‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 17 sur 117 · XXXI, INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXI, INTRODUCTION

les années 1050 et 1080 environ rédigea la Chronique de Nantes, n'était point un laïque. Car ce ne pourrait être que dans le voisinage de la cour qu'un tel historien se fût rencontré, et là nul n'aurait osé écrire contre la nation bretonne le chapitre injurieux que je signalais tout à l'heure. Cet auteur devait appartenir au clergé.

La place exceptionnelle, que l'histoire religieuse occupe dans la Chronique de Nantes suffirait à prouver ce fait. On y trouve la liste complète des évêques de Nantes depuis l'année 813 jusqu'en 1049 avec de nombreux détails sur leur vie et leur administration1 ; neuf chapitres sont consacrés aux origines de la séparation qui se produisit au ixe siècle, entre les évêchés bretons et la métropole de Tours2; on y lit aussi, outre la description de la cathédrale de Nantes, détruite et réédifiée à plusieurs reprises3, la relation de faits merveilleux survenus dans les diverses églises de la ville et de la banlieue4. Enfin notre auteur eut communication des archives de l'évêché et du chapitre ; c'est là qu'il découvrit les privilèges accordés par les ducs de Bretagne aux prélats et aux chanoines nantais, privilèges qu'il a eu soin d'insérer in-extenso dans son ouvrage5. Il était donc ecclésiastique, et j'ajouterai chanoine de la cathédrale de Nantes.

Les termes émus dont il se sert pour dépeindre l'état lamentable dans lequel les Normands avaient mis la cathédrale pendant leur long séjour à Nantes (919-937) ; les regrets que lui inspire la perte des richesses et des droits dont disposaient l'évêque et les chanoines, avant que l'invasion normande les eût forcés à s'exiler en Bourgogne ; la mention des quatre chanoines, Létard, Oger, Hugues et Durand, qui seuls ne moururent pas en exil et purent rentrer à Nantes, lorsque les pirates en furent expulsés 6, tout cela me paraît révéler chez l'auteur une préoccupation singulière et un intérêt significatif pour ce qui touche à la mémoire de l'évêque et des membres du chapitre.

1. Cf. chapitres v, ix, x, xx, xxi, xxiii, xxiv, xxvi, xxxi, xxxv, xlii,

XLVI, XLVII et XLVIII.

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