‹ La chronique de MantesChapitre 97 sur 143 · GRAND HIVER · texte numérisé non relu

GRAND HIVER

donnèrent cbaean nne. Le lambris Ait parfoit, en 1622, anx dépens des aumônes. Amoul Uiuissier maître de VSeUt Thomas HoUard et Noël Mottet étant prévôts de la Confrérie, firent ûdre les cloches et le tout Ait parflût en 1623, au mois de février.

§ 214. La Croix du Marché au Pain plantée, — L'an 1606, le 16 août, la croix de pierre qui était entre les deux portes de Rosny, fut, par le commandement de M. le duc de Sully etdeTavis de M. de Gamache, ôtée et placée au milioii do la me appelée Marché au Pain, parce que le sieur de Rosay de Sully disait qu'elle nuisait à la ville.

La délibération est du 17 j uillet ; le maire et le doyen la firent placer et non le duc de Sully.

§ 215. Grand Hiver. — Audit an 1606, tout les mois de novembre et décembre fùrent si beaux et si chauds, que les arbres étaient verts et en pleines fleurs, et môme il se vit des ponmies aux arbres, grosses comme des prunes. On voyait les champs à demi-fleuris, comme au printemps. Maïs la veille de Saint-Thomas (21 décembre), Thiver prit si rigoureusement, qne la gelée dura jusqu'après la conversion de saint Paul (25 janvier) 1607. Il neigea le lendemain des Innocents (28 décembre), deux Jours et deux nuits sans cesser, de telle façon que la neige était de plus de trois pieds de hauteur. La glace resta cinq semaines à la rivière et plusieurs personnes moururent de froid.

§216. Prix des Arbalétriers. — Le prix général a, été tiré à Mante et le jeu ouvert le deux août 1607, par M. de Montgros (1), lieutenant pour le roi et pour M. de Rosny, au gouvernement de Mante. Le prix était de six vingts écus.

§ 217. Différend entre les Chanoines et les Vicaires. L*an 1607, fut rendu un arrât au Parlement, le 10 avril.

(I) Um p«ttt« lie 4e l*Ile>aia-DMneB tlivpetalt : H» de MMUgrûi.

entre les chanoines et les vicaires de Notre-Dame» par lequel il Alt dit que tout le revenu du chapitre serait distribué, savoir : Les deux tiers aux chanoines et Tautre aux vicaires. Et qu'aux baux et adUudications dudit revenu, deux des vicaires seraient appelés pour y assister; et qu*à Tégard des biens appelés de la communauté, Us seront distribués également auxprésetUs seulemerU et en la manière accoutumée. Les rentes appelées le PelU compte et autres choses dont les vicaires ont accoutumé de jouir particulièrement, leur demeureront sans qu'ils soient tenus de payer autres charges que celles qu*ils ont accoutumé. Ce qui se fait encore aujourd'hui.

Les chanoines titulaires ne résidaient pas toujours à Mantes. Les cliarj^es du service retombaient sur les vicaires qui y habitaient coDstamment: de là de nombreuses contestations entre les chanoines et les vicaires.

§ 218 Blanchisserie établie à Mante. — Le 7 avril 1608, il arriva à Mante par ordre du roi, trente ménages de Flamands avec beaucoup d'ouvriers, pour faire des toiles. Les entrepreneurs étaient Lambert et Irol (Kolt, Prolt ou Trod). Le roi leur donna cinquante mille écus et l'exemption des tailles pour dix ans. lis firent bùtir dans les prés de I Hôtel- Dieu, une fort belle miison pour savonner et blanchir leurs toiles et près la porte des Cordeliers une brasserie. Ils faisaient grande nourriture de vaches, pour avoir du lait à blanchir leurs toiles. Us avaient bien tous les ans de louage de prés et maisons, pour treize cents écus, y compris les gages qu'ils donnaient à des ûiles qui savonnaient lesdites toiles.

§219. Le Roi et la Reine à Mante. — Au mois de mars 1608, le roi arriva à Mante avec la reine et toute la Cpur, pour voiries Flamands qu'il y avait fait venir l'année précédente. Il fut en leurs boutiques pour les voir travailler et se transporta même âux prés de l'Hôtel-Dieu, pour voir la blanchisserie qu'ils avaient fait bâtir. H prit grand plaisir à

TOILES DE UOLLAKDE

les voir jeter de l'eau avec leurs écopes sur leurs toiles, ot lui-même en voulut jeter. Il lui fut fait présent, par les entrepreneurs, d'un doubliet\ lequel contenait quatre lais de largeur et quarante aunes de longueur, dans le fond duquel 86 Toyait Sa Majesté représentée au naïf, ensemble celle (sic) de la reine, aveis les armes de France et de Navarre et eelles de Florence, avec plusieurs navires bien faites. Le roi fit donner aux compagnons dechacune boutique, dix écaspour leur vin, et le lendemain il retourna à Paris.

