Voir plus loin, p
2. Il est bon de noter aussi que le manuscrit original de la Chronique de Nantes était la propriété des chanoines nantais, qui jusqu'à la fin du xve siècle le conservèrent soigneusement dans leurs archives (Voir plus haut, p. ix-x),
3. Cet article est intitulé, Airard et Quiriac, évêques de Nantes (1050- 1079); il a paru dans la Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, année 1895, t. I, p. 161-180, 241-255, 321-341.
xxxiv INTRODUCTION
tout son pouvoir la simonie, alors ouvertement pratiquée par le clergé nantais i.
« Les prédécesseurs cTAirard, dit M. Blanchard2, toléraient un a mal très général alors : l'hérédité des biens ecclésiastiques ; « eux-mêmes n'étaient pas exempts de tout reproche à ce sujet, « et la déposition de l'évêque Budic, qui n'avait pu se défendre « de simonie, expliquait suffisamment le choix qu'avait fait « Léon IX d'un prélat étranger. Celui-ci, aussitôt arrivé dans son (( diocèse, s'était empressé d'enrayer le mal et d'obtempérer aux « décisions des conciles; mais les abus étaient enracinés, et c'est a vraisemblablement à vouloir les réprimer que le nouveau pona tife devint impopulaire. »
Il est certain en effet qu'Airard, en raison même des réformes qu'il voulait opérer, ne tarda pas à rencontrer une vive opposition dans une certaine classe de la population nantaise. Son élection avait coïncidé avec la prise de possession du comté de Nantes par Alain Canhiart et son fils Hoël. Alain et Hoël, bretons de Cornouaille, étaient, comme leurs compatriotes, accoutumés à tolérer les plus graves désordres chez le clergé séculier. — « En Bretagne, les évêchés relevaient du comte, les paroisses u du seigneur, et ceux-ci, s'arrogeant le droit de nomination aux « fonctions ecclésiastiques, en investissaient souvent des guerriers <( qui n'étaient pas clercs ou qui étaient des clercs fort peu recom- « mandables. Il en résulta de regrettables écarts : des prêtres, « quelques évêques même se marièrent, et l'on vit des femmes se a qualifier de prêtresses, sacerdoti'ssae. L'évêque de Quimper, « Orscand, obtint d'Alain Canhiart, son frère, la permission « d'épouser la fille du sire de Crozon, moyennant l'abandon d'une a des terres du chapitre : cette femme, fîère et hautaine, refusa un « jour de saluer dans la cathédrale la comtesse de Cornouaille, et
1. La façon dont Airard s'acquitta de sa mission est assez nettement indiquée par son successeur Quiriac dans une charte de l'année 1064. On y lit : Quum in episcopatu Namnetensi venerabili episcopo Airardo successerimus, vix aliquam totius episcopatus Namnetensis ecciesiam laicarum subjectione vel potestate personarum esse liberam [invenimus],
LICET VENERABILIS PRAEDICTUS EPISGOPUS, DUM VIXERIT, OMNEM LA1CALIS
PERSOjNAE conditionem virtute spiritus sangti in suo episcopatu a dei ecclesia expulisset (Gallia christiana, xiv, Instr., col. 172).