‹ La chronique de MantesChapitre 98 sur 143 · MORT DE HENRI IV · texte numérisé non relu

MORT DE HENRI IV

reçu et prodamé roi par le Parlement et la reine sa mère, régente da royaume pendant le bas âge de son flls.

Les circonstances de la mort de Henri IV, appartiennent à l'histoire générale. Avec la vie dn chef de la branche des

Bourbons, finit la faveur de celui qui fut son ami tout dévoué et mérita le titre de grand ministre. Sully avait un caractère

trop intègre, son administration avait été trop régulière, pour qu'il put espérer se maintenir dans le poste ("'levé où ses qualités particulières, son honn'''teté et ses talents, autant que l'amitié de Henri IV', l'avaii nt appelé. Sa disgrâce suivit de près la mort (lu niaitre qu'il avait tant aimé, auquel il avait voué une sorte de culte et qu'il regretta tout le reste de sa vie. Marie de Médicis le pria d'une certaine façon, de résigner la plupart de ses charges, parmi lesquelles il garda cependant entre autres, le gouvernement de Mantes, qui demeura comme héréditaire dans sa famille.

Retiré à Villebon, à Sulljr ou à Rosny, cet homme illustre qui Alt presque mentais, composa dans sa retraite, outre ses

(Economies que nous avons citées, une pièce de vers, par laquelle on ne saurait mieux terminer l'histoire de Mantes à l'époque de Henri IV. On comprend en la lisant, l'homme qui laissa son château de Rosny inachevé en signe de deuil, et qui porta toute sa vie à son cou, l'iuiage de celui qui le prit comme ydj^<: et lit lie lui son compagnon, son confident et son ministre tout laissant. Sully y a peint dans un style d'une véritable grandeur, la douleur profonde do l'ami et du serviteur, les âpres regrets, du ministre, les sombres craintes d'un citoyen dévoué à sa patrie (1).

L'Adieu de momeigneur le duc de Sully à la Cour.

Adieu maisons, ehasteaux, armes, caooos du Roy; Adieu conseils, trésors, déposes à ma foy ;

Adieu munitions; adieu grands équipages;

Adieu tant de rachapfs ; ad'ion tant de mcsnages ; Adieu faveurs, grandeurs ; adieu lo temps qui court; Adieu les amiliez et les amis de Court ;

(1) V. flfeonomittde Sully. T. IL p. 4M. Collact. ICclunid. N<mii doouoas Im ptrtiM pcindpalM dee«tto plècada ven.

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Adieu contentions des refus nécessaires;

Adiou baiue et euvic; adieu soucy d affaires.

l'ermeUes que ehes moy en toute liberté.

Je reiprette mou Roy, non assez regretté.

Adieu soiug de TEstat, amour do mft patrie,

Laissf-z-moi en ropos flîiir aux chnmps ma vie.

Surtout adiru mon maistri% ô mon bon maistre, adieu.

Non pour moy, mais les miens, souvenez-vous du lieu

Qu'autresrol8 j'ai tenu près du Roy vostre père :

FUte»-vou8 raeoDter quelque Jour la misère

Et la nécessité dont moo soin le tira ;

Je ne veux pour témoins, si la France empira

Pendant mon maniement, quo la seule créance

De ceux qui m'ont ravy ostats et récompense.

Au contraire on verra ceux qu'il aysiait le plus,

Mesprises, rejettes, et de tous droits exclus ;

Car les puissants du temps sont de t^llc nature.

Que nul n'aura Cour s'il n'est leur créature.

S'il n'a liay le Roy, s'il ne dessert l'Estat,

Honneur, faveur, grandeur, bien, charge ny estai;

Et ce grand nom saeré de Roy, tant Ténérable,

Ne sera dans leurs cœurs qu'une ombre et qu'une fable,

Dont ils se serviront seulement pour eouvrir

Tous les mots qu'ils feront à la France souffrir.

Pour moy, ayant esté serviteur d'un grand Roy, Conservé en tous lieux mon honneur et ma foy, Couru tous les périls d'un si grand cbef de guerre.

Et servi de conseil au prince de la terre,

Le plus jiidici nix, duquel seul la vertu

A sauvé par son bras de palme revestu,

La France et les François; maintenant je n'aspire

Qu'à le glorifier, voir florir sou empire,

"Voir establir mon prince en son authorité

Imit'^r sa vertu et sa félicité.

Suivre ses bons conseils, son ordre, sa police,

Et sans hayne et faveur, rendre à chacun justiee;

Suppliant ce grand Di^u quencor un jour le Roy,

La France ny VEslaL n'ayent besoin de moy.

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