Cette fabrique n*existe plus, parce qn*eUe ne Ait point soutenue, non plus qu'une faïencerie qui s*était aussi établie au village de Limay (1), laquelle J*ai vue encore dans mon jeune âge. [Chr.]

Le même jour, le roi revenant avec la reine voir la blanchisserie, se promenant ensemble dans le jardin du Château, tenant la reine par la main, il lui dit en ces termes : « Madame, cette ville a été autrefois mon Paris, ce château >• mon Louvre, et ce jardin mes Tuileries, où je pris de fort » bonnes résolutions. » L'on croit quMl entendit parler delà résolution de se faire instruire en la religion catholique et d*aller à la messe, parce que ce fût à Mante où cela (ht résolu.

Sur les «''tablissciiiciits industrirls de Manti-s, on ne connaît guère d'autn s (Irtails qiif c<'ux de celte Chronique. Harthélemy Laffeiua», dans ses divers «'crits (2] a parlé d'une manière générale du commerce et de riodustrie sous Henri iV. Sully, à partses plantations de mûriers, n'en a point dit davantage. Il était du reste opposé à Tindustrie de luxe.

Nous y ajouterons ce petit complément. « La mort de Henri IV porta naturel le mont lo coup le plus sensible à Tentreprise (de tapisseries) de Comans et de la Planche, comme d'ailleurs à la plupart des <j:rands établissements fondés sous les auspices du roi. << 11 en a coust»'-, dit un écrivain conterapou rain, do grands deniers à Sa Majesté, perte et ruyne de ses » subjets, tesmoins les tapisseries de Uruxelle» à Saint-Marcel,

(1) Il «n re»te la rue de la Faïencerie.

W Publiés «boa Im Archives eurieuu*. IC. Poinon w dit rieii non plus.

» les toilles façon de Hollande à Mantos, les draps de soye et » or de Milan au Parc-Royal, dont aujourd'huy il ne paroit » marque ne vestige (1). »

§ 220. Clôture du Clos des Arquebusiers. — Le 28 septembre 1609, les fondements do la clôture du clos des arquebusiers furent faits. Et fut la première })ierre posée par M* Louis Laurent, élu en l'Election, roi de la compagnie, ea présence de Maître Charles Collichon et Jean Lemoine, entrepreneurs de ladite clôture qui est de neui' pieds de haut.

Ce clos comprenait tout l'espace entre le quai et la rue de la

Pêcherie, jusqu'à la rue de la Gabelle. C*étalt Sully qui avait donné le terrain à la compagnie de l'Arquebuse. François I" avait supprimé ces compagnies en 1515; Henri II les avait rétablies. Il y en avait doux à Mantes : une sous le nom dp ,T/>sus, l'autre sous celui do Sainte-Barbe. Elles furent plus tard i < unies en une seule qui occupa l'Ay-quebuse jusquà. la RcH'olution. La mairi»; de Mantes possédait deux de leurs registres; il n'en reste plus qu'un. L'autre ayant été prêté, a été brûlé avec le Palais de Justice, en 1871.

§ 221. — Mort de Henri 4. — L'an 1610, le 14 mai, sur les dix ou onze heures du soir, arriva un courrier de Paris, lequel donna avis que le roi avait été frappé de plusieurs coups de couteau par le nomra«'5 Havaillac, et que l'on eut à faire bonne garde en la ville, pour le service de Sa Majesté, ce qui fut exécuté dès l'heure. Le lendemain fut fait par M" de Notre-Damf^, une procession générale pour la sanlc du roi (2). Et environ sur les dix heures du matin du même jour, on roç'it une nouvelle certaine do la mort du roi, ce qui causa l)ien de la douleur au peuple de Mante. Au mrme jour, sur les quatre heures du sou-, on reçut nouvelle en ladite ville, que le dauphin Louis, 13* de ce nom, avait été

(1) Eugène Ifanti, La tgpUHric, p. 258.

(S) On tait que BeoiilV, ne mourut pas sous le coup. Frappé rue dé la Ferronnerie, il n'expira qu'au Louvre. Ceet ce qui ezftUqae la procoirina

faite pour la saoté du mallieureux roi.

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