‹ La chronique de MantesChapitre 94 sur 143 · HENRI IV A MANTES · texte numérisé non relu

HENRI IV A MANTES

Mante y furdot mandés, mais ils s'en excusèrent envers sa li^jésté, lui remontrant qu'ils ne sortaient pas, mais qu'en leur maison ils feraient procession et prieraient Dieu pour la conservation de Sa Majesté.

Les religieux de l'abbaye (prieuré) de Gassicourt et les Cordeliers y assistaient revêtus d'aubes et de chapes. Le roi était à une fenêtre de la maison de Chàteau-Poissy (1) et madame Gabrielle à une autre, lesquels regardaient passer la procession, le roi ayant la tête nue, bien qu'il ne fut pas encore catholique.

Lestoile rapporte avec raison cfdin procossion aux Ro^jations de 1593. « Ce jour arriva de Manies à Paris, le fils de M. Masurier, conseiller à la Cour, qui asseura que le Roy estoit catho> lique et qu'il avoit assisté à la processloa : ce qui était faux. »

Non, ce n'était point faux, car tous les fougueux prédicateurs de la Ligue montèrent en chaire àcettenouTelle, et fulminèrent encore une fois contre le Béarnais. « Méchant qu'il est, dit « Aubry, curé de Saint-André-des-Ârts, je sais qu'il chantait » des psaumes pendant qu'elle passait (la procession). On vous » dit qu'il sera catholique, et qu'il ira à la messe: £h! mes ■ amis, les chiens y vont bion, etc. » Lestoile.

Cette procession et l'attitude qu'avait tenue Henri IV pendant quelle défilait, furent rappelées pai' l'archevêque de Bourges à la conférence de Suresue (2).

§ 107. Entreprise par quelques Habitants de la ville; leur punition. — Sur la fin du mois de juillet de ladite année, il se fit une entrejjriso par quelques habitants de Mante, lesquels avaient envie de mettre la ville en la possession de monsieur d'Aiincourt (3) qui était gouverneur de Pontoisc, lequel fut trois jours dans le couvent dos Cordeliers, pour savoir ce ([ui se passait dans la ville, au déccu

(insu) des habitants. £t pour cet effet, ces bourgeois avaient

(1) C'est la maison qui fait Yêa^ <U la rm Thtora «t de la nM Royale.

(2) Palma Cayet.

(3) Charles do Neufvillo de Villeroy, marquU d'AUucourU Sa conduite à PoDtoise a été brillamment racontée par notre ami, M. H. Le Ctaaipentiw* V. laLigus à Fantoise,

fait faire dos pinces et coins de fer pour lever les pierres par où ils devaient entrer en la ville. Ce qni fut d^'^couvert dans l'instant. Mais les divisions on factions qui ^''taient entre les habitants, furent cause de grands niallunirs. L'entreprise donc étant dt''Couverte on se saisit des factieux et on les mit prisonniers. A l'interrogatoire des(|uels furent mis et arrêtés et faits prisonniers : Ruélant ditGranville et Simon Blondeau dit LejM'tit, lesquels récu^ièrent les juges de Mantf oi. furent menés à fliartres où ils eurent la (piestion ordinaire, et. l'ayant supportée avec courage, ils furent purgés de ce dont ils étaient accusés innortMiiment. Guyon Fournier, dit La Magdclaino et Guyon Loiseau, la reçurent à Mante etl'endurùrent très constamment.

Furent aussi arrêtés prisonniers: messire Guillaume Poitou. Hiérosme Toujjé, prt^stres, Tliomas Perners, ajjofhicaire, Richard I)<^mante, sergent, Nicolas Pesnard, vigneron, Nicolas Pigis, garde des sceaux des contrats et obligations (1) de Mante, Michel Darticle, tonnelier, Jacques Coquet, pâtissier, Jacques Arnoud de Flexcvalle, boulanger, et plusieurs antres. Lemasson et Lavigne avec d'autres, ne furent ni accusés, ni arrêtés A cause de leurs années. Kn ce temps les vengeances s'exerçaient cruellement. Il y avait bien dcujc cents ligueurs,, suivant les dépositions d'un nommé Pigis, maître de la maison où pend pour enseigne le Z)/CM, audit Mante, accusés d'avoir vendu la ville. La vérité fut connue par ledit Pigis, lequel fut condamné par M. le Prévôt Rapin d'être pendu et étranglé en l'Etape de Mante. avecLemasson, lasurveille de laSaint-Parthélemy : ce qui fut exécuté, car ledit Pigis étant à l'échelle, déchargeant sa conscience, dit à haut»^ voix qu'il mourait innocent et que tous les accusés par lui, étaient aussi innocents : que ce qu'il avait dit était par la persuasion des principaux de la ville et du Lieutenant-Général, lequel l'avait prié de ce faire, hn' promettant la vie. On ne lui en laissa pas dire davantage. Il survint une émeute pensant le faire sauver, mais il était déjà mort. Lemasson se pensa sauver, mais aussitôt il fut

(1) Sorte de droit d'enregistrement.

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