qui était alors k Mantes occupé à négocier la paix avec Villeroy, « Toutesfois, quelques jours après, le sieur Du Plessis, frcre dudit Buhy, estant vuiiu au camp de Mante, manda le sieur de Fleury, mon beau-frère, pour essayer de fUre U pafz. » Mkmir» dê ViU^ roy et Lettres missives de Henri IV.

(3) Le conseil du roi était tantôt à Chartres, tantôt à Mantes. Le cardinal ét Bourbon le prâaidait (Patna Cayet).

Page 1