Tome I, p
2. Voici ce récit, tel qu'il a été reproduit par le chroniqueur de Saint- Brieuc : Mat hias, cornes Namnetensis , Hoelis ducis et Hazevis filius, diabolo instigante et pravo consilio iniquorum suorum baronum et vassalorum, cimiterium ecclesiae Namnetensis, videlicet beatorum apostolorum Pétri et Pauli violavit, res canonicorum ejusdem ecclesiae Nainnatensis injuste diripiendo , unde manifestissime apparaît ipsum et suos coadjutores ultione divina esse peremptos, anno domini M° C° primo (Biblioth. Nat., ms. latin 6003, f° 90 r°, col. 1).
3. Voir Le Baud, Histoire de Bretagne, p. 172. — Je reparlerai au chapitre suivant avec quelque détail de ces Chronicques annaux, auxquelles Le Baud a fait de nombreux emprunts.
4. Le Baud, dans l'épilogue de son Histoire manuscrite de Bretagne, s'ex-
LE CHRONIQUEUR DE NANTES xxvn
réfère deux fois aux Annaux de V église de Nantes, sous les dates de 1226 et de 1246 l. C'est, en confondant à tort ces Annaux avec la Chronique de Nantes, que certains érudits ont pu croire que cette dernière avait été rédigée au xme siècle.
En réalité, l'œuvre que Ton désigne sous le nom de Chronique de Nantes se termine par le récit de la déposition de l'évêque Budic au concile de Reims, que présida le pape Léon IX en 1049. Aucun événement plus moderne n'y est relaté : mais on y remarque une allusion au décès du comte Mathias Ier, qui mourut en 1050 2. L'année 1050 est donc une limite après laquelle se place la date de rédaction que je cherche à déterminer. D'autre part, cette date doit être peu postérieure à 1050. L'auteur, en effet, dans les derniers chapitres, où il traite de l'histoire de Nantes pendant la première moitié du xie siècle, semble ne s'être inspiré que de ses propres souvenirs ou de ceux de ses contemporians ; en tous cas, il n'indique ni ne laisse entrevoir nulle part à quelles sources écrites il aurait puisé son récit. En outre, à la façon dont il raconte certains épisodes de la vie des anciens comtes de Nantes, tels que le siège de Paris de 946, la mort d'Alain Barbetorte (952), l'empoisonnement de Drogon par Foulques d'Anjou (vers 958), l'assassinat des comtes Hoël et Guérech (981-988 environ)3, etc., on juge que ces narrations, qu'il a manifestement empruntées à la tradition populaire, étaient de formation relativement récente. Les faits véridiques s'y mêlent d'une manière très appréciable aux faits purement
prime ainsi à ce sujet: « Certifiant, dit-il au sire de Derval, et bien le savez, « que en ceste compillation n'ay riens adjousté ne mis que ailleurs je ne aye « trouvé rapporté, savoir l'une partie par cronicques auctenticques des- « quelles ay nommé aucuns des acteurs, et d'iceulx ay en plusieurs lieux es- « cript les rapports sans aucune mutacion de langaige, et l'autre partie par les « notaires qui descripvirent les annuaires , savoir unes briefves cronicques « ainsi nommées pour ce que elles procèdent par les ans. » (Bibl. Nat., ms français 8266, f° 394 r<>).
1. Histoire de Bretagne, p. 226 et 239. — On ne sait pas au juste ce qu êtaient les Annaux de l'église de Nantes. Comme tant d'autres documents vus et utilisés par Le Baud, ces annales ont disparu.
2. A propos de la réconciliation de l'évêque Budic et du comte Mathias, le chroniqueur de Nantes s'exprime ainsi: et ex eo tempore ambo, parité r connexa copulatione conjuncti dilectionis, usque ad finem vitae suae non sunt separati (ch. xlviii, p. 141). — Budic et Mathias moururent presque en même temps, l'un en 1049, l'autre en 1050.